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Dénouement : Les MA-60 en service dès ce mois

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Au centre d’une controverse, ces aéronefs sont déjà certifiés par l’Autorité aéronautique civile (Aec) pour leur exploitation commerciale par Camair Co. Le ministre des Transports (Mintransports) est formel. « A ce jour, les deux aéronefs MA 60 ont déjà reçu leur certification technique par l’autorité aéronautique.

Ce qui permet leur exploitation commerciale par Camair Co », lance Edgard Alain Mebe Ngo’o aux députés au cours de son passage dimanche dernier devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale. Selon le Mintransports, « avant leur mise en service prévue à titre indicatif au cours de la troisième décade du mois de décembre 2015, les cinq équipages qualifiés devront repartir en Chine pour une remise à niveau, pendant que les aéronefs subiront toutes les visites techniques et essais préalables », précise Mebe Ngo’o. Une annonce qui vient mettre fin aux spéculations et interrogations sur le sort réservé à ces deux aéronefs de fabrication chinoise, immatriculés dans un premier temps au bénéfice de l’armée.

Car il s’agit bien des mêmes appareils objet de la signature le 27 septembre 2011, d’un mémorandum d’entente relatif à la fourniture de deux avions de type MA60, entre le ministre d’Etat en charge des Transports (de l’époque), Bello Bouba Maigari, et les responsables d’Avic internationnal holding. Les mêmes aéronefs qui ont suscité dans l’opinion publique une vive polémique se rapportant à leur fiabilité et à leur coût. L’on se souvient que le 26 août 2014, dans le cadre des questions orales au gouvernement, le député Jean Michel Nintcheu du Social Democratic Front (Sdf), avait émis de sérieuses réserves sur leur prix d’acquisition. S’adressant au ministre des Transports d’alors (Robert Nkili), l’élu de la nation avait lancé : « pouvez-vous expliquer à la Représentation nationale pourquoi le Cameroun achète deux avions à plus de 34 milliards Fcfa alors que le prix unitaire publié par le constructeur Xian industries est de cinq milliards 600 millions Fcfa (…) J’ai le regret de vous opposer le fait que la République du Congo, partie signataire du présent accord, a quant à elle déboursé sept milliards par avion ». Soit 14 milliards Fcfa au lieu des 34 milliards payés par l’Etat du Cameroun.

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Au plus fort de la polémique sur les coûts des deux MA60 achetés par l’Etat du Cameroun, le vice-président d’Avic internationnal holding, regrettant « un problème de communication », expliquera dans les colonnes de Cameroon Tribune, qu’il « ne s’agit pas seulement de l’avion. Nous fournissons aussi la formation des personnels, une grande quantité des pièces de rechange, y compris des moteurs de réserve qui coûtent très chers. Nous allons aussi envoyer des équipes d’experts qui travailleront avec Camair Co ».

Fiabilité

S’agissant de la question de la fiabilité des MA60, ses détracteurs, dont certains parlementaires, le qualifieront de « cercueil volant ». Une posture d’autant plus étonnante que le spécimen reçu gracieusement de l’Etat chinois est incorporé depuis le 08 novembre 2012 dans la flotte de l’armée de l’air. Un appareil qui totalisait en début juin 2014, 500 décollages pour 740 heures de vol, et à bord duquel le secrétaire général de la présidence de la République effectue certains de ses déplacements locaux. C’est d’ailleurs cet aéronef qui est régulièrement affrété lorsqu’il va chercher dans la région de l’Extrême-Nord, des otages libérés, comme ce fut le cas pour la famille Moulin-Fournier en avril 2013.

La polémique sur fiabilité va même enfler lorsqu’en septembre 2014, votre journal révèle qu’une mission de l’armée s’est rendue dans l’Empire du Milieu pour réceptionner les deux MA 60 alors que ceux-ci sont destinés à renforcer la flotte de Camair Co. Au demeurant, la non délivrance (à l’époque) d’un certificat de navigabilité par l’Aac expliquerait-il le recours à ce subterfuge qui a permis aux fameux avions chinois de prendre les airs le 25 mars 2014 depuis la ville de Xi An (Chine) jusqu’à Douala, via le Yemen et Djibouti. Sinon, pourquoi avoir dans un premier temps immatriculé au bénéfice de l’armée, des avions destinés à usage civil et commercial, pour leur donner quelques mois plus tard un statut différent ?

© Mutations : Yanick Yemga

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