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#Cameroun – Les conditions du SDF pour rentrer dans le prochain gouvernement

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Aucun responsable du Social Democratic Front (Sdf) ne veut courir le risque d’en parler officiellement. Mais, le sujet, sans être à l’ordre du jour de la dernière session du Comité exécutif national (Nec) du Sdf tenue le 25 janvier 2014 à la résidence de John Fru Ndi à Bamenda, a fait l’objet d’une préoccupation particulière.
Selon des sources crédibles, le parti lancé le 26 mai 1990 dans le chef-lieu de la région du Nord-Ouest pourrait faire son entrée dans le prochain gouvernement attendu au Cameroun. A condition que le président de la République et président national du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc-parti au pouvoir), Paul Biya, accède aux préalables devant être posés par le Sdf, son concurrent d’en face.
D’après des indiscrétions, la première exigence, non négociable, porte sur la réduction des portefeuilles ministériels. «Le gouvernement actuel est pléthorique. Or, pour qu’il soit efficace, il faut bien alléger le nombre de postes ministériels», analyse notre source, sous le couvert de l’anonymat. L’une des formules envisagée, serait alors de proposer une équipe constituée d’une vingtaine de membres. Certains parlent même de 20 postes. Pas plus. Pour ce faire, le Sdf souhaite que le poste de secrétaire d’Etat soit carrément supprimé de l’architecture du gouvernement.
Postes ministériels
Quant à la seconde condition, elle est liée aux postes ministériels dédiés au Sdf. A ce sujet, les débats ont achoppé au Nec, entre ceux qui optent pour une entrée et ceux qui n’en veulent pas du tout. « C’est la première fois que ce sujet n’est pas balayé d’un revers de la main par les membres du Nec. Si Paul Biya est sincère, nous pouvons travailler avec lui, dans un gouvernement, sans diluer notre identité », poursuit notre source. Le Sdf veut-il au moins cinq postes ministériels sur les vingt? Le chiffre exact n’a pas été dévoilé en assemblée, même si chaque intervenant y est allé selon son option et sa compréhension du sujet. «Le problème n’est pas tant les portefeuilles à gérer. Il est davantage question de savoir si nous aurons les coudées franches pour apporter des solutions aux préoccupations des Camerounais, en termes d’amélioration de leurs conditions de vie».
Des indiscrétions font état de ce qu’après les débats, une commission stratégique a été mise sur pied. Elle aura pour tâche d’examiner les contours de cette main tendue du Rdpc, avant de faire des propositions finales devant être acheminées à Paul Biya. Surtout que la plupart des membres du Nec redoutent le mode opératoire au Rdpc qui consiste, à en croire nos informations, à faire semblant d’ouvrir le gouvernement pour fragiliser les partis d’opposition. L’exemple pris étant celui du choix des militants non retenus dans la liste de départ. «A mon sens, il serait inconcevable de faire partie d’une équipe gouvernementale pour sauver les meubles, en se logeant une balle dans le pied».Le dossier jugé sensible au Sdf, pourrait-il aboutir à la cohabitation, au sein d’un gouvernement, de deux partis ne partageant pas la même idéologie politique? Rien n’est moins sûr. Tout ce que l’on sait, c’est que le Sdf entend prendre toutes les mesures pour ne pas jouer les figurants.


MICHEL FERDINAND

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