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Cameroun: Sevré de salaires, Jean Paul Akono a risqué une rechute

Jean-Paul Akono, Cameroon coach

Au bord du précipice ? L’’ancien entraîneur des Lions indomptables, victime d’’anorexie, est interné à l’’hôpital de la garnison de Yaoundé depuis mardi 14 octobre 2013.

A l’origine, ses huit mois d’arriérés de salaires qu’il réclame depuis belle lurette au ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep).

« Pour le moment, il va mieux ; il se repose un peu. Vous ne pouvez pas encore lui parler, il doit récupérer. Le médecin est ferme là-dessus. Il a besoin de repos. Tu sais qu’en l’emmenant ici hier il se débattait beaucoup (…) Ce n’était vraiment pas facile. Laisse-moi t’appeler après s’il te plaît… ».

Morceaux choisis d’une conversation téléphonique entre le reporter du Messager et un parent de Jean Paul Akono hier à 11h 30. Notre interlocuteur a la voix rauque et le souffle presque coupé à chacune des phrases qu’il prononce. C’est à croire qu’il n’a pas dormi toute la nuit. Normal, le jeune homme a passé de longues heures au chevet de son Mbombo qu’il a conduit la veille à l’hôpital de la garnison en compagnie de l’épouse de l’ancien entraîneur des Lions indomptables.

Aux dires de son épouse que notre confrère Martin Camus Mimb a joint au téléphone quelques minutes après l’incident, la rechute du héros de Sydney vient du fait qu´« au-delà de refuser volontairement de s’alimenter,   l’annonce du non-paiement intégral de ses 8 mois d´arriérés de salaire passés comme entraîneur des lions indomptables l’a entraîné dans un état d’abattement moral profond ».

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Ulcéré par ce traitement inhumain de la part de son employeur le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Magnusson a piqué une ire incontrôlable. La grève de la faim qui s’en est suivi, a eu pour conséquence ce choc dont les premiers symptômes selon des proches étaient : la constipation, des violentes douleurs à la nuque et même des problèmes de locution. Un autre accident qui survient quatre mois seulement après son AVC du 18 mai 2013. Lequel avait contraint le DTN N°2 à une évacuation sanitaire en juillet dernier à Paris dans le but de suivre des examens approfondis à l’Institut Mutualiste de Montsouris, ceci aux bons soins de Samuel Eto’o et de quelques personnalités de la République aux premiers rangs desquels Egdard Alain Mebe Ngo’o, ministre de la défense. Revoici donc un autre rebondissement dans le très controversé feuilleton de ce qu’il conviendrait d’appeler l’Akonogate. Alors qu’on croyait qu’avec la désignation d’un nouvel entraîneur à la tête de l’équipe nationale, l’ancien capitaine du Kpakum rentrerait (enfin) dans ses droits, les fans des Lions étaient loin de s’imaginer que Magnusson continuerait de souffrir le martyr.

Chemin de croix

Un chemin de croix qui risque de lui coûter la vie. Or, Adoum Garoua et la cellule juridique du Minsep avaient convenu avec le technicien qu’il sera versé à ce dernier la somme de 80 millions de Fcfa, soit 10 millions par mois. Les deux parties étaient tombés d’accord que Akono percevrait son dû à son retour de France où il était allé suivre des soins. Grande a été la surprise de celui-ci de constater que le Minsep n’en a plus fait cas. Ce n’est qu’un mois après que le patron des sports décide d’envoyer un de ses proches collaborateurs chez Magnusson sis au quartier Anguissa à Yaoundé. De sources autorisées, l’émissaire d’Adoum Garoua a annoncé au coach qu’à cause des tensions de trésorerie, il était question de lui verser d’abord une avance de 40 millions de Fcfa, soit la moitié de ce que l’Etat du Cameroun lui doit.

Une proposition (indécente) pour Jean Paul Akono qui va éconduire son hôte en lui rappelant qu’il n’a jamais été convenu qu’on devait payer ses arriérés de salaire en tranches. Piqué au vif et se sentant mené en bateau, l’ancien coach des Lions va alors décider d’entamer une grève de la faim, refusant de manger et de boire jusqu’à ce que justice soit faite. Sa santé déjà fragile ne lui a pas permis de résister à ce supplice. Résultat : il a fallu de peu pour qu’il passe de vie à trépas. Tout ça pour une histoire qui aurait pu être réglée depuis Mathusalem. Qui a dit que le Cameroun ne sait que tuer ses héros ?

Le Messager

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