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Cameroun – Pollution urbaine: Yaoundé a mal à ses toilettes !

Yaounde-gouvernement

Il est environ 16 heures un vendredi, sortit provisoirement d’un débit de boisson du quartier Ngoa- Ekellé a Yaoundé , un homme d’une quarantaine d’années, traverse la route précipitamment et se dirige vers la clôture du Lycée de Ngoa-Ekellé.

Face au mur devenu urinoir, cet homme sort son mea urinaire et arrose icelui. A Yaoundé, faire Pipi en plein air, est un acte trivial qui met en scène : hommes, femmes et enfants. Hormis les clôture des écoles et des maisons d’habitation, par le truchement de leur inventivité hors normes, les Yaoundéens ont greffé d’autres fonctions aux rigoles favorisant l’évacuation des eaux usées, aux carcasses de voitures et aux bacs à ordures de la société Hysacam, qui sont désormais imposés dans l’architecture de la ville de Yaoundé comme des «lieux où l’on pisse».

Injonctions

 A leur insu, les acteurs urbains polluent l’environnement avec leurs urines et leurs excréments. En foulant aux pieds les injonctions du genre : «interdit d’uriner ici» souvent accompagnées  de «sous peine de poursuites judiciaires» pour certaines, et «sous peine de bagarres» pour d’autres, les individus s’exposent ainsi que les populations vivant dans ces «lieux pissoirs» à plusieurs dangers liés à la santé. Les urines, riches en ammoniaque et des excréments porteurs de matières en décomposition, polluent par une odeur nauséabonde, l’endroit où ils sont déposés.

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Ceci peut être étiqueté de pollution infinitésimale pour les marcheurs circonstanciels, qui passent par là. Néanmoins, à moyen terme, les populations vivant dans ce microcosme social, peuvent développer des maladies respiratoires telles que : l’asthme. A long terme, ces déchets humains peuvent causer ou favoriser des problèmes sanitaires plus aigus au desquels, le cholera à cause de la pollution de l’eau par ces déchets d’une part, et d’autre part à cause de la trilogie «anus-main-bouche » qui exige de se laver les mains après avoir déféqué. Par la même occasion, « en faisant pipi dans un lieu riche en microbes, l’on court le risque de contracter une infection urinaire », confie un médecin.

Nonobstant le fait que les déchets humains soient une menace pour l’environnement, les problèmes qu’ils causent peuvent être prévenus grâce aux  sacro-saints principes d’hygiène de base à savoir : «se laver les mains après un passage aux WC». La salubrité publique ne devrait pas être en reste. En attendant que la Communauté urbaine de Yaoundé poste  des toilettes publiques dans les coins et recoins de « la ville aux sept collines », les tenanciers  des débits de boisson et autres lieux de détente doivent fournir  des efforts pour mettre à la disposition de leurs clients des toilettes propres. Les habitants quant à eux, doivent éviter de perdre de vue la traçabilité de leurs déchets humains car, ces derniers peuvent contribuer à «rebooster» l’agriculture du crû d’autant plus qu’ils sont transformés en engrais dans le cadre de l’assainissement écologique.

Alemao Adonis Anong

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