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Canada: Une famille camerounaise dans le couloir de l’expulsion

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Un rassemblement, en soutien à une famille camerounaise qui doit être déportée le 9 octobre prochain, s’est tenu dans un parc Montréal le week-end.

Les Fuh-cham disent craindre pour leur sécurité s’ils retournent dans leur pays d’origine qu’ils ont quitté en 2007. «On a peur pour notre vie et la vie de nos enfants. On a quitté le Cameroun parce qu’il y avait un danger pour notre vie, il y avait la mutilation génitale que nous devions subir, ma fille et moi», a expliqué la mère de famille.

La députée néo-démocrate de LaSalle-Émard, Hélène Leblanc, presse le ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Steven Blaney, d’agir. «Nous demandons au ministre d’avoir de la compassion et de la solidarité», a déclaré la députée Leblanc.

Elle entend apporter, dès le début de la session parlementaire, des preuves au ministre pour démontrer le danger auquel fait face cette famille en retournant au Cameroun.

Les Fuh-Cham devraient suivre la voie d’une famille nigériane expulsée le 14 septembre 2014. Jusqu’au dernier moment, Winifred Agimelen espérait un appel du ministère de l’Immigration ou de la Sécurité publique pour empêcher sa déportation au Nigéria. La jeune mère de trois enfants, dont une petite canadienne, a finalement été déportée au Nigéria dimanche, sous les regards attristés de sa communauté venue la soutenir jusqu’au dernier moment.

«C’est très difficile en ce moment. Je crains surtout pour mes enfants, explique Winifred Agilemen à l’aéroport de Montréal. Le Nigéria n’est vraiment pas un endroit sécuritaire pour eux en ce moment. Il y a Boko Haram qui s’en prend aux filles et l’Ebola qui sévit.»

Un rassemblement, en soutien à une famille camerounaise qui doit être déportée le 9 octobre prochain, s’est tenu dans un parc Montréal le week-end.

La jeune femme s’est réfugiée au Canada en 2008 après s’être fait kidnapper avec ses deux enfants par un homme à qui son ancien beau-père devait de l’argent. L’homme a menacé d’exciser sa petite fille puis de la tuer. La jeune femme, qui était alors enceinte, est finalement parvenue à s’échapper avec ses deux enfants.

Son fils aîné de 12 ans ne s’est jamais complètement remis de l’enlèvement et a développé depuis un syndrome de stress post-traumatique. Or l’envoyer au Nigéria ne l’aidera pas, affirme l’avocate de la jeune femme, Angela Potvin.

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«Winifred n’a nulle part ou aller là-bas, dit-elle. Elle ne peut pas retourner dans son village natal, de peur que son kidnappeur nela retrouve. Elle n’a pas d’argent, pas de travail, pas d’amis sur qui compter.»

Un enfer administratif

La jeune femme a pourtant suivi toutes les règles pour obtenir un visa. Mais à deux reprises, le gouvernement lui a refusé son statut de réfugié. «Ils ont mis en doute sa crédibilité car elle ne voulait pas dire le nom de la personne qui les avait aidés à s’échapper, explique son avocate. Elle craignait pour sa sécurité.»

Elle a finalement fait une demande de parrainage après s’être mariée à un résident permanent, lui aussi d’origine nigériane. Mais la demande d’extradition est tombée avant qu’elle ne puisse obtenir une réponse.

«Elle était certaine d’avoir son parrainage. Il ne lui manquait que quelques mois,explique Me Potvin. Mais ils n’ont pas voulu lui donner un sursis.»

Une communauté éprouvée

Les amis de Winifred Agilemen étaient venus en grand nombre la soutenir au moment du départ. «C’est tellement injuste qu’ils s’en prennent à elle, explique Mimi Nyangwila, une de ses amies. Elle s’impliquait beaucoup pour la communauté, elle travaillait fort et s’occupait très bien de ses enfants. C’est vraiment une perte pour nous.»

La jeune femme devra recommencer les démarches de parrainage au Nigéria, ce qui prendra plus d’un an. Mais son avocate garde espoir: «Nous ne lâcherons pas», dit-elle.

La jeune femme s’est réfugiée au Canada en 2008 après s’être fait kidnapper avec ses deux enfants par un homme à qui son ancien beau-père devait de l’argent. L’homme a menacé d’exciser sa petite fille puis de la tuer. La jeune femme, qui était alors enceinte, est finalement parvenue à s’échapper avec ses deux enfants.

Son fils aîné de 12 ans ne s’est jamais complètement remis de l’enlèvement et a développé depuis un syndrome de stress post-traumatique. Or l’envoyer au Nigéria ne l’aidera pas, affirme l’avocate de la jeune femme, Angela Potvin.

«Winifred n’a nulle part ou aller là-bas, dit-elle. Elle ne peut pas retourner dans son village natal, de peur que son kidnappeur nela retrouve. Elle n’a pas d’argent, pas de travail, pas d’amis sur qui compter.»

Journalducameroun.com avec journaldemontreal.com

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