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#Cameroun: Les #mototaximen assiegent la ville de Bertoua

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La cacophonie sur la mort d’un des leurs, par la faute des agents de la Communauté urbaine a poussé des jeunes gens se réclamant de la corporation des mototaxis à saccager une partie du patrimoine de la ville.

Les autorités locales voient derrière ce mouvement d’humeur la main «d’apprentis sorciers».
L’image est saisissante parce qu’inhabituelle à Bertoua le chef-lieu de la région de l’Est hier mardi 21 janvier 2014. D’un côté de jeunes gens en furie qui réclament la tête de Dieudonné Samba le délégué du gouvernement auprès de la Communauté urbaine de Bertoua. De l’autre des équipes mixtes des forces de défense et de sécurité parées aux atours des anti-émeutes. Entre les deux camps des jets de pierre des vociférations pour le premier et des tirs de gaz lacrymogène. Finalement la foule se disperse pour se déporter à quelques encablures des services du gouverneur de la région de l’Est. La psychose créée par ces mouvements d’humeur provoque la fermeture des commerces. Dans les rues désertes de Bertoua des carcasses de motos brûlées sur la chaussée. C’est le fait de ces jeunes gens qui

se sont mobilisés quelques minutes plus tôt. Objectif mettre le feu à la Communauté urbaine en représailles des multiples abus dont ils disent être victimes de la part des agents de cette entité agissant dans le cadre de la commission ad hoc mise sur pied par le préfet du Lom-et-Djerem afin d’assainir le secteur des mototaxis.

Bilan de ces casses en quelques minutes selon Dieudonné Samba le délégué du gouvernement «nous avons nos bureaux saccagés trois camions benne détruits ainsi qu’une niveleuse. Les assaillants ont également emporté une cinquantaine de motos en fourrière». Dans le même temps d’autres jeunes dressent des barricades et mettent le feu à des motos de personnels de la Communauté urbaine. La ville de Bertoua sera restée paralysée entre 10 heures et 16 heures hier. Le retour au calme a été observé uniquement grâce à l’intervention de la gendarmerie et de la Police dont les éléments ont balancé des bombes lacrymogènes.

A l’origine de ces mouvements d’humeur une rumeur faisant état de « la mort d’un moto taximan du fait de ces agents ». Une thèse que confirment les propos du taximan qui est venu annoncer l’accident dont a été victime Daniel Gal 42 ans originaire de Loumbou par Doumé. En effet rapporte Elise Bayanga la sœur cadette de la victime qu’on a retrouvée inconsciente et sous respiration artificielle dans la salle de réanimation à l’hôpital régional de Bertoua « Le taximan qui est venu me dire qu’il avait eu un accident m’a rapporté que ce sont les agents de la Communauté chargés de l’assainissement du secteur des motos taxis qui l’avaient interpellé à quelques encablures de la pharmacie Galien située à l’entrée ouest de ce marché. Comme il n’est pas un conducteur de mototaxi mon grand-frère n’a pas cru bon de s’arrêter surtout qu’il ne portait aucun gilet relatif à cette activité. Le voyant partir les agents de la Communauté urbaine ont tenté de retenir sa moto en la tirant par l’arrière. Mais la vitesse avec laquelle Daniel Gal redémarre entraîne tout le monde et le fait basculer violemment de côté».

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Dans sa course folle qu’il termine la tête la première sur le trottoir il percute Jennifer Bih environ 30 ans originaire du Nord-Ouest qui traversait la route. « J’ai été violemment percutée par une moto et me suis retrouvée sur le goudron. En voulant me lever j’ai ressenti une forte douleur au niveau de la tête et de la jambe gauche. Je ne peux même pas identifier le conducteur de moto qui m’a percutée» relate-t-elle.

Dénouement
Selon l’infirmière trouvée à son chevet dans la salle d’observation des urgences «son état n’est pas critique ». D’autre part toujours à l’hôpital régional de Bertoua le reporter va être fixé sur le statut de la victime. En effet selon Arnaud Haïto son neveu et conducteur principal de cette moto à usage commercial «la moto sur laquelle roulait mon oncle Daniel Gal au moment des faits appartient au gardien de la paix principal David Akono actuellement en stage au Centre de formation de la police à Mutenguene. Elle a été mise en fourrière au commissariat central de Bertoua. »

Au cours de la réunion de crise qu’il a présidée dans ses services Irénée Galim Ngong le préfet du Lom-et-Djerem évoque «le cadre de collaboration qu’il a mis en place pour résoudre tous les problèmes du secteur des mototaxis» pour fustiger « ces actes de barbarie dignes de ce que [nous] voyons dans d’autres pays. » Sur l’identité des auteurs de ces actes de violence le préfet relève que «beaucoup de leaders de ce jour ne sont pas des taximen» pour indiquer que « Bertoua n’est pas le champ d’expérimentation de la violence. Force reviendra à la loi et ce qui s’est passé aujourd’hui s’apparente à une manipulation qui ne sera plus jamais tolérée».

De leur côté les moto-taximen expliquent leur montée d’adrénaline par « les tracasseries des leaders syndicaux admis dans la commission ad hoc ». In fine Irénée Galim Ngong instruit « l’ouverture d’une enquête judiciaire qui va établir les responsabilités des uns et des autres dans ces émeutes afin que chacun réponde de ses actes». Par ailleurs il réduit le champ d’action de cette commission « au contrôle des chasubles et des badges celui concernant les pièces devant commencer en mars 2014. »

Le Messager

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