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Cameroun: Pour avoir partagé une blague sur Boko Haram, 03 élèves reconnus «coupables» de non-dénonciation

Le Tribunal militaire de Yaoundé vient de se prononcer sur l’affaire opposant le ministère public à trois élèves qui avaient partagé, par SMS, une blague sur Boko Haram. DR La blague par eux partagée et à l’origine de leurs ennuis disait: «Boko Haram recrute des jeunes de 14 ans et plus. Conditions de recrutement : avoir validé 4 matières et la religion au bacalauréat». A l’audience de ce mercredi, 05 octobre 2016, réservée à l’énoncé du verdict, le président du tribunal, M. Edou, a reconnu Azuh Nivelle Nfor, Azah Levis Gob et Fumosoh Ivo Feh coupables de «non-dénonciation d’actes terroristes».

Ils étaient jugés pour complicité d’insurrection et non-dénonciation d’actes terroristes conformément aux articles 74, 97, 107 et 116 du Code pénal. Ce procès marque leur première affaire en justice. Au moment de leur interpellation, le 14 décembre 2014, Ahuh Nivelle Nfor était élève en classe de Première et ses amis: Azah Levis Gob et Fumosoh Ivo Feh, venaient d’avoir leur baccalauréat et se préparaient à affronter des concours d’entrée dans des écoles professionnelles.

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L’avocat de la défense, Me Mbandam Boniface, a refusé de commenter la décision du Tribunal. Il dénonce cependant des vices de formes. Selon lui, le juge a refusé de lui donner la parole après le verdict – occasion qui lui aurait permis de faire une proposition de peine souple pour ses clients. Revenant sur les événements qui ont conduit à l’arrestation desdits élèves, Me Mbandam indique que Azah Levis Gob aurait reçu la blague sus-mentionnée d’un ancien camarade, Celestin Afo, puis l’aurait envoyée à d’autres personnes parmi lesquelles Fumosoh Ivo Feh. Ce dernier aurait à son tour partagé le message à ses contacts et à Afuh Nivelle Nfor. Lequel se trouvant en classe a aussi partagé le SMS avant que l’enseignant ne confisque son téléphone et ne tombe sur la blague qu’il s’est empressé d’aller montrer à la police.

C’est après cette scène que la police aurait interpellé Afuh Nivelle Nfor et plus tard ses deux amis. Celestin Afo, jugé aussi dans le cadre de ce procès en tant que militaire – l’avocat de la défense précise que son nom n’a été retrouvé dans aucun des fichiers des forces de l’ordre ou de sécurité du pays – a pour sa part été reconnu coupable de «non-dénonciation» et de «violation des consignes». La peine des concernés sera fixée à la prochaine audience, prévue le 19 octobre 2016. Ils risquent une peine minimale de dix ans dans le cadre de ce procès, conformément à la loi antiterroriste promulguée le 23 décembre 2014.

Sources 

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