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CAN 2015 : Ce qui attend les Lions Indomptables dans le Groupe D

Logés dans une même poule que la Côte d’Ivoire, le Mali et la Guinée Conakry, les poulains de Volker Finke qui signent leur retour sur la scène continentale après deux Can successives manquées, doivent impérativement bien se préparer pour espérer une sortie héroïque de cette phase de poule qui s’annonce ardue.

C’est le Mali, le premier adversaire des Lions indomptables à la Can 2015. Le match va se disputer le 20 janvier au Nuevo Estadio de Malabo, sur une pelouse qui a accueilli une douzaine de confrontations lors de la Can 2012. Face à des Aigles qui rêvent de soulever (enfin) ce trophée qui les fuit depuis plus de huit ans, Stéphane Mbia et ses camarades ont le devoir de jouer du beau football, mais surtout, d’inscrire des buts pour être à l’abri des conjectures maladroites au terme de la phase des poules. La première sortie du Cameroun à cette 30e édition de la Can est donc d’un enjeu qu’on ne présente plus. Ce d’autant plus que les deux autres adversaires du Groupe D que sont la Guinée Conakry et la Côte d’Ivoire restent des adversaires redoutables. Toutefois, même si les Rois de la forêt n’ont pas pris part aux deux dernières éditions, ils restent des références sur le continent avec quatre sacres, tout comme les Maliens, 3e en 2012 et 2013.

Lions-indomptables-Joel-Matip-CAN

Lions indomptablesdu Cameroun

Pour le sélectionneur Volker Finke, chaque adversaire sera difficile à battre. Parce que le Cameroun a une équipe totalement reconstruite, avec un âge moyen compris entre 23 et 24 ans. En fait, « il y a beaucoup de joueurs qui ne sont pas encore très expérimentés. Il faut se concentrer sur le travail mais, nous allons jouer pour gagner chacun de nos adversaires », promet le technicien allemand interrogé par nos confrères de camfoot. Le patron de l’encadrement technique des Lions peut d’ailleurs se gargariser du parcours de ses poulains à la campagne qualificative. Eux qui ont enregistré six matchs dont quatre victoires et deux matchs nuls terminant avec le statut de meilleure défense. Les Ivoiriens ont-ils donc des raisons de craindre ? Peut-être bien. Car, sevrés de Didier Drogba et une bonne partie de la « génération dorée », qui a elle aussi pris sa retraite internationale, les hommes d’Hervé Renard ont bien changé mais peuvent aujourd’hui compter sur la tour de contrôle Yaya Touré et le feu follet de l’As Roma Gervinho en attaque pour croire enfin à un deuxième titre après celui de 1992.

Revanche de la Cote d’ivoire a la CAN 2015

Pour Hervé Renard, les quatre équipes du groupe ont les mêmes chances parce que connaissant bien les phases finales et très expérimentées dans ces compétitions. « Le Cameroun nous a été supérieurs en phase de qualification, il n’y a rien à dire. A nous de démontrer que ce n’était pas notre vrai image, on était en reconstruction après une Coupe du monde difficile. Mais l’après-Mondial a été plus difficile pour la Côte d’Ivoire. Puis une phase finale, c’est complètement différent. Il faudra être prêt le jour J. On sait qu’une Coupe d’Afrique c’est quelque chose de spécial et il faudra venir ici avec de grandes ambitions », commente le sélectionneur des pachydermes interrogé par nos confrères de Rfi. Battus à l’aller (5-1) et tenus en échec (0-0) au retour, Serge Aurier et ses camarades nourrissent une revanche à nulle autre pareille.

Quid de la Guinée, présentée comme le petit poucet du groupe ? Absent de l’édition précédente de la Can, le syli national signe son retour. Le sélectionneur Michel Dussuyer qui offre à ce pays décimé par le virus Ebola d’être à la fête continentale du football pour la troisième fois (2004, 2012 et 2015), est déterminé à conduire ses hommes vers le firmament. « On se projette déjà sur la phase finale avec l’ambition de faire un très bon parcours sur cette phase finale. On est conscient de ce qu’on est capable de faire. On sait aussi que c’est un plateau qui est très relevé. On va essayer d’abord de mettre tout en œuvre pour faire une bonne préparation, espérer qu’on aura aussi tout notre effectif à disposition parce que malheureusement ce sont des faits qu’on a du affronter dans un passé récent. On va bien se préparer pour faire une bonne Can et d’aller le plus loin possible. Le premier objectif c’est de sortir des poules et de se qualifier pour les quarts de finales », explique-t-il. Balle au centre. Rendez-vous le 20 janvier pour le début des hostilités.

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Christian TCHAPMI

Volker Finke: «Nous allons jouer pour gagner chacun de nos adversaires dans cette CAN»

Il n’y a pas de grandes surprises dans notre groupe. C’est un groupe solide avec la Côte d’Ivoire, la Guinée et le Mali. On ne peut pas dire qu’on est satisfait ou qu’on ne l’est pas. C’est le tirage qui a voulu qu’on soit dans ce groupe. Pour moi, le plus important ce sont les conditions dans lesquelles nous allons travailler pour les matchs, l’esprit avec lequel on se préparer. Nous devons travailler avec beaucoup de concentration, pour être prêt lors de la compétition. Et je suis d’ailleurs content que l’on puisse jouer tous nos matchs à Malabo. Nous avons un groupe abordable, contrairement à celui où il y a le Sénégal, l’Algérie, le Ghana et l’Afrique du Sud. Pour nous, chaque adversaire sera difficile à battre. Parce que le Cameroun a une équipe totalement reconstruite, avec un âge moyen compris entre 23 et 24 ans. Il y a beaucoup de jeunes comme Fabrice Ondoa, Oyongo, Salli Edgar. Il y a beaucoup de joueurs qui ne sont pas encore très expérimentés. Il faut se concentrer sur le travail. Nous allons jouer pour gagner chacun de nos adversaires. Ce sera très difficile, mais on va se préparer pour faire une bonne Can. C’est une autre équipe du Cameroun qui a fait un bon départ. On a fait six matchs dont quatre victoires et deux matchs nuls. Il faut continuer comme ça, les résultats peuvent suivre après.

Kisito Eloundou, entraîneur de football: «Le Cameroun doit se méfier de la Guinée pendant la CAN»

Le Cameroun a des arguments à faire valoir dans ce groupe et ce sera à nous d’imposer le rythme pour pouvoir prendre des distances par rapport aux autres équipes, si nous voulons continuer ce qu’on a bien commencé lors des éliminatoires. Quand on fait un parcours comme celui du Cameroun à ce stade, on peut légitimement dire qu’on est prêt à affronter n’importe quelle équipe au niveau de l’échiquier africain. On est retombé sur la Côte d’ivoire qui est bien connue. Nous nous sommes rencontrés deux fois pendant les éliminatoires et ce sera une retrouvaille. Il y a un nouveau venu, la Guinée Conakry qu’on ne maîtrise pas beaucoup et qui peut être l’invité surprise par rapport à cette Can qu’on peut considérer comme un outsider. Il y a le Mali qui est déjà présent à trois éditions consécutives de la Can. Il faut faire attention à une équipe comme celle-là. L’événement pour ces deux équipes serait de gagner le Cameroun. N’oublions pas que en club, les joueurs font pas mal de matchs. Mais, il faut tenir compte du temps de jeu de chaque joueur. Ce paramètre va beaucoup jouer, parce que nous allons faire dans cette compétition des matchs à l’écart de trois jours, maximum quatre. Tout cela va solliciter la vitesse maximale aérobie ; il y a l’aération du cœur, la régénération du foie et la récupération nerveuse qui seront de mise.

Alexis Kemmogne, entraîneur: «Le Mali et la Guinée sont des adversaires difficilement manœuvrables dans cette Can»

Nous devons éviter le triomphalisme. Généralement, ce genre d’erreur se paye cash. Les matchs se suivent et ne se ressemblent pas. Ce n’est pas parce que le Cameroun a battu la Côte d’ivoire en match aller des éliminatoires, puis arraché le nul au retour qu’on doit logiquement minimiser les ivoiriens. Les Lions doivent bosser dur pour espérer mieux faire que pendant les éliminatoires. Nous avons une ossature qui repose sur la jeunesse : c’est déjà un atout mais, n’oublions pas que pour beaucoup de ces jeunes talents vont disputer la Can pour la première fois dans leur carrière. Et à ce niveau de compétition, les choses changent ; c’est un autre challenge. C’est différent. Le discours du coach doit également apporter un plus. Ça galvanise, ça rassure ; ça met en confiance. Je pense que c’est le plus important. Le Mali et la Guinée que nos Lions n’ont plus croisées depuis sont des adversaires qui seront difficilement manœuvrables. En gros, la prudence doit rester de mise dans cette poule D.

Lydie Makeda, journaliste: «Une bonne préparation des Lions pour un excellent come-back pour cette CAN»

Dans l’ensemble, les poules de cette Can sont assez équilibrées nonobstant les absences de l’Égypte et du champion en titre le Nigeria. Il y aura un 3e match entre le Cameroun et la Cote d’Ivoire dans cette compétition. Quand on se souvient de la fin honteuse de la dernière rencontre à Abidjan le 19 novembre dernier, j’espère qu’on va assister cette fois à un match plus relevé, plus engagé. J’espère aussi que malgré le contexte actuel à la Fédération camerounaise de football (Fécafoot) marqué par le processus électoral qui attend encore d’arriver à son terme, il y’aura une bonne préparation des Lions indomptables, afin qu’ils puisent faire un excellent come-back dans cette Can après deux rendez-vous manqués.

Augustin Nulla, journaliste: «La Côte d’ivoire voudra prendre sa revanche sur le Cameroun pendant cette CAN»

A priori, je crois que c’est une poule jouable. Exceptée la Guinée, les Lions auront à faire à des adversaires qu’ils connaissent parfaitement en l’occurrence la Côte d’ivoire qu’ils ont rencontrée et dominée en phase de poule (4-1, 0-0) améliorant au passage leurs statistiques face aux Eléphants. Forts de ses quatre victoires engrangées en sept confrontations contre les ivoiriens, le Cameroun est favori sur le papier mais devra montrer un visage plus conquérant à la Can car la Côte d’ivoire aura une sacrée revanche à prendre. Donc, d’entrée face au Mali, les hommes de Volker Finke doivent faire le résultat et enchainer contre la Guinée avant l’emballage final.

Rassemblés par C.T.

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