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CAN 2019 Ce que le Cameroun propose comme Infrastructures sportives

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Limbé, Yaoundé, Garoua, Bafoussam, Douala, Olembé

1- Limbé: Le premier bébé du Pndis

Situé à Ngueme dans la municipalité de Limbe II, le nouveau stade de la ville est situé sur la route de la Sonara, à environ huit kilomètres du centre urbain. Fruit de la coopération sino-camerounaise, ce joyau architectural fait partie des arguments qui ont milité en faveur du dossier camerounais devant la Caf.

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C’est un bijou. Les populations de Limbé n’en demanderont pas plus. Elles qui ont désormais sous la main, un argument en béton armé pour présenter la ville comme une destination sportive de renom. Véritable joyaux architectural, le nouveau stade qui affiche fière allure a une capacité de 20 000 places assises. Construit en altitude, la position géostratégique de ce complexe permet qu’on puisse apprécier ce chef d’œuvre à des centaines de mètres. L’entrée principale de la bâtisse a une vue sur l’océan atlantique, un pur régal pour les touristes qui vont certainement se lécher les babines. L’orientation de l’ouvrage, apprend-on, respecte le critère d’alignement Nord-Sud. Cette posture recommandée dans la construction des terrains de football et qui équilibre la propagation des rayons solaires sur les athlètes et favorise le respect de l’équité sportive.

Classé dans le registre de « projet clé en main », c’est la société chinoise China national machinery and Equipment import and export Corporation (Cmec) qui a gagné le marché. La pelouse du stade en gazon naturel est quasiment dans sa phase de finition. Selon l’ingénieur résident du site vers qui nos confrères du site camfoot.com se sont tournés, la piste a été faite en janvier et il faut le laisser en cure pendant un an. Pour ce faire, les traçages et la finition de la piste débuteront en début février. Dans les tribunes, les sièges en plastique sont flambants neufs. Ils permettront certainement aux supporters d’apprécier le spectacle en toute quiétude. Ledit stade est différent des autres stades du Cameroun et respecte les nouvelles normes fixées par la Fifa. On y a installé des accommodements pour toutes les composantes de la société.

Fonctions modernes

Des voies d’accès ont été prévues pour les handicapés et les toilettes adaptées. Certaines zones du stade comportent des bâtiments spécifiques réservés à certaines fonctions. On note entre-autre la zone de presse réservée aux journalistes avec toutes les fonctions modernes (salles de travail, points multimédias, etc…) Le stade comporte également une zone Vip censée accueillir les délégations et les hautes personnalités. Une autre zone est réservée aux organisateurs d’événements et une autre aux athlètes et responsables qui les accompagnent. L’édifice est construit de manière à ce que les spectateurs n’aient pas de contacts non prévus avec les athlètes. Mieux, l’éclairage de la pelouse est assurée par quatre pylônes alimentés chacun par un générateur électrique autonome.

C.T.

2- Stade Ahmadou Ahidjo de Yaoundé: Comme un vieil homme qui attend le «viagra»

Construit entre 1970 et 1972 d’une capacité de 38 509 places assises, il accueille depuis près d’un demi-siècle les matchs des sélections nationales ainsi que les matchs de certains clubs du championnat professionnel.

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Son nom renvoie à son bâtisseur, Ahmadou Ahidjo. Ce stade accueillit en 1988 le jubilé Roger Milla. Il a même abrité par le passé certaines compétitions de la Confédération africaine de football (Caf). Mais 42 ans plus tard, l’infrastructure, parfois rafistolée, a du mal à survivre à l’usure du temps. La « vieille dame », comme on l’a rebaptisé, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Dieu merci, les travaux de réfection et de rénovation qui sont prévus en vue de la Can féminine 2016, lui redonneront un air de neuf. Sont inscrits dans la liste des urgences, la réfection des pistes d’athlétisme, l’agrandissement des vestiaires, la construction des toilettes et la réhabilitation des gradins.

A revoir également le problème d’éclairage et la dotation d’un tableau électronique répondant aux standards internationaux. Les gradins de ce stade qui n’ont pas de sièges sont actuellement désuets. Last but not least, les travaux de restauration de l’aire de jeu doivent être en permanence initiés puisque rares sont les fois où ces surfaces ont bénéficié de viabilisations. Il ne suffit pas seulement de rafistoler tout le temps ; il faudrait être capable de rénover dans la durée en parachevant d’abord le chantier qui a été abandonné en 1972. Cela nécessite logiquement des infrastructures à la pointe de la technologie et un suivi rigoureux et permanent dans l’exécution des travaux. Car, la course contre la montre est parfois fatale.

C.T.

3- Garoua: Roumde Adja ou les merveilles du septentrion

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Il a été construit dans la foulée de ceux de Yaoundé et Douala dans les années 70. Contrairement aux autres, il ne présente pas encore beaucoup de rides. D’une capacité de 22 000 places, le stade se trouve dans le quartier Roumdé Adjia à 3 km du centre-ville. Il accueille les matchs de Coton sport de Garoua, l’un des clubs les plus titrés du Cameroun et de Roumdé Adjia Fc. Inscrit dans la liste des stades à rénover, il sera en chantier très bientôt. Parmi les travaux urgents, la réfection de la pelouse, du panneau électronique et des pylônes. Mais tout le monde est bien conscient qu’il en faudra plus pour rendre le stade plus fonctionnel : piste d’athlétisme, agrandissement de la tribune d’honneur, loges corporatives et des médias, structure des gradins, parking… la liste est longue.

C.T.


4- Bafoussam: Kouekong entre incertitudes et espoirs

L’entreprise China Machinery Engineering Corporation (Cmec) a relancé les travaux le 30 septembre 2013 et la livraison de l’infrastructure qui va accueillir 20.000 places assises est prévue pour novembre 2015 pour un coût total de 20 milliards de Fcfa.

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Au commencement était le stade omnisports de Tocket. L’infrastructure devait, selon les plans, avoir deux tribunes, un terrain de football, une piste d’athlétisme praticable, deux dortoirs qui devaient accueillir 100 lits chacun, une cabine de reportage, une tribune d’honneur non couverte. Un vrai bijou. Après un premier arrêt, les travaux ont repris en 1988. Sur les sept milliards prévus comme coût de réalisation, les entreprises Sobea, Nanga & Cie, qui ont en charge la réalisation technique de l’ouvrage ont perçu en 1999 selon des sources officielles, 4 milliards Fcfa. Elles ont alors abattu le travail à plus de 60%, en quelques mois. Ne percevant pas la suite du financement, les entrepreneurs se sont découragées et ont lâché prise, sacrifiant ainsi le chantier à l’autel de la décrépitude. S’en est suivi, un défilé de ministres des sports pour d’interminables cérémonies de pose de la première pierre.

En 2013, Adoum Garoua qui a relancé le Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) se jette lui aussi, à l’eau. La première descente à Kouekong (Bafoussam III), nouveau site choisi par les ingénieurs chinois, annonce plutôt des couleurs. La preuve, douze déguerpis du site de construction sont indemnisés pour une valeur de 110 millions de Fcfa. Sur les 15 personnes à indemniser, trois cas n’ont pas été réglés, du fait des litiges familiaux. Le Minsep souhaite que ces contentieux soient rapidement réglés afin que les ayants-droits rentrent en possession de leur dû. Adoum Garoua en profite pour prendre le pouls des travaux de construction du stade. Le degré d’avancement est rassurant, comme le confesse le patron des sports qui se félicite au passage, du matériau utilisé, notamment le fer, le gravier, le sable et tout le reste de bonne qualité et pouvant supporter des charges au-delà de ce qui est prévu. Réalisé à presque 45%, les problèmes d’eau et d’électricité ne seront bientôt plus qu’un triste souvenir. Vivement la fin du calvaire.

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C.T.

5- Douala: Stade de la Réunification, cette relique

Murs délabrés, absence de bancs de touche, vestiaires étroits, tribunes vétustes et exposées aux intempéries, insalubrité notoire et insécurité sont entre autres les maux qui minent ce joyau architectural construit en 1970 en prélude à la Can.

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Le stade de la Réunification de Douala n’est plus que l’ombre de lui-même. Construit il y a quarante quatre ans dans la mouvance de la 8ème édition de la  Coupe d’Afrique des nations (Can), la seule organisée par le Cameroun, le stade de la Réunification de Douala ploie sous le poids de l’âge. La cuvette de Bepanda, ne répond plus  aux normes internationales et souffre d’un sérieux problème d’entretien. L’image qu’offre cet édifice qui a fait une partie de l’histoire du sport camerounais est déplorable. Déjà de l’extérieur, la clôture qui l’entoure porte les marques de la vieillesse à travers ses murs complètement délabrés. Une fois à l’intérieur, le tableau présente un décor plus désolant. En dehors du gazon synthétique, offert par la Fédération internationale de football association (Fifa) en 2009 qui redonne de la vie à l’enceinte de cet édifice, tout est en ruine.

Cette pelouse selon certaines sources, avait été installée en attendant la réhabilitation des autres infrastructures, notamment les tribunes. La belle promesse est rangée dans les oubliettes. A l’entrée principale des supporters, les déchets de toutes sortes forment des tas d’immondices. Il se trouve que les gradins ne sont pas protégés d’une toiture pouvant mettre les supporteurs à l’abri des aléas de la nature. Sous la pluie comme sous le soleil, les amoureux de ballon rond, à défaut de déguerpir, doivent trouver un moyen de se protéger ou rejoindre les autres dans la tribune dite présidentielle pour ceux qui en ont les moyens.

Contrairement aux spectateurs de la tribune « simple », ceux de la tribune présidentielle ont l’avantage de bénéficier d’une toiture qui pourra céder à tout moment. En plus, les sièges mis à la disposition des spectateurs sont loin de leur offrir du confort. Les petits trous qui apparaissent par endroit témoignent de la vieillesse des pétons. En dehors des tribunes, les bancs de touche n’ont pas échappé  au déclin. En plus de la peinture à refaire, il faut également mettre à la disposition des athlètes des sièges  non démontables comme c’est le cas actuellement. A en croire les joueurs, cet espace construit en 1970 est étroite en fonction des besoins des sportifs. Loin de dresser une liste exhaustive des besoins du stade de la réunification, il faut noter que tout ou presque est à refaire pour qu’il réponde aux besoins de l’heure.

Marie Louise MAMGUE  

6- Olembé: Le stade Paul Biya dans la broussaille

Surmédiatisée pour plaire au prince et récupérée par le politique à l’orée des joutes électorales, cette infrastructure de 60 000 places dont les travaux n’ont jamais démarré depuis 2008, reste à ce jour, l’un des échecs saillants des pouvoirs publics.

L’annonce de la construction d’un stade à la gloire de Paul Biya en 2007, n’avait eu d’égal que le retentissement et le tapage médiatique que la (bonne) nouvelle avait charriés. Ses éternels laudateurs confiaient sous un air de triomphalisme que les travaux démarraient en 2008 avec en prime, un Centre de sports nautiques et un hôtel trois étoiles d’une capacité de 200 lits. Le coût total des investissements de cette première phase s’élevait à 94,6 milliards de Fcfa contre 170,8 milliards pour la seconde étape. Avec cette enveloppe, la China national machinery and equipment import and export corporation devait bâtir, sur le même site, le complexe de l’Institut national de la jeunesse et des sports (Injs) de 12.000 m2 avec une piscine olympique, un ensemble didactique et des stades multisports : basket-ball, volley-ball, handball, et deux courts de tennis…

Enfin, pour la troisième phase de l’exécution des travaux, 137,4 milliards de Fcfa devraient être injectés dans la réhabilitation des aires de jeu existantes et la construction de nouvelles, en l’occurrence des stades de 15 à 20.000 places dans chaque chef-lieu de province, ainsi que d’un stade d’entraînement annexe… De belles annonces qui sont restées au stade des promesses fallacieuses. Sept ans plus tard, le site du futur grand stade Paul Biya (100 hectares) ressemble à une forêt abandonnée. Les travaux n’ont jamais débuté. La Cameroon development corporation (Cdc) et les populations qui occupaient les lieux, ont été délogés. Mais, elles n’ont pas encore reçu d’indemnisation. Or, plus de 300 millions Fcfa devaient être redistribués aux déguerpis. Sans suite. En 2009, lorsque le site a été déblayé par la Mission d’aménagement et d’équipement des terrains urbain et ruraux (Maetur), c’était parce que, a priori, la première phase du Pndis devait s’achever en 2011, mais le site est resté vierge. C’est peut-être le moment de passer à l’acte. Curieusement, tous ces manquements n’ont point ému l’autorité suprême de la nation.

C.T.

PNDIS: La mayonnaise chinoise à l’épreuve des pesanteurs

Avec l’attribution de la Can 2019 au Cameroun, de nouveaux stades à l’image de celui de Limbé sortiront de terre. Ce, grâce au Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis), fruit de la coopération Sino-camerounaise qui court jusqu’en 2018.

« Les Chinois ne colonisent pas, ils travaillent », disait l’ancien président guinéen Lansana Conté. Affirmation exacte ! La Chine n’a pas en effet besoin de dominer les Etats africains pour rafler les matières premières. Elle troque capital et travail contre ressources. En cinquante ans, le génie chinois a fait sortir de terre trente infrastructures gouvernementales et sportives sur le continent. À la fin des années 1980 et au début des années 1990, le Sénégal, la Mauritanie, l’île Maurice, le Kenya, le Rwanda, le Niger, Djibouti et la République démocratique du Congo ont tous inauguré de nouveaux stades flambant neufs «made by China». Le Cameroun dont les derniers stades de football (Yaoundé, Douala, Garoua) construits par le gouvernement de la République remontent à 1970 à l’occasion de la 8ème édition de la Can.

Mais depuis, rien n’a bougé. Pas un seul stade n’est sorti de terre. Les fans de football n’ont eu droit qu’à de beaux discours articulés autour d’une politique sportive flatteuse puisqu’ils associaient à la fois les infrastructures, la formation, la gouvernance, les partenariats et le financement. Une politique, qui, comme le soutiennent certains cadres du Minsep, devrait « permettre au sport national de connaître un véritable décollage ». Seulement, les multiples insuccès de nos sélections nationales et l’amateurisme ambiant dans laquelle elles baignent, suffisent à comprendre qu’il ne s’agit que d’une autre navigation à vue. Fort heureusement, les Chinois, après le flop des Américains en 2011, reviennent en force. Cette année où, le gouvernement camerounais, en partenariat avec la République populaire de Chine, grâce à Exim Bank of China, a lancé un ambitieux programme de développement des infrastructures sportives labélisé Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) ?


Contrepartie

Ce projet qui s’étale sur 10 ans (2008-2018) comporte en principe deux volets. Le premier, d’un coût de plus de 272 milliards Fcfa, à trois phases vise à doter les principales villes camerounaises et singulièrement les capitales régionales, d’infrastructures sportives modernes et fonctionnelles. Le deuxième volet concerne la construction dans tous les arrondissements du pays, de plates-formes sportives. Le Cameroun, la même année, avait versé les fonds de contrepartie de 10 % de la valeur totale de la première phase du projet, soit plus de 16 milliards Fcfa, versé à la China Exxim Bank en faveur de la China National Machinering Equipement Import and Export Corporation (Cmec), qui devrait assurer la construction de ces infrastructures sportives dans notre pays

L’objectif conjugué étant de doter le pays de Samuel Eto’o d’infrastructures sportives de qualité à la pratique du sport. Le premier bébé de ce partenariat n’est autre que le stade de Limbé. Dans la foulée, le stade de Kouekong à Bafoussam (20 000 places), le stade omnisports Paul Biya de Yaoundé (60 000 places), et le stade omnisports de Bwang Bakoko (50 000 places) suivront.

C.T.

C.T., Marie Louise MAMGUE | Le Messager

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