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Chez Amadou Ali… Ambiance de fête après la libération de «la mère»

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Après l’annonce, samedi 11 octobre 2014, de la libération de l’épouse du vice-premier ministre Amadou Ali, en compagnie de 26 autres otages, les portes de la résidence du quartier bastos à Yaoundé sont restées grande ouvertes tout le weekend.

Une petite rue calme, comme savent l’être les allées de ce quartier résidentiel où sont construites ambassades et autres organisations internationales, mais aussi  ou réside la grande majorité du gratin politique de Yaoundé. « Allez tout droit, vous ne pouvez pas manquez la maison du ministre Amadou Ali, il y’a du monde et des voitures à l’entrée», s’entend répondre le reporter qui demande sa route à un passant. La rue en enfilade laisse apercevoir des deux côtés, un alignement de villas, les unes cossues, les autres un peu moins. En contrebas de la route, les maisons sont moins visibles. Pas celle du vice-premier ministre, ministre délégué à la présidence, chargé des Relations avec les Assemblées, qui dresse sa masse ocre et blanche vers le ciel.

Le portail est grand ouvert. Deux soldats, armes au poing, veillent nonchalamment. Plusieurs voitures sont garées des deux côtés de la rue étroite et une dizaine de personnes dévisent sur des bancs que les vigiles ont gracieusement mis à leur disposition. Le va-et-vient est incessant dans la résidence. Des groupes de femmes, vêtues à la façon  musulmane, sortent et entrent dans la résidence. La joie et le soulagement se lisent sur les Visages. On s’interpelle gaiement et on se taquine. Dans la petite cour intérieure, un groupe de femmes discutent sur des nattes étalées à même le gazon. A l’extérieur, les hommes, assis à l’ombre sous le soleil de plomb de ce début d’après-midi. Tous ou presque sont des collaborateurs du ministre et certains sont des rescapés de l’attaque de Kolofata, fin juillet, qui avait vu la mort et le rapt de plusieurs membres de la famille d’Amadou Ali née Moukouri, dont son épouse Agnès Ali. Beaucoup se souviennent de cette attaque violente et livrent des détails jusqu’ici méconnus du grand public. Aujourd’hui, c’est le soulagement, la joie, le pire est passé et des proches sont de retour. On peut donc affirmer que tout est bien qui finit bien !

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«Où est la mère ? »

Le maître de céans n’est pas encore arrivé, nous fait comprendre un résident. « Ils sont à l’hôpital», ajoute-t-il. Ici, on suit de près l’actualité de l’arrivée des ex-otages. Aussi nous append-on, l’avion ayant à son bord les ex-otages est arrivé à 10 heures à l’aéroport de Nsimalen, puis tous ont été conduits à l’hôpital central de Yaoundé pour des examens médicaux. Les Chinois ont été les premiers à sortir du centre hospitalier et conduits directement dans leur ambassade qui se trouve non loin du domicile d’Amadou Ali. Toute la maisonnée attend avec impatience le retour de «la mère». Ils ne sont pas les seuls d’ailleurs, de nombreux hauts responsables de l’Etat arrivent et s’enquièrent de la situation. Le secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Santé, Alim Hayatou, le secrétaire général du ministère de la Justice et certains représentants de missions diplomatiques viennent et repartent en l’absence du patron des lieux. Yaouba Abdoulaye, ministre délégué auprès du ministre de l’Economie sera l’un des rares à attendre le retour de monsieur et madame Ali.

Il est 14 heures passé d’une quinzaine de minutes quand une sirène retentit au loin. Quelques minutes plus tard, un motard de la police nationale vient se garer devant le portait de la villa, il est précédé d’un 4×4 noir qui s’engouffre dans la résidence. Le ministre Amadou Ali en descend, en compagnie de Charles Loïc, ancien animateur à la Crtv et actuellement personne ressource de l’ambassade de Chine au Cameroun. Le vice-Pm ministre apparaît le visage rayonnant. Quelques poignées de mains, deux brèves consultations puis il entre dans l’un des salons de la maison où l’attendent ses visiteurs. C’est alors seulement que des interrogations inquiètes fusent : où est la mère? Pourquoi il n’est pas avec la mère? Des petits groupes qui se forment spontanément, l’on apprendra que l’épouse du vice-premier ministre est encore à l’hôpital. Malgré l’insistance des journalistes présents, le majordome fera comprendre que le ministre Amadou Ali ne souhaite pas s’exprimer, laissant le soin au ministre de la Communication de le faire. Hier en milieu d’après-midi, un employé de la maison nous confirmait que «la mère n’est pas encore rentrée».

Ludovic Amara (Stagiaire)

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