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Débâcle brésilienne : Que peut-on attendre de Philémon yang ?

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Débâcle brésilienne : Que peut-on attendre de Philémon yang ? C’est de justesse que l’international camerounais Stéphane Mbia s’est échappé de la foule le Mardi 25 Juin, à l’avenue Kennedy de Yaoundé. Le joueur à peine arrivé au bercail après une coupe du monde qui s’est prématurément achevée au pays du roi Pelé pour les Lions qui ont brillé par une piètre performance sur le terrain et des faits divers dans les vestiaires, n’a pas mesuré l’ampleur de la colère des camerounais qui n’en peuvent plus de comprendre comment, dans un contexte marqué par les souffrances, la pauvreté et le chômage, certains privilégiés parviennent à empocher d’un coup, 56 millions de Franc CFA pour rien.
Le milieu de terrain des lions s’est plaît à sortir se distraire avec ses proches à ce point chaud de la capitale, avant de confirmer que la papaye c’est l’arbre du blanc. Il a fallu l’intervention des services de sécurité pour que ce dernier puisse s’échapper à bord d’un taxi, abandonnant sa propre voiture. Un scénario qui traduit les tensions sociales actuelles du pays. Le chef de l’Etat, premier sportif camerounais, l’unique arbitre de la partie a donné l’impression de comprendre la profondeur de ce malaise.
C’est ce qui explique la signature du communiqué quelques heures après l’atterrissage de la délégation camerounaise le 25 Juin à Yaoundé :   «Le président de la République, Son Excellence Paul Biya, a prescrit ce jour au Premier ministre, chef du gouvernement, de lui soumettre dans un délais d’un mois, le résultat de ses investigations sur les causes de la campagne peu glorieuse de notre équipe fanion, les Lions indomptables, à la Coupe du monde de football de 2014 au Brésil, avec des propositions en vue d’une restructuration profonde et urgente du football camerounais».  Un communiqué officiel du secrétariat général de la présidence de la République. Décision diversement appréciée par les camerounais.
Si pour certains le président de la République a engagé une bonne stratégie pour traquer les fauteurs de troubles qui n’ont pour but que de ternir l’image du football camerounais, pour d’autres, le ton choisi par Paul Biya n’est pas celui qu’ils attendaient. Ils estiment que parlant de la campagne brésilienne de « peu glorieuse » serait se moquer de ces nombreux fans dépassés par les évènements. Ils pensent également que les un  mois donné au Pm serait une façon d’atténuer la colère des uns et des autres pour enfin tourner la page. Un procès d’intention certes, mais le chef le chef de l’Etat se doit de prouver le contraire. Le culte du blanc serait aussi à l’origine de la déchéance à répétition de l’équipe nationale du Cameroun. On se souvient du rôle qu’a joué Jean Paul Akono dans le processus de qualification pour ce mondial brésilien. Il a fallu l’écarter de force pour imposer un expatrié malgré un Cv peu convainquant alors que le compatriote qui ne demandait pas déjà grand-chose est botté du pied par ces bandits à col blanc qui ne cessent de trouver des stratégies pour dilapider l’argent du football camerounaisLes réseaux maffieuxPhilémon Yang a du pain sur la planche. Le premier ministre s’il veut bien que les choses avance, ne doit négliger aucun détail. Le football camerounais souffre aujourd’hui de la prise d’otage par un petit réseau qui se croit tout permis. Et l’échec du Pr Joseph Owona avec son comité dit de normalisation est le résultat de cette manigance qui dure depuis longtemps à la fédération camerounaise de football. Joseph Owona qui n’avait pour mission que de rectifier quelques articles à problème au sein de l’instance faitière du football camerounais en tant que imminent professeur ayant contribué à la rédaction de la constitution du Cameroun, se serait laissé emporter par un mauvais génie dans une maison  à problème. On sait bien le vent de désordre qu’a traversé cette fédération qui a d’ailleurs amené certaines personnes impliquées dans ce feuilleton à s’expliquer devant les juridictions ou à se retrouver en prison pour détournements des derniers publics. Sauf qu’aujourd’hui, certains de ces bandits à col blanc et leurs complices continuent aisément leurs missions sans inquiétude. Si pendant que l’ancien président de la fécafoot est en prison, son éternel secrétaire général, Tombi à Roko Sidiki reste au centre du football camerounais, on peut même croire qu’au Cameroun, les décideurs manquent parfois d’inspirations.L’aventure cauchemardesque du Brésil devrait sonner alors le glas d’une prise de conscience de la part des autorités camerounaises. La présence de l’effectif pléthorique au Brésil emmené par le comité de normalisation laissait déjà présager la volonté de Joseph Owona de préparer les prochaines élections à la fécafoot, acquises à sa propre cause. Cet effectif pléthorique qui, on ne dira jamais assez était à l’origine de son clash avec le ministre des sports et de l’Education physique, Adoum Garoua. Les deux hommes dit-on, se sont copieusement engrêlés au Brésil avant que le ministre avec sa délégation sont chassés de l’hôtel où logeaient  Owona et sa délégation. Un vrai paradoxe qui remet au gout du jour, ce conflit interminable entre le ministère des sports et la fécafoot qui ont toujours eu du mal à s’entendre. La fécafoot se croit au-dessus de tous parce que dépendant de la Fifa qui condamne l’ingérence des Etats dans le football. Mais faut-il le reconnaître, la fédération appartient avant tout à l’Etat qui peut se décider de sursoir celle-ci. Avec ce malaise qui règne actuellement dans le milieu footballistique camerounais, beaucoup s’accordent à donner  raison à Albert Roger Miller, ambassadeur itinérant et ancien gloire du football qui a toujours décrier ces maux. Il était le grand absent de l’expédition brésilienne du fait de sa position et de son objectivité.

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Le premier ministre se doit donc, en plus des acteurs de la « campagne peu glorieuse » du Brésil qui doivent donner les raisons non seulement de la piètre performance de l’équipe nationale, approcher ces anciennes gloires qui ont quelque chose en plus à apporter pour la renaissance du football camerounais qui, autrefois a permis à ce pays de rayonner à travers le monde entier. La décision finale attendue du chef de l’Etat pourra permettre une cure de jouvence au sport camerounais en général qui va très mal. On se souvient que les recommandations des états généraux du sport  tenus du 18 au 20 novembre 2010 au palais des congrès de Yaoundé, sont restées jusqu’aujourd’hui dans les tiroirs du premier ministère.

Lesquelles recommandations visaient la mise en application du document relatif à la politique nationale sportive, la construction de nouvelles infrastructures sportives, la mise sur pied d’un code d’éthique à faire respecter au sein des différentes fédérations, la revalorisation de l’éducation physique en milieu scolaire, afin de susciter d’avantage l’intérêt des jeunes au sport dès le bas âge, l’élaboration  d’un cadre juridique pour les athlètes, la construction d’un bâtiment destiné à abriter les bureaux de toutes les fédérations sportives, la signature d’une convention qui lierait l’institut national de la jeunesse et des sports, Injs, aux fédérations sportives, axée  sur la formation des entraîneurs dont le statut continue d’être au centre des controverses,  la révision profonde des textes de la fédération camerounaise de football, Fécafoot… Vivement que l’actualité de l’heure ne détourne pas l’attention du gouvernement sur cette autre question fondamentale

Houzérou NGOUPAYOU

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