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Comment amener les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales ?

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On reparle des inscriptions sur les listes électorales après une année électorale riche. Les élections sénatoriales, l’introduction de la biométrie, la gestion de l’ensemble des opérations électorales par Elections Cameroon (Elecam) ont en effet marqué l’agenda politique en 2013. L’organisme indépendant chargé de l’organisation, de la gestion et de la supervision de l’ensemble du processus électoral et référendaire a séduit et malgré les balbutiements de cette première expérience , le fichier électoral consolidé affiche 5 446 061 électeurs. Ce chiffre n’intègre pas les électeurs qui s’inscrivent depuis le 02 janvier dernier, date de la reprise des inscriptions. Seule différence, cette fois, on parle de révision des listes électorales. L’opération, à première vue, paraît sans intérêt, aucune élection ne pointant à l’horizon.

 Il reste cependant que selon l’esprit de la loi, les listes électorales sont permanentes. Elles font l’objet d’une révision annuelle sur l’ensemble du territoire national. Cette révision annuelle des listes électorales, convient-il de le préciser, commence le 1er janvier et s’achève le 31 août de chaque année. On comprend donc par conséquent le regain d’activité observé en ce moment dans les antennes communales d’Elecam à travers le pays. Le constat des premiers jours est celui de la timidité. Mais ceci ne devrait pas amener à tirer des conclusions hâtives sur l’enjeu de l’opération. Si pour le moment, le fichier électoral est riche de 5 446 061 électeurs, il est vrai que depuis l’arrêt des opérations en 2013, nombre de jeunes ont atteint 20 ans, la majorité électorale au Cameroun. D’après les statistiques Bureau central des recherches et des études de la population (Bucrep), la population de 20 à 39 ans est estimée à 6 080 360 millions au Cameroun, soit un pourcentage de 28,75%. Il est donc clair qu’Elections Cameroon a de la matière.

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Seulement les habitudes trahissent une certaine distance des jeunes vis-à-vis de la chose politique. Au Cameroun, lorsqu’ils ne considèrent pas que c’est l’affaire des autres, nombre de jeunes pensent que la politique est un perd temps. Conséquence, l’inscription sur les listes électorales en période d’élection ou dans le cadre d’une révision, comme c’est le cas en ce moment, draine rarement les foules. Comment dès lors conquérir cet électorat flottant lorsqu’il n’est pas hostile ? Partis politiques, société civile et Elections Cameroon ont chacun, sa recette. Chaque acteur du processus électoral y va avec sa stratégie. Le résultat est cependant le même. Les jeunes Camerounais font difficilement le distinguo entre leur devoir civique et leurs convictions politiques.  Pour justifier une telle attitude, ils énumèrent pêle-mêle, le chômage, la mauvaise foi des hommes politiques et la non prise en compte éventuelle de leur choix.

Du côté d’Elections Cameroon, on ne baisse cependant pas les bras. Des tranches d’antennes dans les médias sont mises à contribution pour une meilleure sensibilisation des jeunes. La société civile utilise les associations, les marchés et les églises pour attirer les jeunes vers listes électorales. Mais pour les universitaires, ce manque d’intérêt des jeunes pourrait être corrigé par les médias, l’école et la famille. Et dans bien des familles camerounaises, on sait que s’engager en politique est parfois synonyme de condamnation à mort. Dans certains cas, c’est la dernière volonté du chef de famille à son clan. Une telle culture, ajoutée à la propension des médias à diffuser des séries à l’eau de rose, a également sa responsabilité dans le peu d’intérêt des jeunes pour la chose politique, ainsi que l’explique dans ce dossier le Pr. Manassé Aboya Endong. La promotion des valeurs républicaines au lieu des critiques récurrentes sur les hommes politiques pourrait inverser la tendance et attirer plus tard les jeunes en politique, soutient cet universitaire.

Au-delà des arguments des uns et des autres, les jeunes gagneraient à vivre leur propre expérience sur ce terrain glissant de la politique. Histoire de se forger une opinion pour prendre la bonne décision sur la gestion des affaires de la cité. Dans le cas contraire, ils risquent d’être condamnés à subir encore la dictature de ceux qui acceptent de prendre des coups. La politique n’étant pas un jeu.

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