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Dossier : Foumban et le serpent à deux têtes

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Imposant,  est le serpent à deux têtes,  porte d’entrée du musée  en construction à côté palais royal de Foumban. Il est la matérialisation de la dignité du peuple Bamoun, fière de son histoire, de son riche patrimoine  culturelle et artistique.  Le serpent à deux têtes, d’après la légende est un symbole fort du peuple Bamoun. Il signifie, qu’il peut attaquer sur deux fronts et remporter les victoires.

Mais à côté de ce symbole fort du peuple bamoun, Foumban donne l’impression d’être ce  serpent  à deux têtes qui divise.  Illustration a été faite lors de la visite du gouverneur de la région de l’Ouest dans la ville éponyme. Tenez par exemple, deux groupes de danse installés au même endroit,  dansant et chantant, mais en regardant chacun, un côté précis. Comme quoi, le serpent de Foumban ne peut pas regarder dans la même direction. L’allocution du patron de la région le démontrera  à suffire. A l’évocation du Maire Adamou Ndam Njoya,par ailleurs président nationale de l’UDC,  une partie du public exulte.  Acclame à tout rompre. Pousse des cri de guerre, pendant que l’autre est muette.  Au salut du Gouverneur à l’endroit du sultant Mbombo Njoya, roi des Bamoun et sénateur Rdpcl,le reste de la foule constituée de notables sonnent triomphalement de la trompette en signe de victoire.

Même les enfants ne sont pas épargnés par les morsures de ce serpent à deux têtes. Et les enseignants de dire tout leur désarroi face à une situation qui va de mal en pis. Aux dires de ces pédagogues, lorsque le directeur d’une école ou même le président de l’APE (association des parents d’élèves) est d’obédience RDPC, les parents-militants de l’UDC, enlèvent tout simplement leurs progénitures de cette école. Et vice versa. La toléance zéro étant  érigée comme mode opératoire. C’est ainsi que le quotidien des populations est meublé par des querelles improductives et  sans fin,  pour un ci ou pour un ça. En dépit des injonctions des pouvoirs publics, des appels au calme de l’élite extérieure, après   les   affrontements entre  militants de l’UDC et  soldats du sultan, le royaume semble plus que jamais divisé en deux.  La  bataille de leadership et le contrôle de  la ville par les frères Njoya a  fini par provoquer des effets pervers et dévastateurs sur le quotidien des foumbanais. A Foumban, on ne rit pas ensemble. On ne chante pas ensemble. On n’étudie pas ensemble. La formule semble être  “Dis-moi de quel bord tu es, et je te dirai  si nous pouvons vivre ensemble”.

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Pourtant l’histoire nous apprend que Foumban  est la capitale africaine de l’artisanat. Et par ailleurs,  le plus grand bassin en production agricole.  Le marché de Foumbot, plate forme d’approvisionnement reste la destination privilégié des commerçants du Gabon et du Congo. Les opportunités économiques se sont multipliés de  ce côté.  Le palais du Roi  Bamoun a  été inscrit au patrimoine de l’Unesco.   L’ancienne région Bamoun devenue département du Noun après l’indépendance, recouvre à elle seule la moitié des terres de l’Ouest.  La vaste circonscription regorge également de nombreux atouts au nombre desquels; le musée de l’art, qui draine de milliers de touriste chaque année. Les plaines du Tikar. Les plateaux sont recouverts de savanes.  On y célèbre chaque année la fête du café le meilleur du pays.

En dépit de ce riche passé culturel, l’un des peuples les plus anciens anciens d’Afrique reconnu pour ses capacités guerrières traverse aujourd’hui une crise de valeur et de principe.  Les fils du Noun réussiront -ils à mettre en application  les valeurs traditionnelles pourtant mises par écrit par l’un des pères fondateurs du royaume Bamoun?  Le roi Njoya,  en marquant la distinction entre valeurs traditionnelles et tradition, prescrivait   le respect de l’autre et de la vie de l’autre. Venu échanger sur des sujets d’ordre sécuritaire, financier, économique et socio-culturel qui concerne le Noun, Awa Fonka Augustine  à ne pas céder aux sirènes du désordre. El le maire de Foumban de reconnaître que seule la paix est gage du développement.  Car en famille tout doit être harmonie.

© Camer.be : Flore Honga

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