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Déchéance : Goodluck Jonathan aux portes de la prison

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Malversations financières, échec contre Boko Haram… L’ancien président du Nigéria est à la merci de son successeur que conseillent Obama et Obasanjo.

Appelez ça la surprise du chef. Barack Obama a remis à Muhammadu Buhari, qui lui rendait visite à la Maison Blanche le mois dernier, une liste de voleurs de la République fédérale du Nigeria. La fameuse liste, classée top secret, a été transmise dans la plus grande discrétion. Aucune des 33 personnes accompagnant le président nigérian n’avait rien remarqué. A en croire des sources crédibles à la Maison Blanche, le président nigérian n’en croyait pas ses yeux, en découvrant des noms et de sommes d’argent sur cette liste.

Avant d’embarquer pour sa visite d’Etat, le président nigérian avait sollicité Washington pour l’aider à dénicher et à récupérer des fonds détournés dans son pays et cachés dans des banques américaines ou ailleurs dans le monde. Mais Muhammadu Buhari était loin de s’imaginer le chiffre colossal des sommes détournées. Les noms des auteurs de ces détournements étonnent. «Certainement les gens au Nigeria auront le souffle coupé quand ils découvriront cette liste», a averti la Maison Blanche. Pour le moment, Muhammadu Buhari garde cette liste pour lui-même. Mais déjà, Goodluck Jonathan aurait perdu le sommeil.

Des sources crédibles à Abuja indiquent que dernières semaines, Goodluck Jonathan a sollicité l’aide de l’ancien chef de lʹEtat, le général Abdulsalami Abubakar, pour obtenir une audience auprès de M. Buhari. Mais, c’est pas moins de cinq fois que Muhammadu Buhari n’a pas ouvert ses portes à l’envoyé de Goodluck Jonathan. Finalement, c’est au milieu de la nuit de jeudi dernier que le tête – à – tête entre les deux hommes a pu se tenir au palais présidentiel. «Jonathan était venu rencontrer Buhari pour lui demander de laisser tomber sa chasse aux détourneurs des fonds nigérians», indique le journal new yorkais Sahara Reporter, qui continue: «mais malheureusement, quand ils se sont rencontrés, M. Jonathan, a été incapable d’aller droit au but, et a changé lʹobjet de la visite en prenant plutôt les nouvelles de la nouvelle équipe dirigeante du Nigeria».

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24 heures après ce meeting secret, c’est Olesegun Obasanjo qui se faisait recevoir chez Muhammad Buhari. Sans détour, Obasanjo va conseiller à Buhari de jeter Goodluck Jonathan en prison si jamais il est reconnu coupable de détournement des fonds. Autant parler d’un spectaculaire revirement. Car Obasanjo est celui qui, lors de la dernière campagne présidentielle, rassurait les nigérians d’une impossible chasse aux sorcières au cas où Goodluck Jonathan perdrait l’élection présidentielle. Obasanjo indiquait à l’occasion qu’il avait réussi à récupérer l’argent volé par Sani Abacha et bien d’autres personnes sans jamais jeter quiconque en prison. Pour parer la menace catapultée par Obasanjo, l’ex président Goodluck Jonathan s’est retourné vers les membres de la commission «Paix des élections 2015». Muhammadu Buhari se limitera à accorder seulement 30 minutes aux membres de la commission.

Juste le temps nécessaire pour leur dire qu’il ne reculera pas d’un cheveu dans sa lancée contre les détournements des fonds publics. Pourtant, un gentleman agreement a été signé le 28 mars dernier entre Buhari et Goodluck. Celui-ci indique que le vainqueur de la présidentielle n’ira pas chercher des poux dans la tête du vaincu. Goodluck veut que Buhari respecte à la lettre le pacte signé devant des témoins. L’actuel patron du Nigéria, de son côté, ne jure plus que de trainer devant les tribunaux toute personne reconnue coupable de détournement ou malversation financière. Actuellement, Goodluck Jonathan manque de cartouches pour faire face à la menace. Ayant perdu les élections, il n’a pas entendu partir les bras ballants. 20 millions de dollars ont ainsi été soutiré du trésor nigérian. Il a fait aussi l’erreur choisir Los Angeles pour se remettre des émotions de sa défaite à l’élection présidentielle.

Les sommes d’argent que les siens et lui dépensent pendant ces vacances coupent le souffle à la presse américaine. Les USA sont le pays que Goodluck Jonathan devait éviter, depuis qu’il s’est ouvertement montré favorable au projet de faire doter au Nigeria des centrales nucléaires. Un projet auquel Barack Obama s’opposait. Et Goodluck Jonathan a attendu sa défaite pour signer avec les russes des contrats de construction de centrales atomiques. Autre lobby travaillant à la perte de Goodluck Jonathan: le Forum des Sages de l’Etat du Borno. Ces groupe de pression demande que Goodluck Jonathan soit arrêté et jeté en prison. Raison? Selon eux, l’ancien président aurait délibérément laissé Boko Haram tuer les populations et raser des villages dans le Nord-Est du Nigéria. Un malheur ne vient jamais seul.

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