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Criminalité faunique: Plus de 220 pointes d’ivoire saisies en deux mois au Cameroun

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C’est le résultat des opérations de ratissages organisés par des agents du ministère des Forêts et de la faune dans les régions du Sud, Centre et Est avec l’appui de Wwf.

Selon les estimations des responsables du Fonds mondial pour la nature (Wwf), « plus de 100 éléphants de forêt ont été massacrés ces derniers temps dans les aires protégées». Ce qui démontre que malgré l’engagement et les appels de la communauté nationale et internationale à stopper ce fléau, après les évènements de Bouba Ndjida en mi-janvier 2012, où environ deux cents éléphants ont été abattus, la conquête de l’ivoire continue à un rythme effréné au Cameroun. Pas plus tard que le 15 octobre 2014, une opération « coup de poing » conduite par les éco-gardes du ministère des Forêts et de la faune (Minfof) à 7 Km de la ville de Djoum, dans la région du Sud Cameroun, a permis de saisir 39 pointes d’ivoire.

Les défenses d’éléphants en question selon une note d’information parvenue à notre rédaction, «étaient minutieusement cachées dans des sacs de cacao transportés dans un camion. Deux suspects présumés, dont le propriétaire et le chauffeur du camion ont été auditionnés par le conservateur de la Réserve biosphère du Dja, puis déférés le lundi 20 octobre 2014 au parquet de Djoum, en attendant de comparaître devant le tribunal de première Instance de la ville dans les jours avenirs ». Selon les responsables du Minfof du Dja et Lobo, « une enquête est en cours afin d’établir la provenance de ces pointes d’ivoire». Cette opération menée dans la région du Sud, fait suite à la saisie record de 187 pointes d’ivoire effectuée en septembre dernier près de l’aéroport de Yaoundé-Nsimalen.

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Selon Leocadio Salmeron, en charge de la lutte anti-braconnage au Fonds mondial pour la nature (Wwf) Afrique centrale, «Des saisies importantes d’ivoire ont été effectuées ces dernières semaines. Ce qui prouve qu’il y a toujours une demande importante pour ce type de produits illégaux. Le braconnage des éléphants ainsi que le trafic d’ivoire pose un danger permanent pour la conservation de la nature, la sécurité et l’économie locale. Il est très important d’accentuer la pression sur les braconniers et leurs commanditaires, afin de continuer à protéger le patrimoine camerounais ». La flambée du prix de l’ivoire sur les marchés nationaux et internationaux a engendré une recrudescence des pressions sur les éléphants de forêt d’Afrique centrale, dont la population a diminué de près de 60% en dix ans. « À ce rythme-là, on assistera de manière certaine à la disparition de ces animaux dans un futur proche. Nous pouvons encore éviter cela, à condition de renforcer la lutte anti-braconnage à tous les niveaux », conclut M. Salmeron, face à l’ampleur de la criminalité faunique au Cameroun.

© Ange-Gabriel OLINGA B. | Le Messager

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