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Détention: Collins Ndefossokeng et Joseph Deudié saisissent le Pm

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Les leaders de syndicats, accusés d’activités terroristes, croupissent dans une cellule du Gmi à Yaoundé depuis le 16 janvier 2014. Les syndicalistes Collins Ndefossokeng et Joseph Deudié, respectivement présidents du Syndicat des employés du secteur des transports terrestres (Synester) et du Syndicat national des conducteurs professionnels des taxis du Cameroun (Synacprotcam), sont gardés à vue au Groupement mobile d’intervention (Gmi) N° 1 depuis le 16 janvier dernier pour « troubles à l’ordre public et activités terroristes».

Depuis leur geôle, les syndicalistes ont saisi l’International Transport Worker’s Federation (Itf) (organisation mondiale des transporteurs), qui a saisi le Premier ministre, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale et le ministre des Transports. «Nous contestons cette allégation, car bien souvent les syndicalistes de bonne foi sont qualifiés de «terroristes» pour avoir participé à des actions légitimes visant à protéger les intérêts des membres de leur organisation», peut-on lire sur la correspondance de l’Itf aux membres du gouvernement.

Tout a commencé par des réclamations : baisse immédiate du prix d’assurance
(25.000 Fcfa pour deux mois), maintien du coupon d’assurance à deux mois au lieu de trois, suppression de la carte rose pour les taxis, lutte systématique contre le transport clandestin (délimitation de la zone urbaine), baisse immédiate du prix du carburant, augmentation du prix du dépôt et de la course (dépôt 2.500 Fcfa, course horaire 3.500 Fcfa), etc. Autant de raisons d’une grève illimitée que Collins projetait d’organiser à compter du 5 décembre 2014. Quelques entrevues entre ces derniers et les assureurs ont été à l’origine de l’ajournement de ladite grève en date du 19 janvier 2015.

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Activités terroristes Un regroupement qui n’aura finalement pas lieu. Le leader sera interpellé par les éléments de la Direction régionale de la police judiciaire (Drpj) quelques jours avant la date fatidique. Le jour de son interpellation, alors que Collins Ndefossokeng est en train de mobiliser les troupes, «je reçois un appel de la (Drpj). Notre correspondant nous fait savoir que Joseph Deudié et moi sommes convoqués pour un petit entretien. Nous devions intervenir à midi dans un programme d’une radio locale de Yaoundé, l’heure souhaitée par la Drpj. Il était donc question pour nous de répondre favorablement à cet appel bien après. Ce que nous fîmes», explique ce dernier.

Apres cette audition sur procès verbal, les interpellés apprennent que le gouverneur la région du Centre aimerait les rencontrer. Grande est leur surprise, de constater qu’à la place du gouverneur, c’est une cellule qui les accueille. Les éléments du Gmi leur font savoir qu’ils seront mis en garde-à-vue et leur signifient les motifs de leur interpellation : «apologie du crime et sédition». «Depuis dimanche (25 janvier dernier ndlr) à ce jour (hier, Ndlr), nous n’avons pas d’eau ici. Nous espérons que nous serons libérés demain (aujourd’hui, Ndlr), parce que bien qu’elle soit renouvelable, une détention provisoire ne peut excéder quinze jours», ajoute Joseph Deudié.
Ne pouvant plus mener à bien leurs activités, les deux prévenus lèvent le mot d’ordre de grève le samedi 17 janvier 2015. Les prévenus sont de nouveau auditionnés le 21 janvier 2015 à la Drpj. Sauf que cette fois, les chefs d’accusation ont changé pour donner place à « troubles à l’ordre public et activités terroristes ». En attendant que leur situation ne connaisse un éventuel changement, les deux accusés restent locataires des locaux du Gmi n°1 de Yaoundé.

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