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Dernier tournant : Paul Biya a-t-il formé le vrai gouvernement des grandes réalisations?

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Ce n’était pas le grand balai annoncé par certains lobbies et groupes de pression, relayés plus qu’à leur tour par médias qui ont fait de la propagation de la rumeur l’essence de leur posture professionnelle.

Mais le mini-séisme du vendredi 02 octobre 2011 consacré par le réajustement du gouvernement n’en a pas moins le mérite de captiver les attentions, ne serait-ce, non seulement qu’au regard des entrants et des affectés qui configurent désormais l’échiquier gouvernemental, autrement dit, la plus haute sphère politico-administrative, le saint des saints du Cameroun, mais également en regard de la personnalité de certains sacqués et de certaines attentes qui ont été frustrées, si l’on croit les manipulations d’avant 02 octobre 2015 que l’on a vécues ces deux dernières années, notamment aux lendemains des élections sénatoriales d’avril 2013, puis des législatives et municipales de la même année, et ensuite depuis le début de cette année 2015 qui a connu dans la presse une floraison d’annonces de remaniements qui devaient avoir lieu « bientôt », avec leurs lots de ministrables, de ministres voués à la sortie ou à la prison, ou dont les passeports étaient déjà retirés en guise d’interdiction de sortie du pays … pour affaire les  concernant -et qui n’eurent vraiment pas lieu,.

Si l’on considère que le chef de l’Etat a observé un écart de temps d’environ quatre ans entre le premier gouvernement du septennat des grandes réalisations et l’actuel gouvernement formé le 02 octobre dernier, sacrifiant ainsi à un rituel républicain observé dans des Etats démocratiques où on ne change pas de gouvernement comme on change ses caleçons, certains chefs de régime –tant présidentiels, semi-présidentiels ou parlementaires allant même jusqu’à terminer un mandat avec les mêmes ministres qu’à leur prise de fonction, on n’est pas loin de déduire qu’à trois as seulement de la fin de son actuel mandat, Paul Biya ne procédera plus à un remaniement du gouvernement –sauf cas de force majeure.

Annoncé depuis au moins deux ans, le réaménagement du gouvernement a enfin eu lieu. Certes, ceux qui s’attendaient au grand chambardement en ont été pour le frais, mais le mini-séisme de vendredi n’en est pas moins remarquable, tant par les sorties que par les mutations –dont certaines sont considérées par des analystes comme des affectations disciplinaires qu’il charrie. Joseph Beti Assomo, gouverneur de la région du Littoral, fait une entrée remarquable au gouvernement où il inaugure sa carrière ministérielle en dirigeant un ministère dit de souveraineté, celui de la défense, en remplacement d’Edgard Alain Mebe Ngo’o. qui échoue quant à lui au ministère des Transports, où il remplace Robert Nkili.

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L’ambassadeur du Cameroun en France, Lejeune Mbella Mbella, au ministère des Relations extérieures, un des fidèles de Paul Biya ayant été ces derniers temps aux problèmes de santé, le Pr. Pierre Moukoko Mbonjo. La brillante Directrice Générale des Douanes, Minette Libom li Likeng, est aussi récompensée pour ses prouesses à la DGD, en remplaçant aux Postes et télécommunications Jean-Pierre Biyiti Bi Essam, relevé des fonctions après un long séjour au gouvernement où il a commencé comme ministre de la Communication.. Une autre femme fait son entrée: Nguene Pauline Irène, présidente du Conseil d’appui à la réalisation des contrats de partenariat (CARPA) remplace Cathérine Bakang Mbock à la tête du ministère des Affaires sociales.

Louis Bapès Bapès, lui aussi ayant des problèmes de santé, qui a un dossier ouvert au Tribunal criminel spécial pour une affaire de détournements de deniers publics, quitte le gouvernement. Il est remplacé par M. Ngalle Bibehe Jean Ernest Massena, qui assumait le rôle de PDG de la Société camerounaise de transport urbain (Socatur). Le secrétaire d’Etat auprès du ministre des Enseignements secondaires, chargé de l’Enseignement normal, M. Mounouna Foutsou rejoint le poste de ministre de la Jeunesse et de l’Education civique, en remplacement de Pierre Ismaël Bidoung Mkpatt. Ce dernier succède à Adoum Garoua, au ministère des Sports et de l’Education physique. M. Mounouna Foutsou laisse son fauteuil à Boniface Bayaola, qui était avant sa nomination Directeur des affaires générales au ministère du Commerce.

Séraphin Magloire Fouda change de fauteuil. Il quitte la fonction de secrétaire général adjoint de la présidence de la République pour celle de secrétaire général des Services du Premier ministre. Il remplace Louis Paul Motaze, qui retrouve un ministère qu’il a déjà dirigé de 2007 à 2011: le ministère de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire (Minepat), à la place d’Emmanuel Nganou Djoumessi. Ce dernier atterrit aux Travaux publics, en remplacement de Patrice Amba Salla. Séraphin Magloire Fouda, sera accompagné de Pascal Nguihe Kante, nommé secrétaire général adjoint des Services du Premier ministre. Ama Tutu Muna, à qui on a prêté ces derniers mois un conflit de compétences avec le Premier ministre, sur la question de la gestion des droits d’auteur, est évincé du gouvernement. Paul Biya a préféré à sa place le Pr. Narcisse Mouelle Kombi, l’ancien directeur de l’Institut des relations internationales du Cameroun (2005-2012).

Il était, avant le décret présidentiel du 02 octobre, conseiller spécial à la présidence de la République. A son poste Paul Biya a appelé le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Bertoua, Dieudonné Samba. Issa Tchiroma Bakary (ministre de la Communication), Jacques Fame Ndongo (Enseignement supérieur), René Emmanuel Sadi (Administration territoriale et Décentralisation), Grégoire Owona (Travail et Sécurité sociale), Alamine Ousmane Mey (Finances) figurent parmi les ministres que Paul Biya a décidé de maintenir à leur poste.

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