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Crimes de Nkolbisson : «ce n’était pas des crimes rituels» ( gendarmerie nationale )

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« Nous avons été saisis le mardi 9 août par des appels de détresse qui annonçaient la découverte d’un premier corps au quartier Nkolbisson derrière la chefferie dans un lac. Ce corps était celui d’une jeune fille âgée d’environ 35 ans. Nous sommes allés sur les lieux pour effectuer les constatations question d’ouvrir une enquête usuelle dans de pareilles circonstances. Pendant que nous y étions, on nous a annoncé la découverte d’un second corps. Celui-ci était à plus de quatre kilomètres au lieu-dit “derrière l’Institut René Graffin”. Après avoir terminé les constatations sur le premier corps retiré des eaux par les sapeurs-pompiers, nous nous sommes rendus sur le second lieu pour faire la même chose sur l’autre corps. Nous avons remarqué que les corps étaient ceux de deux dames: une jeune fille et sa mère », relate Joël Ondigui Essomba.

Le premier corps était celui de Véronique Obélé, 35 ans. La dépouille de la jeune femme que le voisinage présentait comme une femme calme a été retrouvée dans un étang au lieu-dit «Usine des eaux». Celle qui était jusque-là commerçante au marché Mokolo, spécialisée dans la vente de bâtons de manioc, a été tuée par son amant: le nommé Godfroy Dieudonné Mebara, 35 ans.

Selon le lieutenant-colonel, « l’histoire c’est que Mebara était le copain de la jeune femme depuis peu. Ce soir-là (le jour du crime, ndlr), il est allé la chercher pour qu’elle l’accompagne chez lui passer la nuit. Les deux amoureux vont d’abord s’arrêter dans un bar pour prendre un pot. Une fois arrivés chez Mebara, ils ont eu des rapports sexuels et après un cri est venu de la chambre. Mebara raconte que le cri est venu du fait qu’ils avaient des relations sexuelles par voie anale et la fille a crié. Il ajoute que les voisins sont venus au secours mais il les a renvoyés. Mais à ce jour, aucun voisin ne reconnait avoir entendu le cri. Le cri serait venu, comme il dit, soit du fait de la pénétration anale, soit au moment où elle était en train de mourir. Parce qu’après les relations sexuelles elle meurt», nous apprend-t-il.

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Le lieutenant-colonel Joël Ondigui Essomba

Constatant la mort de Véronique, Godfroy Dieudonné Mebara cherche à effacer toutes traces qui pourraient l’inculper. « Après, il est parti au domicile de la jeune fille où elle vivait avec sa mère. Il faut souligner qu’en allant chercher la jeune fille en soirée, il l’a prise de chez elle, auprès de sa mère. La mère de la fille savait avec qui elle était sortie. Ayant réfléchie, Mebara a compris que si on découvre le corps de la fille dans le lac, il sera le premier suspect. Il était question pour lui de faire taire la maman. Une fois arrivé chez elle, il l’invite par manière, l’embarque sur une moto et l’amène dans un champ de manioc. Une fois sur place, Mebara prétend avoir faire la cour à cette femme de 61 ans, puis ils ont eu des relations sexuelles normales. Selon lui, c’est au moment de passer à la pénétration anale qu’une disputé a éclaté et la dame est morte », précise l’enquêteur.

Celui-ci aurait alors assassiné également Louise Melingui, 61 ans, la mère de sa copine, ce soir-là. Il reste à déterminer si « les violences de pénétration par les voies sexuelle et anale retrouvées sur la mère de Véronique ont eu lieu, avant ou après la mort ». Après avoir tué les deux femmes, le suspect aurait été aidé par son Co chambrier, Félix Mtédé à transporter les corps à plusieurs kilomètres de distance afin d’éviter tout soupçon.Les deux suspects ont été arrêtés à la faveur d’une opération baptisée «Coup de poing» menée par la gendarmerie nationale. Godfroy Mebara et Félix Mtédé ont été ensuite présentés la semaine dernière au procureur de la République.

Après le meurtre ces deux femmes, « les gens ont voulu faire d’amalgame avec d’autres corps qui avaient été découverts en novembre 2015 et février 2016, avec ces deux corps pour dire qu’il s’agissait des crimes rituels. Pour ces deux corps dont on parle, ce n’était pas des crimes rituels. C’était le fait d’un individu », précise le Colonel avant d’ajouter : «Les violences qui ont été retrouvées sur les deux corps sont les indices de pénétration par les voies sexuelle et anale. Ça veut dire que toutes les deux ont eu des rapports sexuel et vaginal». Godfroy Dieudonné Mebara n’était pas à son premier délit. Ce repris de justice avait déjà été incarcéré à plus d’une reprise pour “viol” et “outrage à la pudeur”.

JournalDuCameroun

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