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Ce que les Camerounais attendent de Paul Biya en 2016

Intelligence-Paul-Biya-maires-présidentielle- Yayi Boni

Les populations espèrent la prise de mesures fortes concernant l’emploi, le logement, l’accès à l’eau, à l’électricité. Le président Paul Biya s’exprimera, sauf changement, ce jeudi dans un contexte marqué par la lutte contre Boko Haram et la baisse du pouvoir d’achat.

Faut-il encore y croire ? Tous les ans, à la même période, les Camerounais sont écartelés entre espoir et scepticisme, enthousiasme et amertume. Il s’en trouve même qui ont pris le parti de bouder mécaniquement le traditionnel message radiotélévisé du chef de l’État à la nation. Ce 31 décembre, est-ce sera le déclic ? Paul Biya fera-t-il mentir ceux de ses compatriotes qui regardent ailleurs quand il leur parle à la télé ? Le président de la République donnera-t-il à son discours cette magie qui rallume la flamme de l’espoir, rend le rêve à nouveau possible? En un mot comme en mille, Paul Biya se contentera-t-il ce jeudi des mots ou bien apportera-t-il à chacun des maux qui meurtrissent, depuis longtemps, ses compatriotes des solutions précises,

détaillées, réalisables dans un délai bien donné ? Une chose est sûre, les populations sont lassées d’avoir tous les ans à répéter les mêmes attentes. La Météo en a fait l’expérience lors de la réalisation du présent vox pop visant à recueillir les attentes populaires vis-à-vis du prochain message du chef de l’État à la nation. Néanmoins, d’aucuns ont exprimé leur désidérata, même s’ils restent habités par le sentiment que le « président n’écoute plus le peuple depuis longtemps ».

Formation, emploi, financement

Ces préoccupations reviennent sans arrêt dans les propos des Camerounais, surtout ceux âgés entre 18 et 35 ans. « J’ai terminé mes études. Je recherche un emploi. Je ne voudrais pas m’exiler en Guinée Équatoriale ou au Gabon pour trouver du travail comme beaucoup de mes camarades d’université », fait savoir Gaston Datchoua. Certains de ses congénères rencontrés par La Météo espèrent qui une formation « pour avoir plus de chance de s’insérer dans le milieu professionnel », qui une subvention « pour réaliser leur projet d’entreprise ».

Eau, électricité

Du fait des pénuries douloureusement ressenties au quotidien, les Camerounais attendent du président de la République des mesures de nature à mettre fin à ces désagréments, devenus leur lot. «C’est scandaleux qu’un pays comme le Cameroun, truffé de cours d’eau, en soit à accuser un déficit énergétique aussi criant. En 2050, la population aura doublé, ceux qui nous dirigent savent-ils que les ‘’mesurettes’’ d’aujourd’hui seront alors dépassées. Le chef de l’État doit bâtir pour demain », souhaite Henri Lobe, professeur de lycée.

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Logements sociaux

L’accès à un habitat décent figure en tête de liste des préoccupations des gagne-petit. « Mes revenus ne me permettent pas de louer dans une zone constructible. Conséquence, ma famille et moi sommes exposés aux éboulements de terrain, aux morsures des serpents. La nuit, nous dormons la peur au ventre. Où trouver l’argent pour déménager ? », se plaint Lambert Tasse. Ce père de quatre enfants espère que, dans son discours de fin d’année, le chef de l’État, ait une pensée pour les personnes dans sa situation. Lambert Tasse n’est pas seul à caresser cet espoir fou(?).

Pouvoir d’achat

En raison d’une paupérisation galopante, ils sont nombreux à souhaiter l’annonce de mesures allant dans le sens soit de la baisse des prix des denrées sur le marché soit de l’augmentation des revenus des Camerounais.

Lutte contre le terrorisme

Une frange de personnes interrogées par votre journal souhaite que le président de la République garde «le même doigté dans la conduite de la guerre contre Boko Haram». Le résultat du déploiement des forces de défense donne des résultats sur le terrain. Acculée, la secte terroriste a changé de mode opératoire, en optant pour des attaques kamikazes. C’est dire si la peur a désormais changé de côté.

Infrastructures routières

Sur ce volet, les Camerounais approchés estiment qu’il y a encore du chemin à faire. Selon eux, au regard du volumineux budget alloué au ministère des Travaux publics, l’état des routes, ou ce qui en tient lieu, laisse à désirer.

Lutte contre la corruption

Rares sont les discours du chef de l’État qui ne stigmatisent pas la corruption. C’est, en effet, devenu une ritournelle à chaque fin d’année. Malgré l’existence de multiples organismes institutionnels pour dissuader les gestionnaires de crédits publics indélicats, l’opinion note que le phénomène a la peau dure.

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