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Décès de Mounchipou Seidou: Triste fin pour un baron déchu

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Le Jour revient ce 19 janvier 2016 sur le décès la veille en France de Mounchipou Seidou. Le journal renseigne que Me Nasser, avocat au barreau du Cameroun, un des fils de l’illustre disparu, «est au four et au moulin au Cameroun, pour les préparatifs des obsèques de son père (…) Pour ce faire, il va sans doute multiplier les voyages sur l’axe Yaoundé-Foumban qu’il connait bien. Un nouveau challenge pour cet avocat, organiser des obsèques dignes de la réputation de son père»

Me Nasser «avait déjà dû revêtir, aux côtés de confrères engagés, la robe d’avocat pour assurer la défense de son père mis en cause, alors qu’il était ministre des Postes et Télécommunications, devant la justice camerounaise dans une rocambolesque affaire de détournement de deniers publics qui arrosait plusieurs personnalités», mentionne le journal.

Pour Le Jour, il s’agit d’«une fin triste pour l’ancien haut-commis de l’Etat». Car le natif du département du Noun dans la région de l’Ouest a dû bénéficier en février 2014, d’un décret du chef de l’Etat portant commutation et remise des peines, pour sortir de prison. Condamné en novembre 2003 pour «tentative de complicité de détournement de deniers publics», M. Mounchipou a passé 15 ans derrière les barreaux. «Il quittera la prison non sans séquelles, avec notamment des problèmes de santé et surtout un long séjour au pavillon Lagarde à l’hôpital central de Yaoundé», écrit le quotidien privé.

L’ancien Ministre est mort à 69 ans dans l’anonymat après avoir gravi tous les échelons dans l’administration camerounaise. Notre confrère a retracé les grandes lignes de son parcours:

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«Diplômé de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), administrateur civil promotion 1981, il est nommé la même année, 1er adjoint au préfet de Kribi dans le département de l’Océan dans ce qui était alors la province du Sud. Son parcours professionnel est quasiment sans embuches. En effet, dès 1983, deux ans seulement après sa sortie de l’Enam, il est propulsé au poste de préfet du Mayo Danay, dont le chef-lieu est Yagoua, dans l’Extrême-Nord du Cameroun.

Il y restera pendant sept longues années avant d’être muté dans la Bénoué, province du Nord, au plus fort des troubles socio-politiques qui agitent alors le Cameroun dans le contexte du Vent d’Est. L’Union Nationale pour la Démocratie et le Progrès (Undp) de Bello Bouba Maigari, parti de l’opposition en ce temps-là, lève des foules à Garoua et met à mal l’autorité de l’Etat. Mounchipou Seidou a pour mission de contenir cette bourrasque et s’en acquitte visiblement avec succès. Puisque deux ans plus tard, en 1992, comme une récompense, il est promu gouverneur de la province de l’Extrême-Nord. Le 7 décembre 1997, le Ministère des Postes et Télécommunications à un nouveau ministre, Mounchipou Seidou, qui connaitra là, le couronnement d’une carrière fulgurante. La descente aux enfers ne tardera cependant pas. Deux ans plus tard, le 1er septembre 1999, il est démis de ses fonctions et, six jours après, dans un scénario cauchemardesque pour sa famille et ses proches, il est placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Kondengui».

Jean-Marie NKOUSSA

 

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