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Comment vivent les anciens ministres ?

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Après de longues années à occuper des postes ministériels, plusieurs anciens membres du gouvernement ont du mal à s’accoutumer à leur nouvelle vie. D’autres pourtant se reconvertissent plus facilement. Plus de voiture de service, plus de garde du corps.

Le quotidien redevient «normal» pour les exclus du réaménagement gouvernemental du 2 octobre 2015. Si pour certains cette nouvelle vie est difficile à appréhender du fait de la nostalgie ou des regards de la société, pour d’autres par contre, la réintégration au sein de la société se fait sans véritable heurts. Dans son édition n°4004 du lundi 19 octobre 2015, le quotidien Mutations plonge dans la vie des ex-membres du gouvernement après leurs hautes fonctions, et indique que ces derniers connaissent des fortunes diverses.

Au lendemain du dernier réaménagement gouvernemental, Ama Tutu Muna ancienne Ministre des  Arts et de la Culture (Minac) a reçu toute la journée à son domicile situé près de l’hôtel de ville, famille et amis, à en croire l’un de ses garçons de course posté devant son portail. Entre temps ces autres collègues d’infortune (Pierre Moukoko Mbonjo, Robert Nkilli et Catherine Bakang Mbock) sont préoccupés par les activités de leur parti politique, le Rdpc.

Beaucoup se sont reconvertis dans la littérature. Le cas de Joseph Owona en dit long. Après avoir occupé différents postes ministériels, sans discontinuer, entre 1982 et 2004, soit 21 ans, l’agrégé a repris la craie dans les amplis de l’université de Yaoundé II-Soa à sa sortie du gouvernement. Avant sa nomination à la présidence du Comité de normalisation de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), Joseph Owona a fait paraître aux Editions L’Harmattan des livres. Entre autres «La décentralisation camerounaise»,  «Droit de la Fonction publique camerounaise», «Droit international humanitaire», «Droits constitutionnels et institutions politiques du monde», «Le contentieux administratif de la République du Cameroun».

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D’autres ministres qui ont choisi pour occupation la littérature sont Bernard Messengue Avom, ancien Ministre des Travaux publics, Ebenezer Njoh-Mouellé, ancien Ministre de la Communication, et DavidAbouem à Tchoyi, ancien Ministre des Finances et chargé des missions à la présidence de la République (Prc). Ce dernier a publié en 2013 un livre intitulé «50 ans de réforme de l’Etat au Cameroun». En dehors de ces activités livresques, le Ministre Abouem à Tchoyi vit de ses consultations, indique Mutations.

Dans les colonnes du journal, l’on apprend que l’ancien Ministre des Sports et de l’Education physique (Minsep), Augustin Thierry Edjoa,  est quant à lui souvent consulté pour la correction de certaines œuvres. Mais, il reconnait tout de même qu’il est difficile de rester à la maison alors qu’on était habitué à sortir quotidiennement et très tôt. Son successeur au Minsep, Michel Zoah, passe, pour sa part, les jours de la semaine dans son village Nkolmewouth, dans l’arrondissement de Mbankomo, département de la Mefou et Akono, confie l’un de ses proches.

Par contre, beaucoup d’anciens ministres ont disparu de la circulation. Parfois enfermé dans leur maison et occupations pas toujours connues. D’autres ont rebondi après leur limogeage, soit au Sénat, à Elecam, à la Communauté urbaine de Yaoundé, ou comme président de Conseil d’administration (Pca) d’une entreprise publique ou parapublique.

Certains ministres, à l’instar de Titus Edzoa, Marafa Hamidou Yaya, Jean Marie Atangana Mebara etUrbain Olanguena Awono ont été happés par l’Epervier, dans le cadre de la lutte contre les atteintes à la fortune publique. Selon Mutations, il est fort possible que des Ministres mis sur la touche le 2 octobre dernier connaissent le même sort dans les tous prochains jours.

Onana N. Aaron

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