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Des militaires tabassent un conducteur de moto à Yaoundé

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Pour avoir refusé de porter leur camarade d’armes sur son engin, une dizaine d’hommes en tenue s’en sont violemment pris au jeune homme, le laissant baigner dans une marre de sang et dans un état comateux. L’affaire se trouverait entre les mains de la gendarmerie et de la sécurité militaire.

Hervé Mevoa revient de loin. Il s’en est fallu de très peu pour que ce jeune conducteur de moto taxi âgé de 25 ans ne sorte pas vivant des griffes de ses bourreaux. Sorti de l’hôpital militaire de Yaoundé il y a presqu’une semaine, le jeune homme continue de faire des va-et-vient entre l’hôpital et son domicile au quartier Ekounou. A l’absence de la victime, c’est sa mère Marguérite qui s’est confié à nous.

Selon elle, tout commence le 2 janvier dernier au carrefour Cfta à Ekounou, au stationnement de mototaxi : « il était 20h, l’enfant est sorti avec la moto pour aller prendre du carburant parce qu’on avait réunion ici à la maison. Au niveau du Cfta (Centre de formation technique des armées, ndlr), au carrefour, un militaire en civil l’interpelle et lui demande de le conduire à Mimboman. Il lui a répondu qu’il ne travaille pas, qu’il prenne une autre moto ».

Coma

D’après la génitrice de la victime, l’homme en tenue a décidé d’en découdre avec le jeune conducteur de moto-taximan, histoire de punir son refus d’obtempérer. Une bagarre éclate entre le jeune Mevoa, qui ignorait qu’il avait affaire à un homme en tenue, et ce dernier. Débordé, le militaire appelle ses camarades d’armes en renfort : « ils étaient au nombre de 15 qui se sont rués sur lui et l’ont tabassé sauvagement, il a reçu des coups au niveau de la poitrine et sur la tête, il a été laissé dans le coma », se souvient la mère du jeune homme.

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Transporté d’abord à l’infirmerie du Cfta, il a par la suite été conduit à l’hôpital militaire de Yaoundé pour des soins intensifs : « on a d’abord voulu le soigner à l’infirmerie du Cfta mais il n y avait rien là bas, ce n’était pas à leur niveau. C’est alors qu’il a été conduit à l’hôpital militaire ». Les factures des soins ont été laissées à la charge de la famille malgré la promesse faire par le commandant du Cfta de s’en occuper personnellement : « on nous a juste remis le carnet, tout le dossier de l’enfant est resté là-bas à l’hôpital et ils nous demandent d’aller payer mais moi je ne peux pas payer ça, on nous a demandé de faire le scanner et la radio du thorax parce qu’il a eu un choc au niveau de la poitrine, c’est son oncle qui va s’en occuper», s’étonne maman Marguérite.

Enquêtes ouvertes à la Sémil

Joint au téléphone par hurinews.com au sujet du sort à réserver aux auteurs de cette bavure, le commandant du Cfta, colonel Metogo Atangana, a indiqué que les enquêtes ont été ouvertes par la gendarmerie et la Sécurité militaire pour identifier les bourreaux de ce jeune conducteur de moto et les punir : « Le Cameroun est un état de droit, on ne peut plus laisser de pareils actes impunis », a expliqué le haut gradé de l’armée. Mais la famille n’y croit pas et dit reconnaître les auteurs de cette bavure : « l’enfant reconnait tous ses bourreaux, le chef qui était de garde ce jour-là est un certain Ogouen, je le vois ici, mais le colonel Metogo Atangana dit qu’ils sont déjà enfermés, qu’il a enfermé deux Gpistes (soldats de la Garde présidentielle, ndlr) et le meneur (de la bagarre, ndlr), mais je ne suis pas convaincue. Pourquoi il ne nous appelle pas ? il a pourtant le numéro de mon mari ! », conteste la mère du jeune homme qui a promis de porter plainte dans les prochains jours.

Michel BIEM TONG

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