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Carte nationale d’identité : Le chemin de croix

CNI-Carte nationale-d’identité-nationalité-camerounaise

Depuis quelques mois déjà, les citoyens camerounais éprouvent des difficultés à se faire établir cette pièce. Avoir la Carte nationale d’identité (Cni) est devenu une obligation de tous et de chacun. Cela est sans doute dû à la situation sécuritaire du pays suite aux exactions de la secte terroriste Boko Haram. Pour effectuer un quelconque déplacement, il faut se munir de cette pièce qui atteste qu’on est citoyen camerounais. Pour cela, les uns et les autres se rendent massivement dans les commissariats pour se faire établir une Cni.

A Yaoundé, la situation est perceptible dans plusieurs commissariats de la place. Au commissariat central numéro 1, deux rangs se forment à l’entrée de la salle d’identification dans laquelle se trouvent les inspecteurs commis à cette tâche. Pour les nombreux usagers présents, il est question, soit de chercher à acquérir une carte nationale pour la première fois pour certains ou alors de faire une seconde voire une troisième et plus pour d’autres.

En effet, pour espérer être servi en temps et en heure, il faut se rendre sur les lieux le plutôt possible, de préférence aux premières heures de la matinée. Il faut surtout se munir d’une pièce essentielle, son acte de naissance. Une composition de dossier qui échappe à plusieurs usagers, surtout ceux qui sont à leur première expérience. Certains, aperçus dans les rangs, ont été obligés de dépêcher des proches leur chercher les pièces à fournir, question de ne pas perdre sa place dans le rang. «Je suis venu établir la carte nationale d’identité de mon petit frère car ayant aperçu cette affluence hier en rentrant du travail j’ai moi-même pris les choses en main », déclare Joseph Kouam, fonctionnaire. Pour les anciens c’est-à-dire ceux qui ont déjà fait la carte plus d’une fois, il faut être muni de son acte de naissance et de la photocopie de la précédente carte, chose compliquée pour ceux qui ont égaré les leurs.

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Au commissariat de Nkolndongo, les choses sont plus compliquées. Les heures de réception sont fixées et sont scrupuleusement respectées par les autorités en charge du service d’identification dans cette unité. Cependant, d’aucuns estiment que le service se fait par affinité plutôt que par ordre d’arrivée, comme l’affirme Marlyse Nke, couturière : « Je suis là depuis quatre heures pour faire une autre carte, mais je ne suis pas servie. Pourtant il y a eu des personnes qui sont venues après moi pour la même raison et ont été aussitôt prises en charge ». Outre le manque de suivi observé, l’on peut également s’appesantir sur le difficile accès à cette précieuse pièce. Ce qui permet à certaines personnes de se déplacer pendant plusieurs jours pour le même problème. « Je suis déjà venu ici plus de trois fois juste pour qu’on m’établisse une carte, jusque-là on me renvoie sous prétexte que les papiers cartons à base desquels on fait des récépissés ne sont pas disponibles, pourtant les éléments de la police sont strictes là dessus en matière de contrôle », souligne Ananga Agathe commerçante.

Georges Parfait Owoundi et Désiré Domo

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