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Prison de Garoua: Un détenu saisit Paul Biya pour dénoncer un magistrat

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Benjamin Ndoumga a récemment écrit au président de la République pour porter à son attention ce qu’il dit être des actes de corruption du substitut du procureur de la République.

Benjamin Ndoumga tente le tout pour le tout. Détenu depuis 13 ans à la prison centrale de Garoua, l’infortuné vient de saisir Paul Biya par correspondance, via le ministre de la Justice et le gouverneur de la région du Nord. L’Œil du Sahel publie quelques extraits de ladite lettre dans son numéro du 25 février 2016.

D’entrée de jeu, le signataire y dénonce «la stigmatisation et la cupidité de certains magistrats du parquet d’instance de Garoua, transformés en francs-tireurs, défiant les institutions, narguant et foulant aux pieds leurs victimes». Selon le journal, le détenu met en exergue deux affaires qui le concernent directement. Le 11 août 2003, il est interpellé et placé sous mandat de dépôt à la prison centrale de Garoua. Au terme de la procédure, il est condamné à une peine de 15 ans d’emprisonnement ferme pour «tentative d’émission debillets de banque, tentative de contrefaçon de certificats officiels, tentative d’imitation …».

Selon le récit du journal, la peine sera ramenée à 6 ans par la cour d’appel du Nord. Mais, avant cet aboutissement, Benjamin Ndoumga est déjà impliqué dans une seconde affaire relative à un trafic de documents officiels qui va se déclencher le 14 août 2003, soit 3 jours après la première affaire. Dans cette seconde affaire, il est devant la barre avec un co-accusé, le nommé Ibrahim Wildibo, trouvé en détention de faux documents dont il comptait s’en servir pour concourir au recrutement militaire, va dévoiler devant le tribunal avoir reçu lesdits documents de Benjamin Ndoumga. Ce dernier écopera d’une nouvelle condamnation de 10 ans d’emprisonnement ferme le 15 juin 2006.

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M. Ndoumga raconte qu’il fut « condamné dans cette affaire sans preuves, c’était seulement sa parolecontre la mienne, lui qui était pourtant prévenu et la loi interdit au tribunal de fonder sa décision sur les témoignages simples d’un prévenu».

Il indexe nommément le substitut n°7 du procureur de la République près les tribunaux de Garoua, Monsieur Epoupa. Il soutient dans sa lettre qu’ayant purgé

les 2/3 de sa peine, il est corvéable à souhait. Pourtant, a été interdit de sortie de la prison depuis mars 2015. Il est sorti de la prison le 6 janvier 2015 après avoir obtenu une autorisation.

L’auteur de la lettre dit ainsi avoir rencontré le substitut le substitut n° 7 du Procureur de la République. « Il m’a demandé de finir avec lui, je lui ai dit que je n’ai rien c’est alors qu’il m’a dit de bien réfléchir avant de rentrer en prison, sinon je vais voir que la justice c’est pour lui et la prison c’est pour moi. 10 jours plus tarddeux gendarmes sont venus m’entendre sur l’objet de ma sortie. Cinq jours après, c’est le commandant de la Brigade des recherches qui est venu m’entendre avec un codétenu. Le 12 février dernier, j’ai été placé sous mandat de détention provisoire pour escroquerie d’une somme de 25 000 000 Fcfa au préjudice de Souleymanou Bakari, un ex-détenu qui est un ami du substitut n°7».

Jean-Marie Nkoussa

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