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Des militaires condamnés dans l’affaire des matricules fictifs

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Les trois responsables du bureau des effectifs du Mindef ont écopé de 12 ans d’emprisonnement ferme à la peine à vie.

Les militaires n’étaient pas sur le banc des accusés à l’ouverture du procès au Tribunal criminel spécial. C’était l’affaire Etat du Cameroun, ministère des Finances (Minfi) contre Mfouapon Alassa, Njifendjou Adamou, Nguina Ngobo épse Ndzomo, Arlette Oyana Oyono, Georges Nyate, Jean Bernard Ndongo Onana, Rabelais Marcel Awono et Jean Claude Gervais Mefo. Des employés de structures de microfinance. Ces accusés, qui comparaissaient libres, étaient poursuivis pour le détournement de plusieurs millions de F en coaction. Ils étaient accusés d’avoir introduit 27 matricules soldes fictifs dans les fichiers du Minfi, entre 2007 et 2010, en attribuant des salaires indus à des personnes non-identifiées, au détriment de l’Etat.

Après audition des témoins et des accusés, il est apparu que les vrais coupables n’étaient pas devant les juges. A cette date, l’on indiquait que les établissements de microfinance n’étaient que des lieux de réception de ces virements litigieux. Et non des cadres de confection des matricules. Un complément d’information avait ainsi été sollicité. Il a pris le temps qu’il a fallu et de nouvelles personnes ont regagné le banc des accusés. C’est ainsi que Christian Emvolo Emvolo, maître principal à la marine, Gilles Théodore Epopa, capitaine de frégate et Jean Guillaume Ebogo Messi, capitaine de corvette en service au bureau des effectifs et de la solde, de la direction du commissariat interarmées ont été interpellés. Du ministère des Finances, Solange Ndo Baker Emini, chef service de la solde et Jean Sime, alors chef de bureau de la saisie des pensions dans la même direction sont venus les rejoindre devant les juges.

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Ce mercredi était jour de sentence. Sur les 13 accusés, seuls quatre étaient présents. Côté homme en tenue, Jean Guillaume Ebogo Messi a répondu à l’appel comme lors des dernières audiences. Mais il n’a tenu que le temps de lecture de la décision du tribunal. Reconnu coupable de détournement de deniers publics en coaction avec Gilles Epopa et Christian Emvollo Emvollo, pendant que Solange Ndo Baker Emini, Jean Bernard Ndongo Onana et Mfouapon Alassa ont aussi été déclarés coupables de complicité de détournement, l’homme n’a pas attendu la sentence. La suspension d’audience conduisant à la déclaration du verdict lui a servi de passerelle. A la reprise d’audience une quinzaine de minutes plus tard, seuls trois accusés étaient face aux juges. Le magistrat Michel Claude Onana, président de la collégialité l’a d’ailleurs remarqué, comme les autres également.

Mais son absence n’a pas empêché la lecture du verdict. Ne s’étant jamais présenté au tribunal, Emvollo Emvollo, Mfouapon Alassa et Solange Ndo Baker Emini ont été condamnés à vie, mandat d’arrêt à l’appui. Jean Guillaume Ebogo Messi a écopé de 12 ans de prison, Gilles Epopa a été condamné à 20 ans de prison tout comme Jean Bernard Ndongo Onana. Ce, accompagnés, de mandats d’incarcération et de déchéances. Tous les autres ont été déclarés non-coupables pour faits non-établis. Les personnes reconnues coupables devront verser à l’Etat plus de 810 millions de F à titre de dommages et intérêts. Sans oublier d’autres frais liés aux procès.

Elise ZIEMINE

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