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Complexe d’Africains : jeunes de la diaspora, n’ayez pas honte de votre accent!

Développement-de-lAfrique

La honte est une émotion. Elle peut être liée à des complexes, mais aussi à des réalités socio-culturelles, ou politiques. Mais la honte est assez unique en ce sens qu’elle peut ne pas s’exprimer, suivant la personnalité de l’intéressé, son caractère, ou encore en fonction de la manière dont il perçoit le regard des autres.

La honte peut aussi être causée par un sentiment d’infériorité ou de classement. C’est ce côté qui nous intéresse dans le présent sujet : la honte qu’éprouve certains africains par rapport à ce qu’ils sont, ou ce qu’ils représentent. La honte qu’ils ont en parlant avec leur accent. Oui, l’africain peut changer d’accent à tout va.

Tenez-le pour dit : il ne s’agit pas de critiquer cet accent qu’a un enfant africain né à l’étranger, donc imprégné dans une autre culture dans laquelle il a grandit. Il ne s’agit pas non plus de critiquer un accent qu’on prend, sans le vouloir, ou peut-être pour se faire comprendre plus facilement dans des discussions avec des personnes d’un autre pays. Il ne s’agit pour finir pas de valoriser un accent par rapport à un autre. Non. Il s’agit de comprendre d’où vient la honte qu’éprouvent certains africains à parler comme au pays, quand ils vivent à l’étranger. Cet effort qu’ils font pour faire oublier leur identité à d’autres, mais surtout, le plus grave, à eux-même.

D’où vient l’accent?

Il est important de préciser une chose. Tout le monde à un accent. Même en France, les personnes ne parlent pas avec le même accent suivant leur ville d’origine. On a ainsi, plusieurs accents, dont celui de Paris, et celui du Sud. Un accent est lié à une langue maternelle, et un milieu. En Afrique, les ivoiriens ont leur accent quand ils parlent français, les Sénégalais aussi, les Béninois, et j’en passe. En occident, les canadiens ont un accent différent de celui des français. Il est tout à fait normal qu’un accent fasse rire tel ou tel peuple (les français se moquant souvent de l’accent des québécois, les ivoiriens de celui des béninois etc). Mais il n’est pas normal que celui dont on se moque ait honte de son accent. Non il ne faut pas avoir honte. Un accent n’est pas un handicap, même si certains veulent vous le faire croire. L’américain n’a pas honte de parler français comme un américain. Même si il peut travailler à parler comme un français lambda… Mais même dans ce cas, comme quel français pourra t-il parler? Celui de Paris, ou celui de Marseille?

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Comment l’Africain se moque de lui-même

Combien de fois n’a t-on pas entendu un africain traiter un autre deblédard? Ce terme péjoratif qui désigne soit celui qui vient du bled, du pays, et qui s’habille constamment en tenue traditionnelle, ou celui qui parle avec un fort accent de son pays? Nombre de ses africains qui insultent ont, ironie du sort, des parents qui ont un accent. Allez-y comprendre quelque chose. Ce goût prononcé de l’africain à l’autodérision, que dis-je à l’auto humiliation, remonte à bien longtemps. C’est le complexe qu’a celui-là, qui se sentant préféré par son chef, veut forcément ridiculiser  l’autre qui ne l’est pas. C’est le complexe qu’avait le noir chargé de surveiller ses frères dans la plantation. Cette envie de vouloir dénigrer son compère pour monter dans l’estime de son patron.

Non, un africain ne peut pas ridiculiser son frère à cause de son accent. C’est débile et puérile. Mais surtout, non, toi l’africain bon teint tu ne peux pas avoir honte de ton accent. Tu peux avoir à changer ton accent dans une discussion pour éviter les « pardon? Je n’ai pas bien compris ce que vous voulez dire », tu peux avoir un autre accent parce que tu es né ailleurs, tu peux avoir un autre accent parce que tu as vécu trop longtemps ailleurs, mais tu n’as ni le droit de te moquer de l’accent d’un autre africain, et le devoir de ne pas avoir honte de ton accent. Pourquoi? Car c’est en s’aimant qu’on se fait aimer des autres…

« Complexe d’Africains » est un regard sur les complexes qu’ont les africains et leurs descendants quelque soit l’endroit où ils se trouvent. Nous proposons ici aux africains de réapprendre à s’aimer envers et contre tout. Parce qu’il n’ya pas de honte à être africain, ni noir. 

Arsène Essenam via lanouvelletribune

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