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Cameroun – Mysticisme: Étranges phénomènes de transe au college Petou

Lundi 23 septembre 2013 dans la grande enceinte de l’institut Petou situé entre le carrefour Awae et celui dit de la mort à Yaoundé. C’est la pause du matin. Les élèves, tout cycle confondu vont et viennent comme à l’accoutumé en attendant la reprise des cours. Malheureusement ce sera sans bon nombre des élèves.En effet, sur la cour de récréation, un attroupement se forme. Une jeune élève, 14 ans environ vient de s’écrouler devant ses camarades. Elle convulse et bave. Les élèves apeurés tentent de la secourir. L’une d’elle accourt vers le principalat de l’institut Petou alerter la hiérarchie de l’établissement sur ce qui ce passe dehors. Et pendant que celle-ci s’essaie au premier secours avec la victime, les commentaires vont bon train dans les milieux de la tenue vert-blanc. D’aucuns parle d’hypoglycémie lié à une insuffisance du régime alimentaire, d’autre évoque la fatigue et le stress tandis que les plus téméraires parmi les élèves parlent des conséquences d’un avortement. La jeune adolescente est dépouillée de sa petite culotte (slip) et transportée dans la salle des professeurs selon notre source.On en est encore à supputer pour tenter de comprendre ce qui vient de se passer dans la cours du collège quand soudain des cris stridents se font entendre. C’est la panique générale chez les élèves. Des enfants tombent, tombent et n’arrêtent de tomber. Seul trait commun, toutes les victimes sont des filles. Des adolescentes en âge vraisemblablement. Lorsque le décompte est fait, on se rend compte que c’est une trentaine de filles qui s’est écroulée. Toutes ces adolescentes apprend-t-on de notre informateur «ont été dépouillée de leur slip». Et que le corps enseignant parle d’une évacuation vers un centre de santé, le principal de l’établissement s’y oppose sans trop savoir pourquoi.

Pratiques mystiques? 

Notre informateur renseigne à suffire qu’au collège Petou, les langues commencent se délier. D’aucuns parlent de pratiques ésotériques dont l’objectif est l’attrait des élèves et des parents dans ce collège situé en plein dans un bosquet. Bien plus, les détracteurs de Petou s’interrogent sur l’ampleur que connaît cet établissement dont la création est quinquennale aujourd’hui. Pour rappel en un peu moins d’une décennie, Petou aura construit son empire de façon subite au point d’être constitué d’une école maternelle, d’un cycle primaire, d’un collège d’enseignement général et d’un cycle technique. L’ouverture de l’enseignement supérieur aurait été stoppée net par l’actuel Ministre de l’enseignement supérieur en début d’année.

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Toujours dans ce registre de faits curieux, l’on se pose encore la question de savoir pourquoi enlever les slips à ces élèves qui s’écroulent. Le fait anodin au départ commence à susciter des interrogations à Petou. D’ailleurs, poursuit notre source «une fille est aussi morte dans les toilettes alors qu’elle était en train de pisser». Le principal aurait alors entrepris de noyer l’affaire en demandant à tous de ne point en faire écho.

Les parents en colère. 

Ils se sont regroupés dans un collectif pour dénoncer ce qui pour eux relève «des pratiques mystiques du fondateur». L’un d’entre eux confie d’ailleurs «comment quelqu’un peut-il avoir autant d’argent et construire autant de bâtiments en étage en moins de 5 ans?». Avant de poursuivre «ma fille est rentrée sans son caleçon et là toujours on ne nous dit rien. Faut pas que quelqu’un utilise les chances des enfants».

A ce sujet, un groupe de parents est d’ailleurs allé rencontrer le principal du collège Petou jeudi dernier dans ses bureaux de Yaoundé. Malgré les assurances de ce dernier, que les parents disent craindre. Et c’est tout affolé sans être convaincu qu’ils sont repartis du bureau du principal du collège Petou. Lequel leur aurait déclaré que «30 filles qui s’écroulent il n’y a pas lieu de s’inquiéter».

Silence coupable.

Approché par nos fins limiers pour comprendre ce phénomène de transe d’un autre genre qui frappe les élèves filles pubères de son cadre d’enseignement et surtout ces accusations de pratique mystique qui pèsent contre lui, les autorités du collège Petou ont choisi de répondre. Même nos tentatives de les joindre au téléphone sont restées vaines. Une attitude qui vient conforter la mère d’une des victimes dans ses convictions de pratiques occultes, ici elle s’interroge d’ailleurs «pourquoi gardent-t-ils le silence si c’est simple? Nous, il (le fondateur ndlr) ne nous dit rien. Même à vous les journalistes?».

Une élève sous anonymat confie n’avoir pas compris pourquoi leurs camarades n’ont pas été transportées à l’hôpital. Bien plus, elle avoue que «les élèves qui tombaient, étaient ventilées sur le sexe une fois leur slip enlevé». Un peu comme au collège Herbert de Souza dans le Moungo où un tel scénario a été vécu il y a quelques années. N’eut été l’intervention de l’évêque de Nkongsamba venu dire une messe et exorciser le collège Herbert, on ne serait jamais sorti de ce qui avait été qualifié comme une emprise du diable.

En tout état de cause, les autorités en charge de l’éducation devraient pouvoir se pencher sur le cas du collège Petou. Surtout que le phénomène qui n’est pas nouveau avait par le passé conduit à la sanction de certains promoteurs d’établissement scolaire. Et si à Petou on entre en transe par groupe, il y a lieu de s’interroger sur ce qui en est la cause. Loin de nous, la volonté de soutenir la thèse parentale du mysticisme, il y a en urgence un besoin de compréhension de ce signe du diable dans la maison.

A SUIVRE…

Sources : L’Anecdote

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