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Charles Ndongo: «La télévision camerounaise refuse de grandir»

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L’icône de la Cameroon radio television revisite le parcours de ce médium au Cameroun et propose des solutions à ses problèmes. La télévision camerounaise a déjà trente ans. C’est l’âge adulte. Un anniversaire qui donne l’occasion à l’icône Charles Ndongo de revisiter le parcours de ce médium, d’analyser son présent et de scruter son avenir.

Le directeur de l’information de l‘antenne télé de la Cameroon radio and television (Crtv) fait un témoignage d’acteur et d’observateur. Il s’exprime dans le dossier du quotidien Mutations paru le 24 mars 2015 et consacré aux 30 ans de la télévision publique. La légende vivante de la télé camerounaise rappelle d’entrée de jeu ses débuts à la défunte Ctv qui lança ses programmes dans le sillage de la naissance du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) vers la fin du mois de mars 1985.  « J’ai vécu ce double événement en tout jeune journaliste fasciné et heureux, trop absorbé par la griserie de ces instants pour penser à autre chose », confie ce diplômé de ce qui s’appelait alors l’Esijy de Yaoundé.

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Il revient sur la « nouvelle relation » qu’entretient dès 1990 la Crtv avec la classe politique. Il rapporte qu’à l’ère de concurrence, la « complaisance » des télés privées vient répondre à « la bienveillance de la Crtv à l’égard du Rdpc ».  Il reconnaît aussi que la fin du monopole du service publique « érode » les audiences de la Crtv. Seulement, pour lui, il y a un arrière dans les sauces que concoctent les télévisions du Cameroun. Charles Ndongo relève entre autres défauts  l’insuffisance de la maîtrise technique et de la langue de travail. Ce qui n’est pas pour toujours satisfaire les téléspectateurs. L’éditorialiste expose des problèmes tels la misère des travailleurs des télés, la précarité de l’environnement de travail.

L’ancien « journaliste du président » parle de ces promoteurs de télévision qui sont accusés  « de se contenter de tirer un profit personnel de leurs parts d’audiences grandissantes et de ne pas traiter leurs ressources humaines à la hauteur de leurs qualifications ». Il en déduit qu’ « il est fort tentant de conclure que la télévision  au Cameroun refuse de grandir ». Il pense enfin qu’au lieu de se  complaire dans la dispute et la rivalité, les télévisions locales devraient « chercher à se donner les moyens d’être plus compétitive vis-à-vis d’une audience générale toujours plus exigeante ».

Robert Ndonkou 

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