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Loi antiterroriste: 89 membres de Boko Haram condamnés à mort

Boko Haram

La loi antiterroriste fait ses premiers effets. Promulguée par Paul Biya le 23 décembre 2014, cette loi qu’une partie de l’opinion avait qualifiée de liberticide, a déjà commencé à être appliquée. Les membres de la secte Boko Haram, interpellés, sont désormais jugés sur la base de cette dernière.

Dans son numéro en kiosque ce 17 mars 2016, le Journal L’Œil du Sahel fait savoir qu’une quatre vingtaine de terroristes ont déjà été soit condamnés à mort, soit à perpétuité. « A ce jour, depuis l’entrée en vigueur de la loi anti-terroriste de 2014, 89 terroristes de Boko Haram ont été condamnés à mort et 01 à perpétuité. De même, 03 suspects ont été libérés en janvier 2016. Il s’agit notamment d’Amada Meila, d’Abdoul Mamoudou et d’un certain Djabba. Les deux premiers suspects relaxés ont regagné Mora d’où ils avaient été interpellés », écrit le journal.

Certains défenseurs des droits humains s’inquiètent cependant de la qualité des procès menés par le tribunal militaire. Parlant de ces défenseurs des droits humains, le bihebdomadaire souligne que «s’ils reconnaissent que la situation est exceptionnelle, ils invitent néanmoins les autorités judiciaires à améliorer les procédures pour une plus grande équité dans le jugement ».

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Selon un avocat, «Quand un Etat comme le Cameroun s’engage à rendre justice au lieu de liquider les suspects sur le théâtre des opérations comme certaines armées le font pour ne pas s’encombrer par la suite des «colis inutiles», il doit le faire pleinement en invitant ses représentants à respecter scrupuleusement la loi. Pour ce cas, je pense que le problème vient davantage des magistrats militaires que de l’Etat. Pour certains magistrats, un suspect de Boko Haram est un Boko Haram. Les procédures, du début à la fin, sont diligentées dans une langue que la grande majorité de prévenus ne maîtrise pas, comme il leur est régulièrement demandé aussi d’apporter la preuve de leur non appartenance à la secte alors que ce rôle est dévolu au commissaire du gouvernement».

 Jean-Marie Nkoussa

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