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Cameroun – Manipulaton: Belinga Eboutou tué par la rumeur

Cabale: Encore une rumeur qui tue Belinga Eboutou

II est des lapsus révélateurs. Dans son papier au «20h30», la journaliste de la Crtv-télé a présenté deux à trois fois Joseph Lee comme le ministre-directeur du cabinet civil. Disant, avec l’emphase dont seuls les journalistes des médias gouvernementaux ont le secret, que ce dernier est venu inspecter le site de la cérémonie de pose de la première pierre du deuxième pont sur le Wouri, à Douala. Si l’information est exacte, le titre curieusement donné au visiteur du jour frise l’imposture. Le présentateur du journal télévisé a vite fait de rectifier l’impair de sa collègue, mais, le message était déjà passé. En effet, certains cercles d’ambitieux retors s’échinent à faire savoir que le poste de directeur du cabinet civil de la présidence de la République est vacant. Vacant parce que son titulaire n’est plus de ce monde, argumentent-ils sans pudeur aucune, depuis la semaine dernière. Une rumeur qui de proche en proche se répand. Amplifiée par une certaine presse.

La Météo, selon des informations obtenues auprès de témoins oculaires, croit savoir Martin Belinga Eboutou aussi vivant que ceux qui lisent en ce moment cet article. Est-il au courant que la rumeur qui l’envoie une fois encore rejoindre ses ancêtres dont il a pris le relais à la chefferie de Nkilzock, village logé dans l’arrondissement de Zoétélé? «Le ministre l’aurait appris, mais, s’en moquerait comme de sa première paire de tennis. D’ailleurs, c’est tous les jours que des mauvaises bouches l’envoient dans l’au-delà. Vraiment, que certains camerounais laissent Dieu faire son travail, il ne leur a jamais demandé de l’aider à faire mourir ses créatures», s’agace un observateur.

Cela suffira-t-il à arrêter une rumeur lancée comme un train, et rendue vraisemblable par les lapsus de journalistes et les gros titres des journaux? A vrai dire pas suffisant. Seule une apparition publique, de surcroît télévisée, de ce fidèle parmi les fidèles du président Paul Biya (qui lui-même a été la cible à la veille de la présidentielle de 2004 d’une rumeur mortelle) rassurera complètement l’opinion, en proie à la macabre campagne, de ce qu’il tient sur ses deux pieds. Et, par conséquent son poste n’est point vacant, contrairement à ce que véhiculent des personnes pressées.

Missions.

La Météo a appris que l’homme est depuis belle lurette, au cœur des préparatifs des grands dossiers d’Etat à lui confiés par le président de la République, lesquels méritent d’être traités hors du pays. Le ministre directeur du Cabinet civil prépare aussi apprend-on, des prochaines visites officielles du chef de l’Etat à l’étranger. Paul Biya est par exemple attendu au Vatican par le pape François. Les deux chefs d’Etat (le Vatican est un Etat souverain, fût-il l’un des plus petits) ne se sont jamais rencontrés. Cependant, à en croire nos sources, ils s’apprécient énormément et hormis leur foi dans le même Dieu, partagent ensemble les valeurs de simplicité et de partage.

Le ministre directeur du Cabinet civil, qui sait s’y faire, est donc en Europe, notamment à Genève où il aurait pris ses quartiers, pour tout apprêter, afin de faire de ces sorties présidentielles, un succès protocolaire. C’est à ces différentes tâches aussi essentielles que délicate, et à bien d’autres relevant des affaires réservées du président de la République, que le patron du Cabinet civil serait, apprend-on de bonne source, astreint ces temps-ci. Le directeur adjoint du Cabinet civil peut, évidemment, dans ce contexte, inaugurer les chrysanthèmes. Comme la visite dans un intervalle très rapproché qu’il a rendue sur le site de construction du deuxième pont sur le Wouri, perturbant fâcheusement les ouvriers dans leur travail.

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Mais, parlant de mort, qui n’y passera un jour? «Pourquoi une haine si mortelle pour un homme combien discret et souriant, qui a toujours servi son pays et non des clans. Pourquoi d’aucuns sont si pressés de le voir mort, au point de prendre leurs fantasmes pour la réalité. Croient-ils que la mort de cet homme leur donnera automatiquement accès aux fonctions qui sont les siennes actuellement? Que ne méditent-ils sur la vanité de la vie et des dorures de ce monde», se demande un prêtre jésuite.

Au fait: pourquoi les adversaires et autres ennemis de ce digne patriarche ne rêvent-ils que de sa mort? En mai 2012, ils imaginaient et répandaient les rumeurs sur son décès. En 2013, les voilà qui récidivent avec la même hargne. Comment répondre à ces «assoiffés de cadavres» si ce n’est par le plus méprisant des silences. Cela, Martin Belinga Eboutou le fait. Avec un impressionnant sang-froid.

A qui le tour?

En 2004, les croque-morts politiques inauguraient ce qui allait être une de leurs armes favorites de désintoxication massive: La rumeur de haut débit sur la mort d’une tête forte du régime. En pleine année électorale (présidentielle, Ndlr), le champion du Rdpc fut le premier à s’entendre dire qu’il est mort. Qu’il a succombé à une crise cardiaque à Genève, où il était parti avec femme et collaborateurs pour un court séjour privé. Les effets Pervers de l’intox ne mirent pas longtemps à se faire manifester.

Pendant que les populations se terraient chez elles, craignant une guerre de succession entre les dauphins présomptifs de l’homme du 06 novembre 1982, quelques pontes du sérail fêtaient au champagne ce «coup de pouce du ciel». Depuis cette affaire, l’on sait dans le sérail qui aime Biya, et qui préfère son pouvoir.Un collaborateur du chef de l’Etat d’alors, bien qu’assez tardivement, se fendit d’un communiqué, démentant la macabre rumeur et rassurant les populations. Extrait: «Des rumeurs en grande partie fallacieuses et malintentionnées annoncent le décès du chef de l’Etat. (…) M. Paul Biya effectue une courte visite en Europe. Il sera de retour au Cameroun dans les jours qui viennent».

Rentré à Yaoundé dans la foulée de la rumeur, Paul Biya ne manqua pas de se payer la tête de ses ennemis à l’imagination fertile. «Il parait, nargua l’homme-lion, qu’il y en a qui s’intéresse à mes funérailles. Eh bien, je leur donne rendez-vous dans une vingtaine d’années».

Après Paul, Laurent… L’ancien secrétaire général de la présidence de la République, parti lui aussi pour un séjour privé en Europe, s’est vu «tué» par une rumeur macabre. Comme un chat, Laurent Esso est resté zinc. Revenu au Cameroun, même pas l’aumône d’une réponse à l’intention de ceux qui, confondant leurs désirs avec la réalité, ont fait courir le bruit de son décès. Le haut commis, qui peut plus que plusieurs autres, revendiquer une longue et exceptionnelle collaboration avec Paul Biya en a vu d’autres. Ne dit-on pas que la fidélité à un prix?

Après Laurent, Martin… Le très lisse ministre-directeur du Cabinet civil de la présidence de la République a lui aussi assisté en direct (de Genève) à l’annonce de son décès. Un coup tordu de ses adversaires politiques! Martin Belinga Eboutou est bel et bien vivant. Ceux qui ont des yeux pour voir l’ont vu, aussitôt de retour d’Europe, à l’œuvre tant au boulevard du 20 mai où se préparait le défilé éponyme qu’au palais de l’Unité à l’occasion de la réception vespérale qu’a offert le couple présidentiel, dimanche dernier, à ses milliers de convives. Réception dont la grande réussite est saluée aux quatre coins du pays. Laquelle réussite réside notamment dans la diversité socioculturelle des invités.

Puisqu’il paraît que les croque-morts politiques ne sont pas prêts de mettre un point final à leurs lugubres jeux, après Martin à qui le tour?

Wait and see!

Sources: La meteo

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