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CNI : Mbarga Nguélé jette des centaines de photographes dans la rue

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Suite à un communiqué radio signé le 24 décembre 2015, le personnel civil, en charge de la photographie et des petites activités agréées dans les postes d’identification créés dans les différents commissariats de police est dans le désœuvrement et l’incertitude.

Angèle Assako. La quarantaine entamée. Après un baccalauréat obtenu de haute lutte ; un séjour éphémère à la faculté des arts et des lettres de l’Université de Yaoundé I, la brave étudiante fait le choix de la photographie, pour s’insérer dans la vie active.

Elle passe deux années de formation et d’apprentissage à se perfectionner dans cette voie. Cela fait une quinze d’années qu’elle mène cette activité dans les points de fabrication des titres de sécurité : les cartes nationales d’identité, les cartes de séjour. Grâce à la photographie, elle parvient à nourrir sa famille et à envoyer ses enfants à l’école. Alors que le travail reprenait hier pour tout le monde après la fête du nouvel an, suivie du week-end, Angèle Assako, n’a pas pu reprendre son travail. Peut-être, que c’est l’entame de la misère et du chemin de croix. Pendant l’entre-deux fêtes, une rumeur a circulé ; celle indiquant la fin de l’activité de la photographie exercée par le personnel civil dans les postes d’identification. « De bouche à oreille, on a entendu que le délégué général à la Sûreté nationale c a m e r . b e, était en train de prendre des mesures pour nous chasser » lance-t-elle ; le visage buriné. Un tour d’horizon dans les différents commissariats de police où, s’exercent les activités d’identification, confirme l’absence des photographes. Le ressentiment, le mécontentement général… est perceptible. Difficile de décrire ou de trouver des qualificatifs à l’atmosphère observée depuis hier dans les postes d’identification créés dans les commissariats de police. Les collaborateurs du délégué général à la Sûreté nationale, en service dans son cabinet que nous avons joints au téléphone nous ont de manière expéditive, envoyé à la cellule de communication. « Le délégué est occupé en ce moment. Nous lui rendrons compte de votre appel. Nous vous conseillons de voir avec le chef de la cellule de communication de la Dgsn » lance l’un des plus proches collaborateurs de Martin Mbarga Nguélé. Approchée, la cellule de communication, nous a renvoyé sur le communiqué du délégué général à la Sûreté nationale, y afférent et signé du 24 décembre 2015. «Le délégué générale à la Sureté nationale, porte à la connaissance du public qu’à compter du 1er janvier 2016 et jusqu’à nouvel avis, les demandeurs des cartes nationales d’identité, des cartes de séjour et de résident, doivent, en plus des pièces exigibles, fournir quatre demi-photographies au format 4×4 en couleurs sur fond blanc, en vue de leur enrôlement dans les postes d’identification » écrit Martin Mbarga Nguélé.

L’entrée en scène de Gemalto

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Dans son communiqué -radio, le Dgsn n’ayant pas de manière explicite indiqué la fin de l’activité photographique au sein des postes d’identification, ceux qui exerçaient dans cette activité étaient loin de penser à la vitesse d’exécution de cette mesure qui a pris effet depuis hier. « Nous avons passé les fêtes de fin d’année dans un stress permanant ; fait grave, le nouvel an commence très mal pour nous, avec la perte de nos emplois. Le Dgsn aurait du, nous donner un moratoire ; le temps pour nous d’un redéploiement ailleurs. C’est le péril dans nos familles. Le Dgsn rame-t-il à contre courant du président de la République ? Dans son adresse, Paul Biya a magnifié les emplois octroyés aux Camerounais. Moins d’une semaine après son adresse à la nation, s’il pouvait voir comment des Camerounais perdent leur emplois » lance un photographe. Selon certaines indiscrétions, Martin Mbarga Nguélé prépare le terrain au prochain opérateur dans les titres de sécurité qui n’est autre que l’entreprise française, Gemalto. Jugée incapable d’assurer la bonne sécurité de l’identité camerounaise, l’entreprise avait vu son contrat être rompu. Après des gorges chaudes et les batailles de tiroirs, Gemalto, l’un des sept prestataires en lice, avait devancé ses concurrents. En date du 31 juillet 2015, le nouveau partenaire français, représenté par son directeur exécutif, Frederick Trodjani, signait avec l’Etat du Cameroun, le contrat relatif à la fourniture et à la mise en service du système de production des titres sécuritaire ».

Des sources proches de la Dgsn, l’on affirme que le nouvel opérateur qui s’engage à l’attribution d’un N° unique à partir de la 1ère identification, à l’effet de mieux sécuriser la nationalité camerounaise, aurait pesé de tout son poids dans la chasse aux photographes agréés dans les postes d’identification. Malgré les conséquences graves en termes de pertes des emplois et des activités de survie. Mais la question des emplois est balayée par les collaborateurs de Martin Mbarga Nguélé. Ils parlent de l’option de la compensation et de l’égalité de chances pour tous dans les prises de photos. A les croire, il y a allégement de la peine et la suppression d’une étape fondamentale dans le processus. « Il n’y aura plus de rangs dans le service photographique. Chaque usager en venant devrait se prémunir de quatre demi-photographies au format 4×4, préalablement faites dans n’importe quel laboratoire photo. Le phénomène de compensation est tel que les emplois perdus en interne, sont gagnés en externe. Les vendeurs de photos à la criée et les laboratoires de rue, vont connaître un extraordinaire nouvel engouement » explique un proche de Martin Mbarga Nguélé. En attendant le démarrage des activités par Gemalto. Il reste à expliquer ce qui sera fait du matériel et autres investissements actuellement parqués dans les commissariats : dissiper les malentendus et les nombreuses curiosités suspectes de ceux qui affirment que le Dgsn, a ouvert la chasse aux sorcières.

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