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Carburant : Comment atténuer le choc de la hausse des prix?

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Carburant : Comment atténuer le choc de la hausse des prix?. Le gouvernement et les acteurs du secteur des transports ont planché jeudi sur les solutions arrangeant les différentes parties.

Ceux qui ont cru jeudi que la concertation entre les membres du gouvernement et les acteurs du secteur des transports allait essentiellement porter sur un mot d’ordre de grève sont restés sur leur faim au sortir de cinq heures de discussions au ministère des Transports. Robert Nkili, le patron des lieux, qu’accompagnaient ses collègues Luc Magloire Mbarga Atangana du Commerce, Grégoire Owona du Travail et de la Sécurité sociale, Jean-Baptiste Bokam du Secrétariat d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie nationale, et le délégué général à la Sûreté nationale, Martin Mbarga Nguelé, étaient surtout là pour sensibiliser ces partenaires sociaux du gouvernement. Une sensibilisation contre d’éventuels débordements en rapport avec le réajustement, depuis le 30 juin dernier, des prix du super, du gasoil et du gaz domestique. Mais tout y est passé.

La sensibilisation sur la hausse des prix du Carburant

Tous les membres du gouvernement et leurs représentants présents ont rappelé aux uns et aux autres que la hausse des prix du carburant était inévitable et qu’il ne sert à rien de se lancer dans le désordre. « Le chef de l’Etat a décidé d’aller progressivement et nous devons discuter de bonne foi parce que nous voulons que les problèmes qui peuvent exister soient réglés », a lancé Grégoire Owona d’entrée de jeu. Et Martin Mbarga Nguelé de rappeler que « la paix n’a pas de prix ». Selon lui, pour qu’il y ait les routes, les hôpitaux, les écoles que tout le monde réclame, il faut bien que chacun participe à leur construction.

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Les mesures d’accompagnement complémentaires

En décidant de la hausse des prix, le gouvernement a pris certaines mesures pour atténuer les nouvelles charges qui pourraient en découler. Mais pour les acteurs du transport, elles ne sont pas suffisantes. C’est pourquoi une multitude de propositions ont été faites hier. Il s’agit entre autres de l’application effective de la réduction de certaines taxes telles qu’indiqué dans le communiqué du 30 juin. En effet, certains transporteurs affirment que jusqu’à mercredi dernier, ils ont payé leur impôt libératoire et taxe sur l’essieu sans aucune modification. « Aux impôts, on m’a répondu que le ministre des Finances n’avait pas encore signé un texte alors que le communiqué a précisé que les mesures prenaient effet dès le 1er juillet », a affirmé un syndicaliste. Les transporteurs souhaitent également l’augmentation des tarifs du taxi : 250 ou 300 le jour et 300 ou 450 F la nuit, pour permettre aux chauffeurs, non propriétaires de véhicules, de s’en sortir. La suppression de la taxe à l’essieu a également été évoquée, pour favoriser les transporteurs inter-urbains qui se sentent lésés. Les chauffeurs de taxi souhaitent également que les recettes à verser au propriétaire soient revues à la baisse, dans la mesure où c’est eux qui supportent la charge du carburant.

Pour discuter de toutes ces questions en profondeur, d’autres concertations ont été programmées. Notamment avec le ministre du Commerce, lundi prochain, le Sed mardi et le ministre du Travail plus tard.

Les grèves

Si un seul préavis de grève était connu au début de la concertation, deux autres se sont ajoutés pendant les discussions, avec des dates et des motifs divers. Et c’est un point qui n’a pas fait l’unanimité. Alors qu’en salle, les syndicalistes engagés dans ce mouvement ont semblé lever leur mot d’ordre pour laisser le temps au gouvernement d’étudier leurs doléances, une fois dehors, le ton a changé. « Nous ne pouvons pas encore nous prononcer à l’heure actuelle, parce qu’il y a encore beaucoup de clarifications à faire entre nous », a lancé Pierre Nyemeck, président d’une confédération syndicale. Mais déjà, certains syndicats se sont clairement désolidarisés de ce mouvement.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM 

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