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Camtel – Nkoto Emane sur des braises : 145 ex-agents annoncent un mouvement d’humeur

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Ils ont informé le Premier ministre de leur décision d’observer un sit-in à l’entrée principale de la direction générale de Camtel, à partir du 04 septembre prochain. Si jamais leurs réclamations ne sont pas prises en compte.

La lettre adressée à Philemon Yang le 04 août 2015 soulève deux motifs : l’établissement de leur certificat de travail après leur licenciement pour des motifs peu orthodoxes et le paiement de leurs indemnités qui s’élèvent à 5.100.000 FCFA (cinq millions cent mille francs CFA). Joint au téléphone, l’un des leaders du groupe des 145 ex-agents distributeurs des factures téléphoniques affirme que c’est en 2007 qu’ils ont été notifiés de leur licenciement par le directeur général, sans aucune explication valable. Ils étaient ainsi devenus du jour au lendemain des persona non grata à la Camtel, or leur recrutement remonte au 08 juillet 2002 à l’époque du directeur général de l’époque Nguiamba Loutsiri au regard des difficultés que cette société rencontrait pour dispatcher les factures à ses abonnés.

Le début du langage des sourds

Après deux années de service comme agents temporaires, les 145 agents vont chercher à savoir ce qu’il en est de leur avenir au sein de cette entreprise. C’est de-là que naissent les mésententes avec la direction générale qui voulait garder ces derniers avec leur statut de départ à savoir agent-temporaire. Le 09 décembre 2005, David Nkoto Emane qui a remplacé Nguiamba Loutsiri fait licencier 24 agents par le biais du délégué opérationnel le nommé Ndongo Ruphin. Un premier mouvement d’humeur va conduire à la convocation des deux parties par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale de l’époque Robert Nkili, actuel ministre des Transports.

Un comité ad-hoc sera mis sur pied pour suivre les 3 grandes résolutions de la réunion convoquée par le ministre du Travail et de la Sécurité sociale. La première résolution constate que les contrats des agents après trois années de service sont transformés de contrats à durée déterminée à contrats de travail à durée indéterminée. La seconde résolution porte sur l’affiliation des agents à la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps) et la dernière demande à la Camtel de procéder à la classification catégorielle des employés. Le leader des ex-agents affirme qu’aucune de ces trois résolutions n’a été respectée par la Camtel. Le directeur général a plutôt procéder au recrutement de nouveaux agents pour remplacer ceux qui ont été licenciés.

La crise entre les deux parties perdure et la direction générale ne manifeste aucune volonté de trouver une solution définitive à la crise. Le 18 février 2007, il y a signature d’un protocole d’accord en présence des représentants de la Camtel parmi lesquels Ewane Théophile, Bobo Zacharie, cinq représentants des employés, et Issac Bissala, président de l’Ugtc.

Nkoto Emane brise les espoirs d’un retour au calme

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Mais juste après la signature de ce protocole d’accord qui demande que les résolutions des travaux du comité ad-hoc soient prises comme un cas de jurisprudence, le directeur général de la Camtel procède au licenciement de 90 autres agents au mois d’avril et en mai 2007 la totalité des 145 est mise à la porte. Ces sont les vigiles qui ont informé ces agents qui regagnaient leur lieu de travail le matin, qu’ils ne font plus partie du personnel. Dès le mois d’août 2007, les désormais ex-employés manifestent pour réclamer le respect des engagements pris par la Camtel en présence du ministre du Travail et de la Sécurité sociale. Après assignation en justice du directeur général par le conseil des ex-agents, ces derniers seront finalement affiliés à la Cnps en 2011, soit cinq ans après leur licenciement, pour quoi faire se demandait-ils ?

Le 03 mai 2012, les 145 agents engagent une autre grève. Le gouverneur de la région du Centre convoque une réunion pour apaiser la tension. Trois grandes résolutions sortiront de ces travaux. Premièrement, les travailleurs restituent les certificats de travail non conforme à eux délivrés par la Camtel, afin qu’elle en établisse d’autres conformément au code du travail, en vue du paiement des indemnités compensatrices de salaire dû au retard de la non délivrance des certificats de travail. Ainsi, un mois de salaire devait être payé par mois de retard. Deuxièmement la Camtel devait leur remettre des bulletins de présence, les DIPES et les états de salaire cotisables pour permettre aux travailleurs de vérifier leur cotisation à la Cnps.

Rendez-vous a été pris pour l’évaluation de la mise en route des résolution le 10 mai 2012. Les représentants du gouverneur accompagnés des leaders des syndicats des travailleurs se rendent à la Camtel pour une évaluation, la réponse de Nkoto Emane est catégorique « le directeur dit qu’il ne peut plus sortir de l’argent pour cette affaire », annonce l’un des responsables ayant pris part aux travaux. Le 11 juin 2013, joint par mail par les leaders des ex-agents, le DG se dit favorable.

Le rôle trouble du chef des Affaires juridiques et du contentieux

Au mois de juillet 2013, le responsable des affaires juridiques, Me Issowa Iyoni convoque les leaders dans ses bureaux au quartier Bastos à Yaoundé. Il fera savoir que le Dg veut un arrangement en famille. Le 16 juillet 2013, l’avocat signifie aux leaders l’accord du DG. Au mois de novembre, l’avocat sollicite une fois de plus les leaders pour leur demander sa quote-part dans l’affaire puisqu’il avait la certitude que les indemnisations réclamées seront payées. Devant le refus des leaders, le processus sera bloqué jusqu’à date. La lettre de recoupement d’informations adressée à l’avocat par votre journal est restée sans suite. Nous reviendrons prochainement sur le rôle trouble de Me Issowa Iyoni dans cette affaire et son implication dans le détournement des sommes destinées au paiement des indemnités.

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