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Douala: « Paris par derrière », ça chauffe !

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Dans les marchés et divers quartiers de Douala, les joueurs misent dans la clandestinité.

Le jeu se pratique à ciel ouvert ou dans la plupart des buvettes qui longent la rue, au carrefour Madagascar. C’est un secret de Polichinelle. Les parieurs sont assis sur des bancs de fortune en bordure de route. Ils sont concentrés, papier et stylo en main. A l’approche d’un tiers, ils cachent leurs fiches. Car, ici, tout le monde est méfiant. Difficile de délier les langues. Les « parieurs de derrière », comme ils s’appellent, se sentent épiés, et même traqués. Par qui ? « Les forces de l’ordre », répond un joueur.

« Deux de nos organisateurs ont été interpellés et jetés en prison », explique-t-il. Ils ont créé leur propre jeu, mais sur la base du jeu légal de courses de chevaux. Ils lui reprochent de les avoir « longtemps trompés ». « En plus, aucun syndicat ne contrôle ce que cette société gagne ». Ils ont donc décidé de monter leur propre jeu.

Il est structuré, avec des organisateurs, des employés à la clé. Le principe est le même : les parieurs prennent le teuf au kiosque, étudient le jeu, choisissent les numéros. « Le parieur paye 100F et donne la combinaison ». A la fin, les informations sont affichées sur un tableau, en attendant les résultats officiels. Entretemps, les organisateurs sont à l’affut, dès que les résultats sont diffusés à la télé, craie à la main, ils corrigent au tableau. Les gagnants passent à la caisse après que les initiateurs du jeu ont pris leur pourcentage. Les montants varient : un parieur peut toucher 10.000, 20.000 et plus. Les montants vont parfois jusqu’à 100.000 F. « Tout dépend de la mise du joueur ».

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« Le pari par derrière » s’est établi et développé dans la ville. Il se joue dans les marchés, les quartiers. Particularité, les femmes s’y sont mises elles aussi. Beaucoup trouvent le jeu juteux, certaines travaillent même pour les organisateurs.

A la direction générale de la société de paris à Akwa, un responsable indique que sa structure n’a jamais arrêté personne. D’ailleurs, elle dit ne même pas connaître physiquement ces fameux joueurs. Selon lui, son entreprise s’est plainte auprès de sa tutelle, le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. « Il y a certes eu des actions en justice, avec des citations directes. Mais à chaque fois, ces parieurs sont libérés au niveau du parquet. Ils payent juste des cautions qui sont d’ailleurs minimes », explique ce responsable.

D’après lui, sa société a signé un contrat de concession avec l’Etat du Cameroun. Cette clause lui permet d’organiser les paris sur les courses de chevaux en exclusivité depuis 1994. « A ce titre, nous payons des impôts, pourtant eux n’ont pas de cadre légal et fonctionnent dans l’illégalité ».

© Josy MAUGER |Cameroon Tribune

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