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Dimanche, Journée internationale de la femme

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Chaque année, la célébration de la Journée internationale de la femme donne lieu à une mobilisation tous azimuts des femmes, dans les villes comme dans les campagnes camerounaises. Le 8 mars 2012, elles étaient environ 25 000 femmes à avoir défilé au boulevard du 20 mai à Yaoundé. L’année suivante, leur nombre a encore augmenté, pour culminer à 45 000 lors de l’édition 2014, selon les organisateurs.

Parmi les défilantes, des femmes rurales issues des 10 régions du pays, exhibant fièrement des produits agroalimentaires du terroir : igname, coton, cacao, fruits, produits de pêche, etc. Mais aussi des dames exerçant dans les ministères de souveraineté, l’administration générale et financière, l’enseignement, la formation et la recherche, la communication, la culture, la jeunesse, le sport et les loisirs, la santé, les affaires et la sécurité sociale, le commerce. Imitées par les membres de la société civile, les associations religieuses et familiales, ainsi que les réseaux féminins. Cette sortie des femmes sur l’artère principale de la capitale connaît aussi la participation des dames des communautés étrangères en service dans les ambassades ou séjournant simplement dans le pays à leurs comptes. Il y a là aussi les femmes souffrant de divers handicaps.

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C’est l’occasion pour chacun de ces groupes de donner à voir les capacités des femmes de nos jours, aussi vrai qu’on les retrouve dans la quasi totalité des secteurs d’activités. Elles conduisent des engins lourds, sont sapeurs-pompiers, commandent des unités entières dans les forces armées et police, dirigent des entreprises… « Pendant le défilé du 8 mars, l’on se rend aisément compte qu’il n’y a véritablement plus aucun secteur d’activité qui échappe aux femmes. Elles sont capables de produire et de faire des résultats comme les hommes, sinon plus », soutient un responsable des ressources humaines dans une entreprise brassicole. La Journée internationale de la femme permet donc ainsi de mesurer le poids économico-social, voire politique, des Camerounaises. Car, le 8 mars est aussi éminemment politique. Ce serait naïf de penser autrement. Il n’y a qu’à revenir sur l’origine même de cet événement. Cette date a, en effet, été retenue par une confédération internationale de femmes socialistes réclamant le droit de vote en 1910. Depuis lors, la situation a fortement évolué dans le monde. Non seulement les femmes peuvent voter, mais en plus, elles jouent un rôle prépondérant sur la scène politique de leurs pays. Au Liberia, en Argentine ou en Allemagne, ce sont des femmes qui tiennent les rênes du pouvoir. Au Cameroun, la gent féminine joue également un rôle important dans la vie politique.

Hélas, beaucoup de Camerounaises semblent avoir oublié l’essence même de la Journée internationale de la femme. Elles s’attardent encore sur des fanfreluches à l’heure où il faut consolider les acquis et mieux faire que les générations précédentes. Certes, elles n’achèvent pas toutes leur parcours au bistrot, le 8 mars, à débiter des insanités et à poser des actes indignes. Mais, tant qu’il y aura une seule femme à soulever le kaba ce jour-là, c’est la seule image que retiendront les détracteurs de cet événement. Il est donc temps, mesdames, de faire fonctionner nos cerveaux pour trouver les voies et moyens permettant de capitaliser cette mobilisation de la gent féminine le 8 mars. Pour mieux faire entendre notre voix, engranger plus de places dans les cercles de décisions et obtenir davantage de visibilité dans la sphère politique.

Yvette MBASSI-BIKELE

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