Un défi que le gouvernement cherche à relever avec le soutien de la Banque mondiale qui met à disposition d’importants financements

Délestages, coupures intempestives, rationnement, noir total : le vocabulaire est connu pour décrire les difficultés d’accès des Camerounais à l’électricité, un défi que le gouvernement cherche à relever avec la création en vue d’un marché pour organiser les activités du secteur, avec le soutien de la Banque mondiale qui met à disposition d’importants financements.Depuis l’indépendance du pays le 1er janvier 1960, les Camerounais ont connu une seule compagnie de distribution de l’électricité : la Société nationale de l’électricité (Sonel), étatique, a été rachetée pour 51% des parts du capital par le groupe américain Aes Corporation pour devenir Aes-SONEL, avant d’être reprise par la suite par le fonds d’investissement britannique Actis, sous le nom d’Eneo. En 2011, l’exécutif a fait voter par l’Assemblée nationale (à l’époque unique Chambre du Parlement) une loi qui ouvre le secteur à la concurrence et offre la possibilité de diversifier les sources de production en prenant en compte notamment les énergies renouvelables de plus en plus reconnues dans le monde comme un choix judicieux pour l’accroissement de l’offre en préservant l’environnement. Depuis lors, le ministère de l’Eau et de l’Energie a signé avec des partenaires privés nationaux et étrangers 59 conventions ou Memorandum of understanding (MoU), contre 25 par les services du Premier ministre Philemon Yang pour le développement de projets dans les domaines solaire et éolien, selon des statistiques obtenues par Xinhua auprès de sources administratives. Aucun de ces projets n’est concrétisé, une situation qui met hors de lui le pouvoir qui a initié ces dernières années un vaste programme de construction de nouveaux ouvrages dont les plus emblématiques sont les barrages hydroélectriques de Lom Pangar (Est) et de Memve’ele (Sud), pour pouvoir augmenter une offre de production largement en deçà des besoins de consommation. Le circuit de distribution, exploité par Eneo (Energy of Cameroon), est confronté à un certain nombre d’écueils dont le moindre n’est pas un réseau de transport aux infrastructures vétustes, une préoccupation ayant conduit à la création fin 2015 d’une Société nationale de transport de l’électricité (Sonatrel), étatique.
 

Source