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Don de 500 000 ordinateurs : quand Yaoundé refuse des propositions plus avantageuses

Les 500 000 ordinateurs chinois que le président de la République, Paul Biya, a annoncés comme don à accorder aux étudiants camerounais, continuent d’alimenter la polémique.  Nombreux sont d’ailleurs les camerounais qui soutenaient, avec force arguments, que les 75 milliards Fcfa, un  emprunt à la Chine qui doit encore elle-même fabriquer ces machines, pouvaient être investis dans une usine de montage au Cameroun, avec toutes les retombées en chaine imaginable.

C’est d’ailleurs l’option qu’une entreprise portugaise, « Prologica », spécialisée dans la conception, la réalisation et l’exécution  des projets numériques, a proposée  au Cameroun, dans un dossier bien détaillé, via la présidence de la République. Le Memo qui   date du 10 juin 2016 et  qui s’intitule : «introduction d’un écosystème numérique dans le système éducatif camerounais de la République du Cameroun»,  accompagne le dossier  sur lequel  La Nouvelle Expression a  jeté un coup d’œil.

Un document  riche de ses propositions : «pour aboutir à la construction de cette économie numérique durable et réussir l’engagement de l’enseignement supérieur et de ses étudiants, il est nécessaire d’aller au-delà de la simple  acquisition d’ordinateurs. Il est nécessaire de former une masse critique de compétences locales dans les domaines  du développement de l’industrie de logiciels et des services de réparation, maintenance et support à long terme des équipements locaux. L’acquisition d’ordinateurs sans ces piliers structurels deviendra à très court terme non seulement un obstacle technique comme une source de mécontentement de la part de la population estudiantine».

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xEtoudi170815750.jpg.pagespeed.ic .lqJR31fCbcLe partenaire de l’entreprise portugaise est un camerounais dont la réputation de son institution dans le développement de l’outil informatique est établie. C’est avec lui qu’il comptait mettre sur pied au Cameroun un écosystème  à caractère technologique comprenant : «la constitution de deux académies destinées à tous les jeunes camerounais, techniciens  et développeurs de logiciels applicatifs ; le transfert de savoir-faire et compétences techniques afin d’être sélectionnés pour participer aux projets internationaux de Prologica et d’avoir accès aux opportunités d’emploi émises par les sociétés camerounaises ; le transfert de savoir-faire et compétences ; l’implantation d’un d’assemblage et de production d’ordinateurs au Cameroun incluant la formation  du personnel technique et administratif de la fabrique. Ces investissements représentent une injection de près de 10 000 000 de dollars (près  de 5 800 000 000 F cfa, ndlr) de la part de Prologica qui vont permettre la création de plus de 3000 emplois au Cameroun, ainsi que la création d’une industrie numérique qui constituera le support fondamental au processus de numérisation de l’économie».

Au-delà des 500 000 ordinateurs, l’offre de l’investisseur portugais comportait bien plus d’avantages en termes de création d’emplois, de transfert de technologie et de développement économique. D’après les informations de La Nouvelle Expression, ceux qui avaient la charge de mettre en œuvre la volonté de Paul Biya de doter les étudiants de  500  000 ordinateurs, étaient arc-boutés sur l’offre chinoise. Pour des raisons que nous  révélons.

© Source : La Nouvelle Expression

 

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