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Développement : Le visage de la pauvreté au Cameroun

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Selon la dernière enquête de l’institut national de la statistique, 37,5% de Camerounais sont pauvres.

L’institut national de la statistique (INS) vient de publier les résultats de la quatrième enquête camerounaise auprès des ménages (Ecam 4). Un rapport qui nous dit, en des termes simples, qui sommes-nous. Le document à travers des chiffres brosse le portrait de ces Camerounais incapabales de s’acheter un morceau de pain chaque matin. De façon globale l’Ins se rend compte qu’en 2014, la proportion de Camerounais vivant audessous du seuil de pauvreté était en recul de 2,4 points par rapport à 2007.

Elle est passée de 40,2% en 2001 à 39,9% en 2007, pour atteindre 37,5% en 2014. On a appris aussi que désormais, il vaut mieux habiter en ville qu’en campagne parce que, selon les chiffres, l’incidence de la pauvreté recule en milieu urbain, et augmente en milieu rural. Conséquence, si on veut être riche, il vaut mieux être en ville.

A noter aussi qu’il vaut mieux être pauvre en 2001 qu’en 2014. Parce que « le montant annuel moyen qu’il fallait transférer à un pauvre pour le sortir de la pauvreté s’élevait à 74 002 FCFA en 2001, 83 161 FCFA en 2007 et 130 275 FCFA en 2014 », peut-on lire dans le document. Les pauvres de maintenant sont plus pauvres, et il faut beaucoup d’argent pour les sortir de la situation. Et chaque jour, le gap se creuse. Par exemple, en 2014, on évalue à 775,3 milliards de FCFA le montant de ressources à transférer aux individus pauvres pour les faire sortir de la pauvreté, soit 23,4% du budget de l’Etat pour l’année 2014.

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Au fait, qui est vraiment pauvre ? Selon l’Ins, « une personne est considérée comme pauvre si elle vit dans un ménage pauvre. Un ménage est dit pauvre si sa consommation annuelle par équivalent-adulte10 est inférieure au seuil de pauvreté. Le seuil a été évalué à 232 547 FCFA en 2001, 269 443 FCFA en 2007 et 339 715 FCFA en 2014, correspondant respectivement à 637 FCFA, 738 FCFA et 931 FCFA par équivalent-adulte et par jour.

Cette évolution du seuil de pauvreté de 15,9% entre 2001 et 2007, et de 26,1% entre 2007 et 2014 est tributaire principalement de l’inflation enregistrée au cours de ces périodes respectives1 et aux changements dans les habitudes de consommation ».

Dans cette enquête, il y a des données intéressantes. « Le niveau de vie des populations varie aussi selon les caractéristiques économiques des chefs de ménage. Ces caractéristiques étant entre autres leur situation d’activité, leur secteur institutionnel, leur catégorie socioprofessionnelle et leur branche d’activité ». Aussi paradoxal que cela puisse paraître, « la pauvreté touche beaucoup plus les ménages dirigés par des personnes actives occupées. Le taux de pauvreté y est de 38,6%. Par ailleurs, ces ménages concentrent 91,7% de la population pauvre du Cameroun ».

Est-ce donc à dire que pour une fille qui veut aller en mariage et qui veut continuer à manger, doit choisir un chômeur ? L’enquête répond : « Le fait d’avoir un taux de pauvreté plus faible pour les ménages dirigés par un chômeur ne signifie pas forcément qu’il est préférable d’être chômeur que d’être actif occupé. En effet, au sein des ménages, hormis le chef de ménage, il peut y avoir des personnes actives occupées contribuant considérablement aux dépenses du ménage ou alors que ces ménages bénéficieraient des transferts des autres ménages ».

Heureusement.

Younoussa Ben Moussa

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