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Cameroun : Quand la pluie ralentit les affaires a Douala

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Le rythme des précipitations pèse  lourdement sur celui de l’activité économique à Douala. En cette première décade du mois d’août à Douala, les pluies se font autoritaires. Elles tombent quasiment tous les jours, et durent plusieurs heures. Avec comme une préférence pour les débuts de journée. Ce qui a des conséquences sur les affaires. Notamment les activités de transport. « Quand il pleut, tout est bloqué », grince David F., taximan, le regard rivé sur son pare-brise que balaient les  essuie-glaces.

De nombreux clients potentiels restent coincés chez eux et le planning de ramassage aux heures de pointe s’en trouve perturbé. Ce n’est qu’un bout de l’affaire. Moïse D., chef d’entreprise, est dans ses bureaux à Akwa. Acteur de la chaîne portuaire, où il intervient au niveau logistique, il déplore un manque à gagner. « Nous sommes sur un container en transit pour Bangui. Nous devions, depuis ce matin, effectuer un transfert du port sec au parc Maersk, mais on ne peut pas », explique-t-il. De fait, sous forte averse, l’opération n’est pas  envisageable. « Ça diminue l’activité », ajoute notre opérateur économique. Dans la foulée, CT apprend que l’activité de transitaire est « impactée énormément » par la pluie. Explications : la programmation des visites de containers par les douaniers – lesquelles visites se font « en plein air » – est aléatoire tant qu’il pleut. En outre, la livraison de ces containers, en ville ou au-delà, devient plus compliquée. « Il est risqué de mettre un camion en route avec ces pluies, quand vous connaissez en plus l’état de la voirie », explique un transitaire approché par CT.

Evidemment, ce n’est pas de gaieté de cœur que les propriétaires de gros porteurs se résolvent à les voir garés. Une sollicitation – transporter un container du port à un des grands marchés de la ville – peut rapporter entre 130 et 150 000 francs. Pour quatre à cinq heures environ, temps d’attente de chargement et de déchargement compris. Par beau temps, deux tours par jour au moins sont possibles. Avec les pluies, c’est un seul tour qui peut durer deux jours… Côté exportateurs, quelques soucis sont aussi enregistrés. Surtout pour les acteurs de la filière cacao. « On ne peut pas manipuler les sacs sous la pluie. Et prendre la route avec un camion depuis Loum ou Kumba pour Douala présente trop de risques, même si le camion est bâché », confie un opérateur. Confirmation par un responsable du Conseil interprofessionnel du cacao et du café, qui rappelle la forte sensibilité de ce produit à l’humidité.

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Un rire dans ce concert de pleurs, celui des vendeurs de parapluies.

Réactions

« 30 à 40% de pertes » : Alain Fabo, chef d’entreprise
« L’activité, à notre niveau, est vraiment ralentie par les pluies. Nous pouvons estimer que les blocages dus aux intempéries occasionnent des pertes de l’ordre de 30 à 40% de nos activités. Aujourd’hui, par exemple, mes collaborateurs sont immobilisés sur place. Je pense que nous allons subir ceci jusqu’au mois de septembre. A mon avis, si nombre d’entreprises de la place pouvaient se le permettre, elles mettraient leur personnel en congés pendant toute cette période de fortes pluies ».

« C’est vraiment pénible » : Samuel Ngoupang, vendeur de journaux.
« La saison pluvieuse ne nous est pas favorable. Quand il pleut, c’est vraiment pénible. Nous livrons dans plusieurs sociétés et n’avons pas d’accessoires pour nous protéger contre la pluie. On ne peut pas s’en sortir. Nous sommes quand même obligés de faire ces livraisons, sinon, nous perdons. Donc, on se bat comme on peut. Nous voulons vraiment que nos responsables mettent des manteaux à notre disposition afin de nous alléger la tâche ».

« Le marché ne passe pas » : Chantal Guibiram, commerçante.
« Pendant la saison des pluies, les activités sont lentes. Les clients ne peuvent pas sortir sous la pluie pour faire leurs photocopies et autres. Ils attendent qu’elle se calme. Et si la pluie ne cesse pas, il n’y aura pas de marché. Et quand il pleut, nous devons mettre des bâches pour protéger nos machines. Nous sommes obligés de venir : nous préparons la rentrée de nos enfants. Cette saison est une sorte de  temps mort pour nous ».

Sources : Le flux rss de camer.be

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