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Cameroun: Lions Indomptables L’urgence d’une profonde remise en question

On se retrouve transportés en 2002: Le Cameroun avait les meilleurs joueurs au Monde, récoltant ainsi le fruit du travail abattu par l’académie des brasseries du Cameroun. Laurent Etamé Mayer, Womè Nlend, Magic Patrick Mboma, Song Bahanag, Geremi Njitap, Samuel Etoo, Marc-Vivien Foé et tutti quanti. Le pays comptait parmi les favoris de la coupe du Monde qui s’annonçait en Corée du Sud. Puis, il y a eu comme en 1994 et en 1998 déjà l’amateurisme catastrophique des dirigeants, de la presse, de certains joueurs. Un voyage rocambolesque pour arriver en Corée lessivés et se faire éliminer piteusement une fois de plus au premier tour.

Dépité, Laurent Etamé Mayer jette définitivement l’éponge en dénonçant le climat délétère qui règne dans le football Camerounais. Et de nombreux autres compatriotes, dont l’auteur de cet article avec.

Depuis lors, les choses sont allés de mal en pire, et on attend en vain le sursaut d’orgueil qui désespérément ne vient pas. Les centres de formation se sont transformés en centre d’arnaques pour des jeunes sans formation qui voient dans le football professionnel en Europe le rêve pour sortir de la misère ambiante. Le championnat national est mort. Il n’y a toujours pas de championnat amateur minime, cadet et junior aux niveaux local, départemental, provincial ou même national.

Alors je me suis dit que le football et chaque footballeur Camerounais doit vraiment s’interroger sur ce sport et sa pratique dans ce pays.

J’ai constaté récemment que mes petits frères de Bessengue s’entraînent toujours sur le même terrain caillouteux, sans aucune systématique. Même des poteaux de buts il n’y en a toujours pas. Alors je me suis dit que le football et chaque footballeur Camerounais doit vraiment s’interroger sur ce sport et sa pratique dans ce pays. Curieusement, malgré ces déficits criards, certains se prennent chaque fois à espérer que comme par miracle les victoires suivront au niveau de l’équipe nationale. Pourtant il y a lieu de se poser cette question: Si nous n’avons pas pu passer le 1er tour de la coupe du Monde avec pourtant les meilleurs joueurs de la planète à l’epoque, alors comment pouvons nous espérer remporter le trophée avec des joueurs qui sont à peine titulaires dans leurs poste respectifs?

Il y a toute une politique de détection des talents et d’orientation des plus prometteurs vers une carrière.

Dans tous les pays du Monde que j’ai sillonné, même les plus pauvres, le sport y était mieux structuré. J’ai vu en Uruguay, ce petit pays de près de 3 millions d’habitants, que chaque quartier avait son club de football, bien organisé sur un mode associatif. Les gamins, comme en Allemagne se font plaisir à taper au ballon sous la direction d’entraîneurs qui mettent en pratique les consignes déterminés par la fédération nationale. Il y a toute une politique de détection des talents et d’orientation des plus prometteurs vers une carrière, d’abord dans les championnats locaux, puis plus tard à l’international.

D’où vient donc cette obstination à demeurer pauvres, à se complaire dans sa misère, voire même en s’en vanter ?

Pourquoi le football Camerounais et son environnement (monde associatif, médias, dirigeants politiques) s’obstinent-ils autant dans la médiocrité? A grappiller les miettes que la FIFA leur jette comme à des chiens affamés, à mendier les prébendes de jeunes hommes devenus « pro » dont les salaires mirobolants est monté à la tête, ces gens ont oublié, comme beaucoup d’autres compatriotes dans d’autres domaines d’ailleurs, qu’ils sont assis sur une mine d’or et qu’il leur suffirait d’un peu de travail et de sérieux pour vivre chacun dans l’opulence. D’où vient donc cette obstination à demeurer pauvres, à se complaire dans sa misère, voire même en s’en vanter ? Comment expliquer que les responsables d’un pays fou de football et béni par son potentiel, tel le Cameroun se retrouvent à subir le dictât d’un équipementier (Puma) sur les choix à effectuer pour la gestion de ce sport?

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On a vraiment l’impression de marcher sur la tête, tellement les considérations court-termistes et le manque de vision semblent aveugler tous ces protagonistes.

Maintenant, après la n-ième défaite on n’a plus de boucs émissaires dont on va aller brûler la maison (ou celle des parents) pour éviter de poser les bonnes questions. Alors on espère, on vilipende, on insulte, on en rit, car chacun sait: dans quelques mois on va recommencer le même cirque funeste. Un nouvel entraîneur, de nouveaux joueurs comme dindons de la farce et ça repart mesdames et messieurs.

luttez avec acharnement contre le culte de la médiocrité

On attend depuis 2002 des changements profonds dans la gestion du football, que dis-je du sport, dans ce pays pour s’intéresser de nouveau sérieusement aux compétitions de notre équipe. Tant que ceux-ci ne seront pas mis en oeuvre, on pourra toujours continuer ce cycle de rêves et désillusions. D’où mon appel à tous et chacun: luttez avec acharnement contre le culte de la médiocrité et faites pression sur chaque sportif, homme de média et autres personnalités que vous connaissez pour rénover ce sport par le bas, car manifestement le changement ne viendra pas par le haut.

Sportivement!

Alih Nu

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