Features

Cameroun: Les bienfaits de l’alternance chez les lions

Mercato-samuel Etoo-Cameroun-Bresil2014

Il y a ce titre qui barre la Une du Quotidien d’Etat, Cameroon Tribune, livraison du 11 septembre 2014, éditée au lendemain de la victoire 4-1 de l’équipe nationale du Cameroun: « Les jeunes assurent ». Il n’y a pas qu’en sport, une des choses les plus pratiques dans l’activité humaine, où les acteurs sont jugés quasi exclusivement sur des résultats que le journal à capitaux public puisse oser apporter ce traitement de l’actualité.

Car on imagine très mal les brillants confrères du Quotidien de la Rue de l’aéroport, réserver ce traitement à une actualité politique ou sociétale sans du tout craindre de se faire taper sur les doigts, d’être accusé de faire des insinuations sur la longévité du véritable directeur de publication du grand quotidien national c’est Paul Biya qui nomme par décret le Dg de Sopecam, matrice de Cameroon-tribune-. Mais puisqu’on est en sport et que les résultats sont patents, même Cameroon-tribune a dû reconnaître que le renouvellement, le rajeunissement, la révolution ou le changement ne sont pas mauvais… au contraire, il porte des vertus de la vitalité et des résultats dans ses gènes.

En effet, au fond, Cameroon-tribune comme l’ensemble de la presse imprimée hier matin a salué le départ de ceux qui avaient obtenu des « titres fonciers » au sein de l’équipe nationale du Cameroun. Ceux des Lions qui n’avaient plus faim de victoires et de lauriers et se ménageaient ou ménageaient leur puissance musculaire, quelque peu pour avoir déjà affronté d’épreuves similaires, auxquelles ils faisaient face il y a quelques mois, dans le passé. La bande à Eto’o, Song, Makoun… ne manquait pas de talents, mais était simplement blasée par les compétitions, par la routine des matches et le cycle éliminatoires-coupe d’Afrique-coupe du monde- et éventuellement retour triomphal au pays, si bien qu’ils avaient perdu de cette niaque ou du fameux « hemlè » qui insuffle l’esprit Lions indomptables.

Nous suivre ►► Facebook   Twitter   Instagram   Youtube 

Il n’a fallu que quelques ajustements et un changement à la tête du onze entrant pour assister à la transfiguration de la sélection nationale totalement méconnaissable le 10 septembre et samedi 6 septembre pour qu’on se demande de quelle nationalité étaient les joueurs de l’effectif de l’expédition de la Coupe du monde 2014 au Brésil, disputée quelques trois mois seulement avant.

Si le reste du corps social s’inspirait de cette belle leçon du football… si à la tête du pays on assistait enfin au changement de leaders, on pourrait bien, un jour, pourquoi pas, célébrer des performances économiques spectaculaires, du fait d’un nouveau leader qui a faim, qui a soif de volonté simplement parce que comme Njié Clinton ou Vincent Aboubakar sur le stade, a conscience d’avoir son avenir, sa carrière devant lui et a tout à gagner. Et donc a intérêt à doubler d’ardeur au travail, de faire preuve de disponibilité, pour noter au marquer rouge son nom dans l’histoire.

Car en sport au-delà de 10 ans, on a du mal à se renouveler autant qu’en politique au bout de 32 ans d’intenses activités, on ne songe plus à ses performances mais simplement à son maintien en se contentant de liquider l’essentiel. Or, si le sport est essentiellement ludique, la politique à la mission de régler les problèmes de la communauté. Le changement ou l’alternance vaut son pesant d’or en politique beaucoup plus qu’en sport pour l’avenir des communautés. Il faut alterner immanquablement. C’est bon qu’au Cameroun, la leçon vienne du foot. C’est bien que le foot rappelle que l’alternance est à la démocratie, ce que l’oxygène est à la respiration, comme le suggère Mathias Eric Owona Nguini.

© Le Messager : Rodrigue N. TONGUE

Populaires cette semaine

To Top