Features

Des organisations réclament la destitution du sénateur Lamido

Fotokol-lamido-Cameroun

SALE TEMPS POUR les populations de l’arrondissement de Touboro, dans le Mayo-Rey au Grand Nord. Le torchon brûle entre celles-ci et le Lamido de Rey Bouba. Celui-là même qui est accusé d’être à l’origine de l’incarcération des jeunes réunis autour d’un collectif. Ils sont au total treize Camerounais qui sont gardés à vue depuis le 23 novembre 2013 dans les geôles de la prison de Tcholliré. Et qui crient au secours.

Ils se plaignent sans cesse des actes infâmes menés par le Lamido de Rey Bouba à leur encontre. Les compatriotes accusent ce dernier de semer la terreur sur les lieux. L’actualité récente fait état de ce que la Commune de Touboro est gérée par les hommes de mains du désormais sénateur de Rey Bouba. Des témoignages révèlent que le nouveau sénateur et ses hommes de main dictent ses lois qui doivent obligatoirement être appliquées par les citoyens.

Faisant comme s’il s’agit là d’un état dans un Etat. Face à cette terreur ambiante, le Collectif des jeunes de Touboro a saisi de nombreuses organisations dans l’espoir que la plupart d’entre eux retrouvent la liberté sous peu. En effet, il a été porté à notre connaissance que les membres du Collectif précité sollicitent l’appui des organisations de la société civile dans la procédure judiciaire engagée depuis le 9 février 2012 au Parquet Général du Nord à Garoua contre leur tortionnaire.

«Nous n’en pouvons plus des bastonnades et arrestations. Nous sommes sans cesse molestés par les guerriers venus de Rey-Bouba et déportés en captivité à Rey-Bouba pour y être enfermés dans les geôles privées du lamido. Le chef fait régner la terreur au sein des populations », déplore Celestin Yandal, président du Collectif en question. En réponse à leurs cris, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale (Redhac) vient de saisir le Président de la République.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

« Nous voulons la libération de ces citoyens. Nous avons écrit au Chef de l’Etat parce que les chances pour un procès juste sont minces. Prenons le cas de Célestin Yanda, il ne sortira pas de prison sous peu vu que d’autres mandats de dépôt ont été produits par le juge séance tenante lors de la dernière audience. La liberté provisoire lui est refusée, à tort », dénonce Maximilienne Ngo Mbe, Directrice exécutive du Redhac. Par ailleurs, la compatriote indique également que le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique centrale a déjà interpellé le gouvernement camerounais sur cet abus de pouvoir du lamido indexé qui «agit sous le nez et la barbe du préfet et du sous-préfet qui sont eux-mêmes sous la botte de ce monarque des tropiques».

Dans le même sillage, les autres acteurs de la société civile ont souligné que les exactions de cette monarchie tropicale datent depuis des décennies et vont de père en fils. «A côté des éléments de la police, de la gendarmerie, le chef traditionnel en question entretient sa garde personnelle, ses prisons privées, fait lever l’impôt pour l’entretien de son harem et de sa cour ». Précisons que des sources indiquent qu’alors que son accession au trône en octobre 2006 est perçue par beaucoup comme un règne d’apaisement, de paix et une ère nouvelle dans le Mayo-Rey, le lamido Aboubakary Abdoulaye qui succède à son frère Abdoulaye, a vite fait d’ajouter son nom sur la liste des lamidos redoutés et sanguinaires qu’a connus le Mayo-Rey. «Tortures, fessées publiques, privation des libertés, arnaques à ciel ouvert et autres.

Des raisons pour lesquelles les jeunes ont décidé d’avoir un langage commun afin de s’affranchir du joug de ce monarque. C’est ainsi qu’ils ont pris la résolution de dénoncer les maux qui minent leur épanouissement et obscurcissent leur avenir et par ricochet le développement de tout l’arrondissement, car leur patience est à son comble». Chose, apprend t-on, que le lamido juge inadmissible dans son royaume adoré de plus de 36 000 Km2. «A Touboro, il y a deux catégories de Camerounais : celle des notables ou du chef jouissant de l’impunité totale et la 2e catégorie se réfère au bas peuple ou des esclaves», font savoir des acteurs de la société civile.

© Aurore Plus : Linda Mbiapa

Populaires cette semaine

To Top