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Coup dur pour le carburant frelaté

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Depuis que la sécurité est renforcée aux frontières, les trafiquants de  « zoua-zoua » sont en difficulté. La ruée vers les stations-service est perceptible à Maroua. Le « Zoua-zoua » n’ayant plus le prix préférentiel. Les trafiquants de ce carburant frelaté, jusqu’ici très consommé dans la région de l’Extrême-Nord ont des difficultés pour rentrer avec leurs marchandises en territoire camerounais.

Et pour cause ! Le renforcement de la sécurité au niveau des zones frontalières avec le Nigeria. Selon des sources policières, les contrôles sont intenses. « On cherche au maximum à éviter les intrusions des membres de la secte Boko Haram. Du coup, le dispositif sécuritaire permet d’avoir aussi le contrôle sur les trafic de tous genres », explique notre source ayant requis l’anonymat. Pour sa part, Shouibou, vendeur de « Zoua-zoua » dans la ville de Maroua indique qu’« avec l’insécurité ambiante, nous avons des difficultés pour nous approvisionner, nous sommes obligés de contourner vers la frontière avec la région du Nord pour entrer et sortir du Nigeria. La distance est plus longue et les dépenses énormes », regrette-t-il. Voilà qui justifie la hausse du prix du litre du Zoua-zoua, de 350 F à plus de 850 F, voire plus à certains endroits.

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Cette conjoncture se ressent jusqu’au niveau des passagers de taxis et motos-taxis de la ville de Maroua. Depuis quelques semaines, ce sont plutôt les conducteurs qui vous imposent leurs prix, et c’est à prendre ou à laisser. « Au lieu de 150 F pour une distance que j’ai l’habitude de parcourir tous les matins, les motos-taximen exigent désormais 350 F », assure Asmaoua, étudiante à l’Ecole normale de Maroua. Dans les localités plus éloignées de la capitale régionale, à l’exemple de Mokolo, chef-lieu du département du Mayo-Tsanaga, le même litre de Zoua-zoua coûte 1000 F. « A ce rythme, je crois que c’est mieux d’aller consommer dans les stations-service, où le carburant est moins cher et de bonne qualité », reconnaît un conducteur de moto.

Dans les rues, la hausse subite du prix de ce produit est le sujet majeur. Sur l’origine de ce carburant tant querellé, l’on sait qu’il est importé du Nigeria dans des véhicules, motos, vélos et souvent à dos d’âne. Il y a environ un an, ce sont des dizaines de milliers de litres de produits pétroliers qui entraient sur le territoire camerounais chaque jour. De nombreuses maisons d’habitation situées aux abords des axes routiers étaient transformées en magasins de stockage. Mais ces derniers temps, beaucoup ont abandonné l’activité, parce que moins rentable. On se souvient, par ailleurs, qu’il y a un an, une grande campagne de sensibilisation sur les dangers liés à la détention et à la manipulation frauduleuse des produits pétroliers avait été menée conjointement par les autorités administratives et municipales. Car le carburant frelaté occasionne non seulement des incendies, mais est un risque sanitaire pour les populations.

Joël MAMAN

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