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#CM2014: La Fifa en colère, le Brésil en retard dans les grands chantiers

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Va-t-il y avoir retard à l’allumage ? Les grands travaux, qu’il s’agisse des stades, des nouveaux terminaux d’aéroports ou du réseau internet insuffisamment puissant, tardent à être livrés, tandis que l’échéance de cet évènement planétaire approche à grands pas. Une situation que la Fifa n’apprécie guère.Plus que quatre mois et le Brésil va accueillir la plus grande fête planétaire du football. Le cœur du monde vibrera en Amérique du Sud, notamment à Rio de Janeiro et ses plages sablonneuses, à Brasilia et sa chaleur humaine à laquelle personne ne résiste mais aussi dans les stades où vont se disputer les différents matches tels Belo Horizonte, Cuiaba, Curitiba, Fortaleza, Manaus, Natal, Porto Alegre, Recife, Salvador, Sao Paulo… Mais pour l’heure, le Comité technique d’organisation a perdu le sommeil puisqu’il y a de fortes chances que les travaux de construction et de rénovation de ces gros œuvres ne soient bouclés dans les délais. 3,7 milliards de dollars est le coût estimé à ce jour des constructions des stades pour le Mondial 2014. Un budget opérationnel en hausse de 27% par rapport à ses prévisions initiales. Le constat aujourd’hui est des plus désolants.

Tenez, La ville de Curitiba, dans le sud du Brésil, est dans le collimateur de la Fédération internationale de football association (Fifa) qui a piqué une colère noire en apprenant que le chantier est à la traîne. « Nous ne pouvons pas organiser des matchs sans stade. C’est une situation d’urgence (…) Nous espérons que les conversations que nous avons eus avec le gouvernement de l’Etat et la mairie de Curituba donneront des résultats, afin que la ville ne se retrouve pas exclue », a tempêté Jérôme Valcke lors de la récente mission d’inspection qu’il a effectué en début janvier au pays du Roi Pelé. En effet, des douze villes hôtes du Mondial, Curituba est certainement la plus en retard. La ville doit notamment accueillir quatre matchs de la phase de poules dans quelques mois et notamment l’Espagne, championne du monde en titre. L’instance faîtière du football mondial a indiqué qu’elle espérait voir du changement lors de sa prochaine visite, prévue le 18 février prochain. « Ce n’est pas que nous voulons voir le stade prêt le 18 février, mais nous voulons voir des progrès. Non seulement le stade est très en retard, mais il échappe à tout bon chronogramme de remise à la Fifa», s’est inquiété le Secrétaire général.

Chantier de rénovation

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Ce stade doit être inauguré au plus tard le 15 avril. Il devait à l’origine être prêt fin 2013. En cause notamment, l’effondrement d’une structure métallique qui a coûté la vie à deux ouvriers fin novembre dernier. Partout dans le pays, les retards s’accumulent. Hormis le stade de Sao Paulo, cinq autres sur les douze qui accueilleront des rencontres ne sont pas encore terminés. Autre mauvaise et dernière nouvelle en date pour les autorités : l’arrêt du chantier de rénovation de l’aéroport de Manaus, en Amazonie. Par ailleurs, la justice vient de bloquer un autre chantier de la Coupe du monde dans cette ville, celui d’un centre d’entraînement, en raison du non respect des conditions de travail.

Or à seulement quatre mois du Mondial, il faut aller vite, très vite, pour respecter les délais. L’enjeu est majeur : plus de 600 000 supporters étrangers et quelque trois millions de Brésiliens vont se déplacer par avion dans tout le pays. Pour faire face à la demande, près de 2 000 vols ont été ajoutés durant cette période. Mais cela risque de se transformer en cauchemar logistique dans les aéroports, déjà bondés et dont les terminaux ne sont pas prévus pour voir transiter autant de passagers. Devant une telle situation, les amateurs de football ne se découragent pas. Ils sont plus de 10 millions à avoir demandé un ticket pour la Coupe du monde, selon la Fifa. Si ce n’est qu’ils pourraient bien se retrouver sans téléphone portable ou du moins sans réseau téléphonique.

Stade de Maracana

C’était à la Une du quotidien brésilien O Globo mardi 21 janvier dernier. A en croire nos confrères de Radio France international (Rfi), les spécialistes prévoient une augmentation de plus de 65% du trafic mobile, internet compris. Et il est bien à craindre que le réseau existant ne suffise pas. Une infrastructure supplémentaire a ainsi été mise en place autour du stade de Maracana, à Rio de Janeiro, l’équivalent de celle d’une ville de 100 000 habitants. Mais dans le reste du pays, sollicité par les tablettes électroniques et les smartphones, le réseau Internet mobile pourrait bien ne pas tenir le coup et flancher régulièrement. Les réseaux téléphoniques brésiliens sont déjà surchargés, victimes du sous-investissement. Les cinq opérateurs nationaux sont en train d’investir un peu moins de 80 millions d’euros (520 milliards Fcfa) en urgence. Mais passer un appel depuis un stade, ou se connecter à ses mails en 3G, pour envoyer une photo de la plage de Copacabana risque de se transformer en mission impossible. Vivement que tout s’arrange.


Christian TCHAPMI

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