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Crise humanitaire: Des refugiés centrafricains en détresse

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L’organisation humanitaire Médecins sans frontières-Cameroun a dressé lundi dernier à son immeuble siège à Yaoundé, un bilan effarant de la crise consubstantielle à la guerre en Rca, et qui révèle au grand jour l’ampleur des violences subies par les réfugiés au cours de leur fuite.

Ils sont 116.000 personnes, dont 86.000 enregistrées dans la région de l’Est-Cameroun. Ils, ce sont les réfugiés centrafricains qui déferlent au Cameroun, depuis le début de la crise en République centrafricaine le 24 mars 2013. Un chiffre qui a fait dire à la chargée de la Communication de Médecins sans frontières-Cameroun, Laetitia Martin que la situation sanitaire et humanitaire des réfugiés de Centrafrique inquiète. « Ces populations ont subi des violences extrêmes avant d’arriver au Cameroun, et sont dans des états de santé déplorables. Très dispersés, certains n’ont encore reçu aucune assistance humanitaire. La malnutrition reste un problème majeur pour les enfants de moins de cinq ans et sur certains sites, des taux supérieurs à 35% sont encore à déplorer », s’est-elle offusquée. C’était à l’occasion d’une conférence de presse organisée par Msf-Cameroun, lundi 29 juillet dernier, à Yaoundé. Pour faire le point sur cette situation sécuritaire très préoccupante à l’Est. Une situation dont les chiffres donnent le tournis : par semaine, l’on enregistre en moyenne 4.077 consultations, 90 cas d’hospitalisation et 187 enfants malnutris dans les centres thérapeutiques nutritionnels intensifs (Cnti). Ce qui a poussé Jonathan Irwin, chef de mission Msf, à dire que « la situation sanitaire y demeure toujours préoccupante ». 

Les réfugiés sont issus pour la plupart des zones rurales de la Rca, notamment Bouar, Bossangoa, Yaloké, Boda, Bossantélé, Baoro, précise Gervais Marcial Mbogne, infirmier à Msf. Ajoutant à l’aide de témoignages, qu’ « ils étaient obligés de parcourir de longues distances à pied pendant des mois durant, sans rien emporter avec eux, … et se contentant de consommer des racines de manioc ou de la viande des bêtes affaiblies tuées en chemin, comme nourriture ». Pire, ils sont dispersés dans les camps, et par conséquent désorganisés. Jonathan Irwin en veut pour preuve une récente mission exploratoire menée en juin dernier, qui a permis d’identifier une poche de 230 personnes installées dans un village, qui n’avait bénéficié d’aucune assistance. Ce qui complique le calcul du chiffre exact de réfugiés, et la planification de la réponse humanitaire par conséquent, poursuit-il. 

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Humanisme 

Malgré l’afflux sans cesse croisant des réfugiés en terre camerounaise, Msf s’évertue à offrir une aide médico-sanitaire, qui allège les efforts du ministère de la Santé publique (Minsanté). C’est tout au moins la nouvelle qui a rassuré durant cet échange avec les professionnels des médias. Une couverture qui s’étend sur les zones prioritaires de Garoua-Boulai, Gado, Gbiti, Batouri, Boumba-et-Ngoko ; par le biais des équipes mobiles composées de personnel médical (médecins, infirmiers, aides-soignants) et logistique, pour mieux localiser les poches de réfugiés sans assistance. Des efforts pour lesquels le chef de mission, J. Irwin suggère une synergie avec les pouvoirs publics, l’Usaid, le Hcr, le Pam, la Croix rouge, etc. pour plus d’efficacité sur le terrain. « Il y a besoin de plus d’appuis des services de santé pour maximiser la prise en charge des réfugiés », a-t-il ajouté. 

Quid de la dimension psychosociale de la prise en charge, qui fait suite aux traumatismes dont ont été victimes la plupart des réfugiés qui ont vu leurs proches se faire massacrer sous leurs yeux, ou encore leurs parents et enfants se faire décapiter. Ceux qui fuient les combats et exactions gardent les stigmates des tueries. Toutes choses qui ont permis de mettre sur pied une équipe de psychologues chargés de gérer cette fragmentation familiale et leur santé mentale. Rappelons que depuis janvier 2014, Médecins sans frontières soutient le Minsanté dans la prise en charge médicale, nutritionnelle et psychosociale des réfugiés, de même que ses actions couvrent les besoins en eau, hygiène et assainissement. Ses actions s’étendent par ailleurs au Tchad et en République Démocratique du Congo. 



Gibrile KENFACK TSABDO (Cp)

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