Economie

Douala: Plus de 3000 containers en souffrance au Port

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Retard dans l’engagement des formalités et malveillance en sont les causes principales.

« Notre capacité est de 14 000 containers Evp (équivalent vingt pieds). Actuellement, nous sommes à plus de 17 000. Il y a donc plus de trois mille containers en souffrance sur nos installations ». Les chiffres, donnés par un responsable technique de Douala International Terminal, montrent bien que certaines habitudes ont la peau dure. A l’entrée du bureau des Douanes logé dans le bâtiment de la capitainerie, de nombreuses affichettes édifient sur la question : elles mentionnent le nombre de conteneurs ayant déjà passé « plus de 90 jours » sur le terminal, qu’il s’agisse de l’import ou de l’export.

Le reporter de CT constatera qu’à l’import, destination Cameroun, des « médicaments, viandes, charcuterie » et autres « marchandises diverses » sont ainsi bloqués. A l’export, ce sont des balles de coton, du bois débité ou de la gomme arabique, etc. qui tardent à quitter le pays. D’autres affichettes informent sur les destinations Tchad et Rca. Une question vient naturellement à l’esprit : pourquoi un tel amoncellement de containers ?

Sur la place portuaire, beaucoup indexent les importateurs, accusés par exemple, selon cette cadre d’entreprise, de « s’y prendre tard pour les formalités. » « Au lieu d’engager les procédures dès que leur marchandise a embarqué, ils attendent. Mais s’il faut attendre tout le temps que les navires accostent avant d’enclencher les formalités, c’est clair que les procédures seront rallongées », explique notre source.

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Pourtant, apprendra CT, des documents comme le Besc (Bordereau électronique de suivi des cargaisons), l’Avi (Attestation de vérification des importations) ou l’enregistrement du manifeste peuvent s’effectuer bien avant l’arrivée du navire. Les opérateurs qui prennent leur temps en amont de la procédure « mettent les intervenants dans l’embarras », relève une employée de la place portuaire.

D’autres raisons existent, tenant plus de la malveillance. Ainsi de ces importateurs qui laissent traîner leurs containers et tablent sur les ventes aux enchères pour les récupérer en dépensant moins d’argent. Un transporteur dira à CT que la pose de Gps sur certains camions prend aussi du temps. La douane aurait-elle des choses à se reprocher ? « Les procédures douanières ne sont pas de nature à faire traîner », argue un cadre au niveau de la capitainerie. Lequel craint plutôt que des organisateurs de « pénuries fictives » soient à l’œuvre…

En tout cas, le souci des pouvoirs publics est de maintenir le cap de la décongestion. Les importateurs faisant venir des marchandises pour les fêtes de fin d’année sont par exemple invités à le signaler, afin que leurs navires « montent en priorité ».

© Alliance NYOBIA |Cameroon Tribune

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