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Cameroun – Tchad: Grincements de dents autour des contrôles

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Suite aux actes de terrorisme perpétrés, les autorités des deux pays ont organisé des opérations de ratissage pour traquer les personnes suspectes. Ils étaient plusieurs dizaines de Camerounais éconduits vendredi de N’Djamena par la police tchadienne.

Parmi les personnes ainsi refoulées des femmes pour la plupart sont arrivées à Kousseri, la ville camerounaise, voisine de N’Djamena. Ils étaient partis dans la capitale tchadienne à la recherche du « bien-être ».  Le préfet du département du Logone-et-Chari qui minimise ce « refoulement » souligne qu’étant donné que « Kousseri et N’Djamena sont deux villes jumelles, il ne saurait y avoir un problème entre les deux pays, il n’en est rien. C’est de l’ordre que nous mettons juste ». Joint hier au téléphone, Albert Mekondane Obounou, parle d’une opération de routine.

Selon un fonctionnaire, en service au pont Nguéli, qui a requis l’anonymat, « plusieurs Camerounais vont au Tchad, soit pour du business, soit pour les petits métiers ou bien même pour d’autres choses pas polies à dire », dit-il. Il y en a aussi qui s’y retrouvent sans objectif précis, « ils passent le temps à déambuler en pays étranger n’importe comment et font n’importe quoi, et ça c’est très dangereux », tient à préciser le préfet du Logone-et-Chari. C’est fort de ce constat et dans le but de mettre fin à ce désordre que, depuis quelques semaines, les autorités camerounaises et tchadiennes ont décidé conjointement de multiplier les opérations de contrôle dans leurs territoires respectifs pour appréhender les étrangers en situation irrégulière.

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Pour le cas du Tchad, les opérations de ratissage se sont multipliées au lendemain du double attentat du 15 juin 2015 qui a causé la mort de 23 personnes et fait de nombreux blessés en plein cœur de N’Djamena. Vendredi dernier, la police a bouclé certains quartiers de N’Djamena pour y traquer les personnes en situation irrégulière. Cette opération a permis d’appréhender plusieurs étrangers dont la plupart des Camerounais, Nigériens, Maliens, Nigérians et Centrafricains. Tous ont été conduits sous escorte au pont  Ngueli pour être refoulés à Kousseri. Du côté camerounais, une quarantaine de Tchadiens en situation irrégulière et vivant à Kousseri a été identifiée. Selon le préfet du Logone-et-Chari, ces « sans-papiers » devaient en principe rejoindre leur territoire lundi dernier, mais à cause du dernier attentat ayant frappé la ville de  N’Djamena en laissant 11 personnes dont cinq policiers sur le carreau, leur départ a été légèrement différé. Une opération similaire est en cours dans les autres villes camerounaises. Dans la localité de Petté à une cinquantaine de kilomètres de Maroua, dans le département du Diamaré, une dizaine de Tchadiens en situation irrégulière a été refoulée vers le Tchad. Le préfet Ernest Ewango Budu qui confirme cette information évoque une simple opération menée par les responsables camerounais en charge des questions d’émi-immigration.

Les autorités camerounaises soulignent qu’il ne s’agit  nullement de remettre en cause le principe communautaire de la libre circulation des personnes en zone Cemac, mais d’une opération de contrôle des titres de séjour.

 

 

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