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Convergence de vues entre le Cameroun et la Francophonie

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Au second jour de sa visite officielle au Cameroun, la secrétaire générale de l’OIF était au cœur de moult attentions mardi au palais de l’Unité. 3 heures et quarante minutes d’horloge. C’est le temps qu’aura duré le passage mardi au palais de l’Unité de Michaëlle Jean, secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif).

Une audience d’une heure avec le président Paul Biya et un déjeuner de 85 couverts, animé par des sonorités du terroir et des Caraïbes de la Musique de la Garde présidentielle, ont densément meublé ces grands moments de la visite officielle au Cameroun par l’ancienne gouverneure générale et commandante en chef du Canada. Une cascade d’images fortes : le président de la République décorant son hôte de la médaille de grand officier de l’Ordre de la Valeur, ou lui présentant une sculpture de Me Alfred Liyolo ornant le salon du premier étage. Ou encore, le couple présidentiel se retirant avec son hôte, au moment où l’on croit que tout est terminé, pour un thé, avant de la raccompagner. Il était alors 15 h 30. Le temps semblait avoir suspendu son vol depuis 11 h 50, au moment où le directeur du cabinet civil, Martin Belinga Eboutou, accueillait la secrétaire générale de l’Oif au perron du palais. Un palais de l’Unité paré pour ce grand événement.

Avec des convives triés sur le volet dont le président du Sénat, Marcel Niat Njifenji, le Premier ministre, chef du gouvernement, Philemon Yang, des membres du gouvernement, du corps diplomatique, le déjeuner a donné lieu à un échange de toasts entre le président Paul Biya et son hôte. Le chef de l’Etat a salué en Michaëlle Jean, « une femme d’exception », « une femme d’action et de conviction ». Il a évoqué sa brillante carrière universitaire, de femme de médias. Un parcours qui l’a qualifiée pour le prestigieux poste de gouverneure générale du Canada, donc de chef d’Etat qu’elle a occupé. Le président de la République a aussi souligné son dévouement pour l’humanitaire où elle s’est engagée à travers des missions à Haïti, son pays de naissance. Comme africain, a-t-il poursuivi, il se réjouit de l’arrivée de Michaëlle Jean à la tête de l’organisation francophone, lors de la conférence de novembre 2014 à Dakar. Il promet son concours et celui du Cameroun pour la réussite de sa mission, non sans avoir exalté l’importance grandissante de la langue française en Afrique et le rôle clef que joue l’Organisation francophone dans le monde, de même que les valeurs quelle promeut. Il propose la voie d’une plus grande ouverture, afin que l’Oif ne soit pas « un monde clos ».

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Humanitaire

En réponse Michaëlle Jean s’est dite touchée par « l’accueil exceptionnel » qu’elle reçoit au Cameroun, un pays qu’elle connaît et où elle compte des amis. Elle vient de ce fait explique-t-elle, en « amie du Cameroun », « un membre exceptionnel » de l’Organisation francophone. En « fille d’Haïti, arrivée jeune au Canada », toute visite en Afrique, constitue pour elle « un retour aux sources sur le continent des ses ancêtres. Et « au Cameroun, je suis ici chez moi », a-t-elle ponctué, soulevant une salve d’applaudissements.

Michaëlle Jean a eu des mots très élogieux pour la première dame, Chantal Biya. Elle témoigne de ce que depuis leur première rencontre, en octobre 2008, lors du XIIe sommet de la Francophonie à Quebec, elle s’informe régulièrement de l’action humanitaire de la première dame en faveur des femmes, des enfants et de l’éducation citoyenne des jeunes, notamment.

Au sujet de l’insécurité entretenue aux frontières du Cameroun par des bandes armées et le groupe terroriste Boko Haram, Michaëlle Jean est péremptoire : « Je vais dire au Cameroun qu’il n’est pas seul ». Elle exprime la solidarité de l’Oif, salue la gestion de ce dossier par le chef de l’Etat, par la manière qu’il a su mobiliser les organisations sous-régionales et la communauté internationale. Le terrorisme est à son avis « un cancer » dont les métastases touchent tous les pays. Pour elle, ce fléau « cherche son nid dans toutes les brèches de notre société ». D’où la nécessité d’attaquer le mal par la racine, en redonnant espoir à la jeunesse.

La secrétaire générale de l’Oif a aussi abordé le chapitre de la coopération économique, évoquant des chantiers dans lesquels elle s’investit au Cameroun, promettant l’appui de son organisation sur des projets nationaux ou sous-régionaux.

MONDA BAKOA

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