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Charlotte Dipanda, la belle voix envoutante a la conquete de Yaoundé

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De passage à Yaoundé le samedi 11 avril dernier pour un concert au palais polyvalent des sports de Yaoundé (Paposy) dans le cadre de sa tournée baptisée « Massa Tour », la belle chanteuse camerounaise n’en finit plus de conquérir les foules, les cœurs, les âmes aussi. Et le public le lui rend bien.

Un corps bien fait

Prenons le risque de dire les choses telles qu’elles sont, si c’en est un, en disant à haute voix, ce que beaucoup chuchotent ou murmurent à défaut de simplement fantasmer. Charlotte Dipanda, artiste pourvues de formes généreuses, est à l’évidence une femme calme, posée, secrète ou réservée. Difficile de la trouver au cœur des combats de coq que se livrent depuis des années déjà, le Ministère de la culture et des loisirs (Minac) et les artistes rassemblés derrière Sam Mbende de la CMC (Cameroon Music Corporation), Romeo Dika du SYCAMU (Syndicat Camerounais de la Musique), Raymond Tchengang du SYNAPROM (Syndicat Camerounais des Promoteurs de la Musique) ou encore dieu sait qui à la tête de la SOCAM (Société Camerounaise de l’Art Musical).

Ce n’est pourtant pas faute de n’avoir pas son mot à dire. Au contraire car, ses yeux d’un blanc à la limite pur, son regard profond, sa frimousse presque naïve, sa bouche suave, sa poitrine voluptueuse, son teint incroyablement homogène et par-dessus tout sa marque de fabrique… cette voix sublime et douceâtre qui se reconnaît tout de suite parmi des milliers d’autres ; tout cela pourrait calmer les ardeurs d’un homme normalement constitué.

La diva Charlotte Dipanda a pourtant opté pour la simplicité, qui caractérise d’ailleurs toutes ses apparitions publiques, au-delà de quelques séances de maquillage, d’ailleurs discrètes, lorsqu’il s’agit de poser pour agrémenter son site web www.charlottedipanda.com. En résumé ; sans que cela frise la vulgarité, Charlotte Dipanda à tout ce qu’il faut, là ou il faut. C’est tout à faire le genre de femme que rêverait d’avoir à ses côtés un homme, sur un plan purement visuel, palpable, charnel.

Une tête bien pleine

Mais il serait réducteur de se contenter de regarder le doigt qui pointe la lune et non la lune elle-même lorsque l’on parle de Charlotte Dipanda. Avec Massa, le tout dernier album sorti le 05 février 2015 soit 03 ans après le second baptisé Dube L’am (14 titres) et Mispa le premier album (10 titres) sorti en 2008, l’on est tenté de dire que Charlotte Dipanda s’est considérablement améliorée, qu’elle a fait un grand bond dans cet art qu’elle a su s’approprier avec l’aide des membre de Team Dragon, son orchestre. Mais ce serait se tromper, car en effet, depuis le début, la belle à la voix dormante a su dompter la musique autant que les fans, et s’imposer depuis le premier album avec un répertoire, des textes, des messages de premier ordre à chaque fois.

Il est des artistes qui n’ont produit toute leur carrière, que des chansons, pas toujours connu du grand public ou des fans qui trop souvent font l’erreur de se focaliser sur le titre phare d’un album ; mais d’une profondeur telle que le temps n’a pas d’effet sur elles. C’est le cas du groupe mythique « les têtes brûlées », des monuments Dina Bell, André Marie Tala, Eko, Marthe zambo, Sam Mbende et bien d’autres… au rang desquels il faut désormais ajouter, pour la jeune génération, Charlote Dipanda.

Suave, sensuelle, douce sont quelques-uns des mots qui viennent immédiatement à l’esprit lorsque l’on évoque la voix enchanteresse de Charlote Dipanda, qui se faufile dans les tympans au rythme d’un brise-glace dans l’arctique. Normal que lors de ses concerts, arrive un moment où les émotions sont si intense que se sent pousser des ailes qui nous transporte l’instant d’une soirée, loin d’un pays qui marche sur la tête et pense avec tout ce qui se trouve en dessous de la ceinture. Mais pour cela il faudrait qu’on ne soit pas déjà assoupi ou que l’on n’ait pas écrasé une larme comme ces milliers de camerounais venus nombreux communié avec l’artiste au palais des sports samedi 11 avril dernier à Yaoundé. Pour reprendre un fan qui n’y comprenait rien, mais qui a débordé d’émotions « On n’a pas besoin de théoriser ça. Tendez l’oreille et écoutez ! ».

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Un autre fan, mère au foyer, dira de Charlotte Dipanda avant d’entrer dans l’immense salle de 5 000 places assise du Paposy « elle a une voix suave, elle a une voix sensuelle et elle à une voix qui fait rêver… je suis éblouie ». 

Un public bien plein

Le charme de la musique, le même d’ailleurs que celui de l’art en général, c’est assurément ce langage universel, ce code contenu dans les œuvres de l’esprit et que seuls peuvent comprendre nos sens. Comment expliquer autrement que l’Homo sapiens soit submergé d’émotions les plus intenses, devant une toile, en lisant un bouquin, en touchant une sculpture, au contact d’une photo ou comme au palais des sports samedi dernier, en écoutant sortir de la bouche d’une star, porté par une voix dormante, des mots qui dans bien des cas peuvent n’avoir aucune signification pour nous ? Avant le début du concert, Charlotte Dipanda dira à la presse « il y a toujours une appréhension. Vu comment ça s’est passé à Douala, je pense que ça va bien se passe à Yaoundé aussi ». Des paroles qui se sont révélé êtres prophétiques. Aucun des titres interprété par Charlotte Dipanda au Paposy n’a laissé indifférent le public venu très nombreux.

Au-delà de la diffusion en exclusivité du vidéogramme du titre « Ndolo Butake » dans lequel la diva voue un culte à l’amour, le concert de Charlotte Dipanda aura été du début à la fin, un véritable régal. D’abord pour la main tendue aux jeunes artistes Papy Amza, Rose Erta et Lab’l qui ont chauffé la scène dès 20h. S’en est suivi dès 21h, après une entrée sur scène digne d’une star mondialement connue, du passage en revue des chansons « Ndando », « Na si sengui bobe », « Longuè », « Cathy » ou encore « Coucou » qui aura fait pleurer l’artiste (un geste presque prévisible) si bien qu’elle est restée aphone un bon moment pendant que le public aidé par Team Dragon son orchestre lui prêtait sa voix en chœur. Elle appellera cela « des larmes de bonheur, de plaisir et surtout de reconnaissance ».

Le sommet du spectacle sera atteint avec le morceau marquant un point final à ce moment plein d’émotions, à savoir le titre à succès « Elle ne l’a pas vu ». Le public satisfait en a eu pour son argent. Que dire de ces spectateurs qui ont abandonné le temps d’une soirée leurs attributs ou oripeaux pour redevenir plus humain, à l’instar du ministre de la communication Issa Tchiroma Bakary qui dira «  Non seulement j’ai chanté, elle m’a donné l’opportunité d’ériger l’esprit, nous avons vraiment chaviré de bonheur. Je lui ai dit tout à l’heure en lui serrant les mains et en l’embrassant que l’éternel l’accompagne. Elle est consciente de ce qu’elle doit tirer vers le haut tout ceux pour qui elle est un modèle, un espoir ».

Ses homologues également présents ne seront pas avares en commentaires. Ainsi, le ministre des travaux publics (Mintp) Patrice AMba Salla sera « ébloui parce que je l’ai vu commencer et être au niveau de carrière où elle est ça fait plaisir, ça tranche aussi avec les lieux communs qu’on a dans notre musique ici et ça nous donne de l’espoir. Demain n’est pas si sombre qu’on le pense ». Le ministre des mines et de l’énergie (Minee) Basile Atangana Kouna quant à lui aura été « tellement impressionné ! Elle est vraiment très, très douée. Vous avez vu tout le public était satisfait. Elle était très émue et ça nous as tous touché ».

Eh oui ! Touché. Marqué. Affecté. Voilà ce que l’on ressent lorsque l’on a le privilège de se laisser bercer par les mélodies de l’artiste Charlotte Dipanda, la belle à la voix dormante. Difficile de ne pas apprécier l’harmonie et la symbiose qui règne de prime abord entre Charlotte Dipanda et Team Dragon. Cet orchestre, véritable symbole de la diversité et du concept de village planétaire, est composé de membres issus de tous les coins du monde entier. Du Capverdien “Nando” (Fernando Andrade) qui a longtemps travaillé aux côtés de la diva Cesaria Evora, aux guitaristes Hervé Samb (Sénégalais) et Olivier Tshimanga, Congolais en passant par le brésilien Zé Luis Nascimento ; tous les collaborateurs de Charlotte Dipanda maîtrisent avec maestria les instruments qui semblent n’avoir été conçus que pour eux. Idem pour notre compatriote Guy Nsangue, bassiste.

En les écoutant produire les sons et rythmes qu’accompagne de sa voix dormante Charlotte Dipanda, le mot harmonie prend tout son sens. Et c’est tant mieux pour le bonheur des mélomanes.

Patrick Dongo

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