Culture'Urbaine

#Cameroun – Nkodo Si Tony : se dévoile a bâton rompu sur ses projet musicaux

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On vous a vu très engagé aux côtés de Ndedi Eyango, le 22 janvier 2014, au cours de la conférence de presse qu’il a organisée à Yaoundé. Pouvez-vous nous donner votre position par rapport à cette affaire qui l’oppose au Ministère des Arts et de la Culture(Minac)?Je supporte le candidat qui a été élu par les artistes au palais des congrès devant la Ministre des Arts et de la culture. Tout le monde était d’accord avec son élection. Si on se fie aux résultats du 3 novembre 2013, c’est Ndedi Eyango qui est le président du conseil d’administration (pca) de la société civile camerounaise de l’art musical. Avec tout le tohu-bohu qui se déroule actuellement, on s’interroge. Si la Ministre déci-de que Ndedi Eyango n’est pas le Pca de la Socam, il faut qu’elle nomme un autre artiste, qui occupera le poste de Pca de la Socam. Malgré tout ce qui a été dit, les gens qui ont été nommés, moi je sais que le prince Ndedi Eyango est le Pca de la Socam. Et ceci, jusqu’à nouvel ordre. Je suis de son côté.

Des comités ont été formés par la Minac et certains artistes dont Sam Fan Thomas, ont été portés à la tête de l’une d’elle? Qu’en dites-vous ?

Je ne veux pas parler de ces comités, parce que je suis invisible pour le Minac. Je n’ai jamais été convié pour une réunion, encore moins pour une consultation; comme l’ont été certains artistes. Je n’ai jamais reçu un radis représentant le droit d’auteur au Cameroun. Jamais. Pour la Minac, Nkodo Si Tony n’existe pas comme artiste. Il faut que la Minac reconnaisse que j’ai des droits comme tous les autres artistes. Je n’ai pas de problèmes avec elle.

On vous croyait retourné en Europe après le Festi-bikutsi en novembre dernier. Doit-on croire que vous vous êtes définitivement installé au Cameroun?

Non, je ne peux pas rester au Cameroun. La manière dont les artistes sont traités au Cameroun ne peut pas m’encourager à m’installer définitivement ici! Nkodo Si Tony va retourner en France mais, pour le moment je suis au Cameroun. De temps en temps, on a le mal du pays. On veut rentrer au pays pour se retrouver, passer du temps chez soi. C’est vrai, le fait de vivre en France durant des années me pèse parfois, mais cela ne veut pas dire que je veuille revenir vivre au Cameroun. Je pars et je reviens. C’est un aller-retour permanent que j’effectue. Après tout, on n’est à l’aise que chez soi.

Pour vous, que représente l’hommage que vous a rendu le Festi Bikutsi, le 12 novembre 2013, au palais des Congrès de Yaoundé?

Je suis très content d’avoir été honoré par le Festi-Bikutsi. Quand on reconnait l’œuvre d’une personne, d’un artiste quand il est encore en vie, c’est un grand hommage. Pour cela, je remercie le seigneur. Je lui suis gré de m’avoir fait vivre jusqu’au festi-bikutsi (4 au 12 novembre 2013). Car, dans la majorité des cas, les hommages sont faits aux décédées. Ce geste me prouve que les gens aiment, apprécient encore de la bonne Musique, celle de Nkodo Si Tony, et ceci malgré le temps qui passe. Le festi-Bikutsi 2013, restera un événement inoubliable dans ma vie.

On vous sait très souffrant, est-ce-que vous pouvez rassurer vos fans?

Mes fans ne doivent pas s’inquiéter. Certes je suis souffrant, et le mal qui me ronge est difficile à supporter, mais je pense qu’il n’y a pas de quoi s’alarmer. Je dois changer ma manière de vivre. Je me fais suivre. En France, mon médecin m’a demandé de suivre un régime et c’est ce que je fais. Mais en rentrant au bercail, je mange de tout, porc-épic, lièvre, du couscous; c’est tout ce mélange qui m’a fait rechuter. Ici, je me suis fait consulter, et les médecins m’ont mis en garde. Il faut que je fasse attention, que je suive toutes les instructions qu’ils me donnent, afin que tout aille pour le mieux.

Parlant de vos fans, beaucoup attendent la sortie d’un prochain disque. Qu’est-ce qui freine?

Je suis sur le point de faire sortir un single. Il sera prêt d’ici deux mois. Dans ce single, je conseille aux gens d’éviter les compagnies à problèmes. Vous savez que dans la vie, il y a des personnes qui s’introduisent dans un groupe, dans une famille pour créer des embrouilles. Généralement, dès que ces personnes arrivent, les gens se chamaillent, l’inertie nait. C’est la discorde. Cette personne se nomme «mot medzoo, l’homme des problèmes. C’est le titre du prochain single.

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Après le single, on suppose qu’il y aura un album en bonne et due forme?

Evidemment. Depuis que je suis au Cameroun, j’ai collaboré avec Tino Barrosa et Dark Janvier, qui font du Bikutsi. Nous avons travaillé pour un single; qui est presque achevé. Nous sommes en train de voir dans quelle mesure réaliser un vidéogramme. C’est assez difficile. Car, aujourd’hui, l’un des problèmes auxquels font face les artistes, c’est la production et davantage la piraterie. Mon best of, je le vends à 2000 Fcfa, en le mettant dans la rue, il sera vendu à 300 Fcfa. Le premier volume de ce best of a été monté à Paris en France. C’est le second que j’ai monté ici (Cameroun), le troisième est en projet. A partir du moment où le gouvernement dort sur ses lauriers, la piraterie va se développer comme c’est actuellement le cas. Si le Chef de l’Etat décide de tuer la piraterie au Cameroun, elle mourra; comme cela a été le cas avec le carburant «Zoua zoua», qui était commercialisé dans toutes les rues du Cameroun.

Après une vingtaine d’années passées en Europe, diriez-vous comme Sergeo Polo que l’Europe ce n’est pas le paradis? Au regard du flux des jeunes qui veulent émigrer?

Il ne faut pas que les gens viennent raconter des sornettes en Afrique. Si tu émigres et que tu n’arrives pas à t’intégrer, à te former, à avoir un emploi, c’est ton problème. C’est quand même l’Europe! Si paradis est synonyme de meilleures conditions de vie, assurance santé, droit d’auteur assuré, on peut considérer que l’Europe c’est le paradis. Mes droits d’auteurs à la Sacem (Société des Auteurs, Compositeurs et Editeurs de musique) en France, je les reçois dans ma boite à lettres. Je n’ai pas besoin de me déplacer. L’enveloppe est consistante.

Doit-on sous-entendre que le droit d’auteur a nourri Nkodo Si Tony en France?

Oui, parce que je les reçois via les concerts que je donne, et au nombre de fois où ma musique est jouée en France. En plus de la musique, je fais du travail manuel. J’occupe des postes comme agent de sécurité, aide technicien pour ascenseur. Le conseil que je donne aux jeunes qui veulent immigrer est le suivant: si une personne veut partir pour un autre pays, qu’elle parte. Mais rien ne garantit que ce soit à l’Etranger qu’on réussit forcément. Car, au Cameroun, il y’en a qui réussissent. Ils ont tout ce dont ils ont besoin.

Dans les années 80, 90, vous aviez du succès au Cameroun mais vous avez immigré en Europe, pourquoi?

Je suis parti en Europe pour faire de la musique. Mon départ du Cameroun s’est fait grâce à un Allemand. Je suis parti pour développer ma musique, apprendre, m’améliorer. Après l’Allemagne, j’ai rejoins la France. Je ne suis pas parti pour m’y installer mais les aléas de la vie ont voulu que je reste. J’ai convolé en justes noces avec une française d’origine camerounaise. Il fallait que je reste auprès d’elle. Il fallait assumer le mariage. En Europe, les partenaires vivent ensemble.

Avec de grands noms de la musique camerounaise comme K-Tino, vous avez redoré le blason du Bikutsi en Afrique et dans le monde. Alors, que vous inspire son virement brusque vers la religion?

K-Tino c’est ma fille. Je n’ai rien à dire par rapport à son virement spirituel. Elle m’a soutenu durant une épreuve. Nous avons collaboré pour des titres. Si aujourd’hui, elle Se retrouve Là-bas, je ne sais quoi dire? J’ai appris la nouvelle comme tout le monde, comme vous.

Si elle vous invite à collaborer pour une chanson dans son prochain album, dont les messages auront trait à Dieu, à Jésus, à l’église, est-ce que vous allez accepter?

Si elle chante Jésus, et qu’elle m’invite pour une collaboration je ne suis pas contraint d’accepter. Moi-même je chante Jésus, mais il faut, que je sache dans quelle, condition, pour quel jésus je chante?, je ne peux pas chanter jésus, sans connaitre où je mets les pieds, où je pose ma voix. K-Tino reste ma fille, comme l’est Chantal Ayissi.


PIERRE CÉLESTIN ATANGANA

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